Les corps d’Asaf Hamami, Omer Neutra et Oz Daniel ont été rendus à Israël
Il reste encore 8 otages morts dans l'enclave ; Benjamin Netanyahu promet "d'éliminer" les derniers terroristes du Hamas dans les zones de Gaza contrôlées par Tsahal

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a rendu à Israël les dépouilles de trois otages morts, le colonel Asaf Hamami, le capitaine Omer Maxim Neutra et le sergent-chef Oz Daniel, dimanche soir. Les autorités israéliennes ont confirmé leur identité lundi matin.
Les représentants militaires ont informé les familles des trois soldats otages que le Hamas avait restitué leurs dépouilles à Israël, après que les experts légistes ont achevé leur travail d’identification.
Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche soir que l’un des corps était celui du soldat américano-israélien Omer. Les parents de ce natif de New York ont confirmé cette information.
Les dépouilles de huit otages morts se trouvent toujours à Gaza. Le Hamas a déjà transféré des corps qui ne correspondaient à aucun des otages détenus dans la bande de Gaza.
Trump a déclaré aux journalistes à bord de l’Air Force One qu’il s’était entretenu avec les parents d’Omer après avoir appris la nouvelle.
« Ils sont emballés d’un certain point de vue, mais d’un autre point de vue, il est évident que ce n’est pas génial », a déclaré Trump.
« Nous sommes très heureux de l’avoir fait. »
Ronen Neutra, le père d’Omer, a déclaré que son fils se trouvait « sur le sol israélien ».
Dans une déclaration, Ronen a cité le Livre de Jérémie : « Il y a de l’espoir pour votre avenir, déclare le Seigneur, et vos enfants retourneront dans leur propre pays. »
« Notre Omer est sur le sol israélien », a-t-il ajouté.
« Enfin ! Tant de souffrances et tant de soulagement ! »
Le capitaine Omer Maxim Neutra, 21 ans, commandant de peloton de chars dans le 77ᵉ bataillon de la 7e brigade du Corps Blindé Mécanisé, originaire de New York, a été tué le 7 octobre alors qu’il combattait l’invasion du sud d’Israël par le Hamas. Son corps a été emporté. Son char a été attaqué par des terroristes du Hamas à l’aide de RPG (lance-roquettes individuels) et d’engins explosifs. Omer, Oz et le sergent Shaked Dahan se trouvant dans le char ont été tués lors de l’attaque, et leurs corps ont été emmenés à Gaza, tandis que le soldat Nimrod Cohen a été enlevé vivant et emmené de force dans l’enclave.
Cohen a été relâché le 13 octobre, en même temps que les les dix-neuf autres otages encore en vie.
Les images montrant des Gazaouis rassemblés autour du char en feu, célébrant leur victoire et extrayant Nimrod de l’intérieur du véhicule, sont devenues parmi les plus marquantes pour les Israéliens après les massacres du 7-Octobre.
La famille d’Omer n’a rien su de son sort pendant plus d’un an, jusqu’à ce qu’en décembre 2024, les autorités israéliennes confirment qu’il avait été tué le 7 octobre et que son corps avait été pris en otage. Sa famille a observé la shiva, la semaine de deuil rituelle, mais n’a pas organisé de funérailles.
Il laisse derrière lui ses parents, Orna et Ronen, ainsi que ses frères et sœurs cadets Daniel, Keren, Or et Leah.
Merav Daniel, la mère du sergent-chef Oz Daniel, a déclaré que « le cercle du doute s’était refermé » après que le corps de son fils lui a été rendu dimanche soir.
« Nous avons des sentiments mitigés, nous espérions une issue différente. J’avais encore un petit espoir qu’Oz revienne vivant », a-t-elle déclaré à la radio 103FM.
« Oz et moi avions discuté des enlèvements avant même le 7 octobre. Il disait toujours qu’il ferait tout pour éviter d’être capturé. Ce jour-là, il s’est battu contre les terroristes contre toute attente. Il a arraché une grenade à l’un d’entre eux, puis ils l’ont abattu, près du char », a-t-elle raconté à la chaîne publique Kan.
Oz, 19 ans, a été tué alors qu’il combattait des terroristes à la frontière de Gaza, près de Nirim, lors de l’assaut barbare du 7-Octobre. Son corps a été enlevé. Il laisse derrière lui ses parents et sa sœur jumelle.
Transfert de corps
Selon un communiqué du Hamas, les corps des otages ont été retrouvés dimanche matin dans un tunnel. Dans ce communiqué, le groupe terroriste a publié une photo montrant un sac mortuaire sur lequel figurait le nom d’un otage mort, tandis que les deux autres n’étaient pas identifiés.
Le groupe terroriste a transféré les cercueils à des représentants de la Croix-Rouge dans le sud de Gaza, qui ont ensuite escorté les dépouilles jusqu’aux troupes de Tsahal à l’intérieur de l’enclave. Après leur arrivée en Israël, les corps ont été transportés à l’institut médico-légal Abu Kabir à Tel Aviv pour y être identifiés.
