Trump : si le Hamas ne désarme pas, « nous le désarmerons, peut-être violemment »
Le président souligne que "le travail n'est pas terminé", car "les corps n'ont pas été rendus", affirmant que le groupe terroriste a fourni un faux nombre d'otages morts qu'il allait restituer
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que le Hamas avait informé ses principaux conseillers qu’il allait déposer les armes, et que le groupe terroriste palestinien pourrait faire l’objet d’une réponse « violente » s’il refusait de respecter cet engagement. Il l’a également exhorté à libérer tous les corps d’otages morts encore détenus dans la bande de Gaza.
« J’ai parlé au Hamas et je leur ai dit : ‘Vous allez désarmer, n’est-ce pas ?’ ‘Oui, monsieur. Nous allons désarmer.’ C’est ce qu’ils m’ont répondu. Ils désarmeront ou nous les désarmerons », a indiqué Trump devant les journalistes à la Maison Blanche.
Il a précisé par la suite que cet engagement, à défaut d’avoir été pris lors d’une conversation directe entre le président et les responsables du Hamas, avait été transmis par l’intermédiaire de ses « collaborateurs », faisant vraisemblablement référence à l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et au gendre du président, Jared Kushner.
Avec l’aval de Trump, Witkoff et Kushner avaient rencontré la semaine dernière à Charm el-Cheikh le principal négociateur du Hamas, Khalil al-Hayya, afin de lui garantir que Washington tiendrait Israël responsable du respect des termes du plan américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza.
Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis est entré en vigueur vendredi. Conformément aux termes de l’accord, le Hamas a libéré lundi les vingt derniers otages encore en vie. Le groupe terroriste était également tenu de restituer les dépouilles de tous les otages morts, mais n’en avait restitué que quatre lundi. Les termes de l’accord accordaient toutefois au Hamas une certaine marge de manœuvre à cet égard.
Trump a fait ces déclarations mardi en réponse la question de savoir s’il pouvait garantir que le Hamas déposerait les armes.
« Nous leur avons dit que nous voulions les désarmer, et ils le feront. Et s’ils ne le font pas, nous les désarmerons nous-mêmes, rapidement et peut-être violemment, mais ils désarmeront », a-t-il affirmé.
« Vous me comprenez ? Parce que tout le monde dit toujours : ‘Oh mais ils ne désarmeront pas.’ Ils désarmeront. »
Interrogé sur la manière dont il comptait s’y prendre, Trump a répondu : « Je n’ai pas à vous expliquer cela… Ils savent que je ne plaisante pas. » Concernant le calendrier, Trump a assuré que cela se ferait dans un « délai raisonnable ».
Lorsqu’on lui a demandé si le Hamas respectait sa part du accord de cessez-le-feu et de libération des otages conclu avec Israël, le président américain a répondu aux journalistes : « Nous verrons bien. »
Cette réponse a été donnée peu après qu’il a publié sur son réseau social que « le travail n’était pas terminé » concernant l’accord, car les otages morts restants n’avaient pas été restitués comme promis.
« LES VINGT OTAGES SONT DE RETOUR ET SE SENTENT AUSSI BIEN QUE POSSIBLE. Un lourd fardeau a été levé, mais le travail N’EST PAS TERMINÉ. LES MORTS N’ONT PAS ÉTÉ RESTITUÉS, COMME PROMIS ! », avait écrit Trump sur Truth Social.
Le Hamas a remis quatre corps lundi et quatre autres mardi soir, affirmant qu’il s’agissait d’otages, mais dont l’identité n’avait pas encore été vérifiée.
La date limite fixée à lundi par l’accord vaut également pour la restitution des corps, mais le texte de l’accord semble indiquer que le Hamas pourrait avoir besoin de plus de temps pour tous les localiser. Il prévoit la mise en place d’une force opérationnelle conjointe composée des différentes parties prenantes pour aider à retrouver les corps qui n’auraient pas été restitués dans les 72 heures, tout en exigeant du Hamas qu’il « fasse tout son possible pour remplir ces conditions dans les meilleurs délais ».
« La phase deux commence dès MAINTENANT !!! », a ajouté Trump dans son message sur Truth Social.
Il faisait ostensiblement référence aux vingt points de son plan qui se concentrent sur la gestion et la reconstruction de Gaza après la guerre, sous la direction d’un gouvernement de transition composé de technocrates palestiniens et supervisé par l’organe international de surveillance de Gaza, le « Conseil de Paix », présidé par Trump et dont feront partie l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et d’autres personnalités internationales de premier plan.
Cependant, le document signé par les parties à Charm el-Cheikh la semaine dernière ne comprenait que les points du plan Trump concernant le retrait initial d’Israël de Gaza et l’échange d’otages contre des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, que les États-Unis ont qualifié de « phase un ».
Le Hamas n’a pas encore accepté la deuxième phase, qui l’obligerait à déposer les armes, et a déclaré vouloir mener des négociations ultérieures à ce sujet.
Trump a également révélé mardi aux journalistes à la Maison Blanche que le Hamas avait fourni de fausses informations aux médiateurs sur le nombre de corps d’otages tués qu’il avait déclaré pouvoir remettre parmi les 28 détenus à Gaza avant la signature de l’accord.
« On nous a dit qu’ils avaient 26, 24 otages morts… et il semble qu’ils n’aient pas ce nombre, car nous parlons d’un nombre bien inférieur », a déclaré Trump.
« Je veux qu’ils reviennent », a-t-il répété devant les journalistes, lors d’une réunion avec le président argentin Javier Milei, en visite aux États-Unis.
Concernant les assassinats commis par le Hamas, notamment les exécutions publiques de dizaines de « collaborateurs » depuis le cessez-le-feu, Trump a semblé les justifier.
« Ils ont éliminé deux gangs particulièrement dangereux… et tué plusieurs membres de ces gangs », a déclaré Trump.
« Cela ne m’a pas beaucoup dérangé, pour être honnête avec vous. Ce n’est pas grave. Il s’agit de deux gangs très dangereux. Ce n’est pas différent d’autres pays comme le Venezuela [qui] ont envoyé leurs gangs chez nous », a-t-il ajouté.
Trump avait indiqué dimanche avoir donné au Hamas « l’autorisation, pour un certain temps », de régler les « problèmes » à Gaza.
Reporter to Trump: "Hamas is rearming itself as a police force, shooting rivals. What's the message to Hamas?
Trump: "Because they want to stop the problems … And we gave them an approval for a period of time…"pic.twitter.com/sKmF2hTmj5
— The Intellectualist (@highbrow_nobrow) October 13, 2025
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi, le Hamas a assassiné au moins 33 personnes dans le cadre d’une répression contre les groupes qui contestent son autorité, avaient déclaré des sources de Gaza lundi.
Pour marquer clairement son retour, le Hamas a exécuté plusieurs hommes qu’il accusait de collaborer avec les forces israéliennes. Dans une vidéo diffusée lundi soir, des membres du Hamas ont traîné sept hommes au milieu d’une foule rassemblée à Gaza-City, les ont forcés à s’agenouiller et les ont abattus dans le dos. Une source du Hamas a confirmé l’authenticité de la vidéo.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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