Un projet de l’ONU accorde aux US et à leurs partenaires un mandat de 2 ans pour gouverner Gaza

La résolution, qui doit être débattue au Conseil de sécurité, vise à déployer d'ici janvier la Force internationale de stabilisation qui coordonnerait ses actions avec l'Égypte et Israël

Des Gazaouis déambulant autour de leurs tentes, à Gaza-City, le 3 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies présenté par l’administration Trump, vise à mettre en place une Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza. Ce projet donnerait aux États-Unis et aux autres pays participants un mandat de deux ans pour gouverner Gaza et assurer la sécurité dans la région.

Selon une copie du projet publiée lundi par le site d’information Axios, l’ISF serait chargée de sécuriser les frontières de la bande de Gaza avec Israël et l’Égypte, d’assurer la sécurité des civils et des zones humanitaires, ainsi que de former de nouveaux policiers palestiniens avec lesquels elle travaillerait en partenariat.

Le mandat de l’ISF inclurait vraisemblablement le désarmement du groupe terroriste palestinien du Hamas, le texte stipulant que la force « stabilisera l’environnement de sécurité à Gaza en garantissant le processus de démilitarisation de la bande de Gaza, y compris la destruction et la prévention de la reconstruction des infrastructures armées, terroristes et offensives, ainsi que le démantèlement permanent des armes des groupes armés non étatiques ».

Le projet précise également que l’ISF accomplira « toutes les tâches supplémentaires qui pourraient s’avérer nécessaires pour soutenir l’accord de Gaza » et qu’elle sera mise en place et fonctionnera « en étroite consultation et coopération avec l’Égypte et Israël ».

La résolution demande également que l’organe international de surveillance de Gaza, le « Conseil de Paix » proposé par le président américain Donald Trump se voie attribuer les pouvoirs d’une « administration de transition dotée de la personnalité juridique internationale, qui établira le cadre et coordonnera le financement de la reconstruction de Gaza, conformément au plan global, jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait mené à bien son programme de réforme ».

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a déclaré à plusieurs reprises que l’Autorité palestinienne (AP) ne pourrait jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza après la guerre, même si cette idée reste populaire parmi les alliés occidentaux d’Israël.


Un responsable américain a déclaré à Axios que l’objectif était de déployer les premières troupes de l’ISF à Gaza d’ici janvier. Washington aurait l’intention de négocier les termes de la résolution dans les prochains jours et de la soumettre au vote dans les prochaines semaines.

Actuellement, les prochaines étapes du plan de paix en vingt points de Trump sont suspendues, car le Hamas n’a pas remis toutes les dépouilles des otages qu’il détient toujours. Le groupe terroriste a rendu les corps de trois otages dimanche soir, il en reste donc huit à Gaza : six Israéliens, un Thaïlandais et un Tanzanien.

Carte du retrait proposé des troupes de l’armée israélienne dans le cadre d’un accord visant à mettre fin à la guerre à Gaza, publiée le 29 septembre 2025. (Crédit : Maison Blanche)

Comme les parties en sont encore à la première phase de l’accord, Israël contrôle toujours environ 53 % de la bande de Gaza, délimitée par la « Ligne jaune ». Dans une phase ultérieure, une fois que l’ISF sera déployée, les troupes israéliennes devraient se retirer davantage « sur la base de normes, d’étapes et de délais liés à la démilitarisation qui seront convenus entre Tsahal, l’ISF, les garants et les États-Unis », selon le plan Trump.

La résolution prévoit le retrait progressif des troupes israéliennes à mesure que l’ISF se déploiera, « jusqu’à leur retrait complet de Gaza, à l’exception d’une présence de sécurité qui restera en place jusqu’à ce que Gaza soit correctement protégée contre toute menace terroriste résurgente ».

Ces dernières semaines, les responsables du Hamas ont rejeté l’idée d’un désarmement complet. Trump avait affirmé le mois dernier : « Nous leur avons dit que nous voulions les désarmer, et ils le feront. Et s’ils ne le font pas, nous les désarmerons nous-mêmes, rapidement et peut-être violemment, mais ils désarmeront. »

Lundi, six pays musulmans se sont réunis à Istanbul avec des responsables turcs pour discuter de l’avenir de Gaza, en présence de diplomates d’Arabie saoudite, du Qatar, des Émirats arabes unis, de Jordanie, du Pakistan et d’Indonésie.

De gauche à droite : Des responsables du Qatar, du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de la Jordanie, de l’Indonésie et des Émirats arabes unis posant pour une photo lors d’une réunion visant à discuter du plan de paix pour Gaza soutenu par les États-Unis, à Istanbul, le 3 novembre 2025. (Crédit : Ozan Kose/AFP)

Israël refuse toutefois que la Turquie joue un rôle majeur dans la gouvernance d’après-guerre à Gaza et rejette l’idée qu’Ankara fournisse des troupes à l’ISF.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré aux journalistes, à l’issue de la réunion, que « les pays avec lesquels nous avons discuté ont indiqué qu’ils décideraient d’envoyer ou non des troupes en fonction […] du mandat et de l’autorité de l’ISF ».

Il a ajouté que « tout d’abord, un consensus général doit être atteint sur un projet, puis celui-ci doit être approuvé par les membres du Conseil de sécurité ».

Un article publié la semaine dernière sur le site d’information Ynet indiquait que les membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset avaient été informés lors d’une réunion à huis clos que l’ISF serait composée de soldats indonésiens, azerbaïdjanais et pakistanais.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane doit rencontrer Trump à la Maison Blanche le 18 novembre et l’avenir de Gaza devrait être au cœur des discussions.

Un diplomate a déclaré au Times of Israel que Washington espérait présenter la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU établissant l’ISF avant la visite de Ben Salmane.

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