Jeudi dernier, le Hamas avait remis les dépouilles de deux otages morts, Amiram Cooper, 84 ans, et Sahar Baruch, 25 ans. Les deux corps ont été identifiés quelques heures après leur arrivée en Israël et ont été enterrés dimanche.
Israël accuse le groupe terroriste de faire traîner les choses en matière de restitution de tous les otages, comme convenu dans l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre. L’accord exigeait que le Hamas restitue les vingt derniers otages vivants dans un délai de 72 heures, ainsi que les vingt-huit otages morts qu’il serait en mesure de localiser dans ce même délai. Selon Israël, le Hamas ne connaissait l’emplacement que d’un petit nombre de corps. Si le groupe terroriste a respecté son engagement en remettant les vingt otages vivants, il n’a restitué que quatre des vingt-huit corps encore détenus à Gaza à la date limite. Depuis, il a progressivement restitué treize autres corps.
Le Premier ministre s’engage à « éliminer » les derniers terroristes du Hamas dans les zones contrôlées par Tsahal
Quelques heures plus tôt, s’exprimant au début de la réunion hebdomadaire du cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait déclaré qu’il restait deux poches de Hamas dans la partie de Gaza contrôlée par Israël, l’une à Rafah et l’autre à Khan Younès.
« Ils seront éliminés », a-t-il promis.
« Les tentatives du Hamas pour nous tromper, nous, les États-Unis et le monde entier, sont pathétiques », a-t-il ajouté.
« Ils n’y parviendront pas, et nous ramènerons progressivement tous nos otages. Ceci est notre engagement. »
« Mes ordres sont sans équivoque », a déclaré Netanyahu, soulignant que la protection des troupes à Gaza était sa priorité.
« Si quelqu’un tente de nuire à nos soldats, nous frapperons ceux qui les attaquent et leurs réseaux, afin de défendre nos troupes. »
« Nous rendons compte à nos amis américains, mais nous ne leur demandons pas leur permission », a-t-il insisté, après que des rumeurs se sont multipliées selon lesquelles les décisions clés concernant Gaza seraient prises par la Maison Blanche.
« J’entends des dires qui sont tout simplement faux. Nous conservons l’entière responsabilité en matière de sécurité et nous n’y renoncerons pas. »
Promettant que le Hamas serait désarmé et que Gaza serait démilitarisée, Netanyahu a déclaré : « C’est un accord que je partage avec le président Trump, et nous agissons selon un cadre clair. Si cela ne peut être réalisé d’une manière, cela le sera d’une autre manière – et tout le monde sait quelle est cette autre manière, et qui la mettra en œuvre. »
Alors que Netanyahu s’adressait à son cabinet sur l’importance de lutter contre le Hamas dans les zones de la bande de Gaza contrôlées par l’armée, celle-ci a annoncé avoir éliminé dimanche matin un terroriste à Gaza-City après qu’il eut franchi la « Ligne jaune », qui délimite la zone de retrait de Tsahal.
Le terroriste avait approché les troupes « d’une manière qui constituait une menace immédiate », a indiqué Tsahal, ajoutant que peu après avoir été identifié, l’armée de l’air israélienne l’avait frappé « afin d’éliminer la menace ».
Les médias palestiniens ont également rapporté qu’une personne avait été tuée lors de cette frappe, qui a eu lieu dans le quartier de Shejaiya, à l’est de Gaza-City.
Alors que le Hamas cherche à reprendre le dessus sur les affaires civiles de la bande de Gaza pendant le cessez-le-feu, des chaînes Telegram affiliées au groupe terroriste ont rapporté que des opérateurs avaient fermé samedi plusieurs restaurants de shawarma le long de la route Salah al-Din, qui longe toute la bande de Gaza, dans le cadre des efforts visant à réglementer les prix des denrées alimentaires.
Selon les médias, les restaurants vendaient du poulet à des prix exorbitants, supérieurs à ceux autorisés par le Hamas.
Ces derniers jours, des listes de prix réglementés pour les denrées alimentaires — vraisemblablement fixés par le Hamas – ont circulé sur les réseaux sociaux, indiquant les tarifs que les commerçants doivent respecter.
Le Hamas nie piller des camions d’aide humanitaire
Dimanche également, le Hamas a publié un communiqué affirmant que les accusations américaines selon lesquelles il aurait pillé un convoi humanitaire à Gaza étaient « fausses ».
« Les accusations portées par le Commandement central des États-Unis sont fausses, ne reposent sur aucune preuve concrète et s’inscrivent dans le cadre d’une campagne systématique de désinformation », a déclaré le bureau de presse du gouvernement de Gaza contrôlé par le Hamas dans un communiqué.
Cette déclaration a été faite au lendemain de la publication par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) d’une vidéo prise par drone montrant, selon lui, des terroristes présumés du Hamas en train de piller un camion d’aide humanitaire dans le sud de la bande de Gaza vendredi.
Dans un communiqué, le CENTCOM a déclaré que le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) dirigé par les États-Unis, basé à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, « a observé des membres présumés du Hamas piller un camion d’aide humanitaire qui faisait partie d’un convoi humanitaire acheminant l’aide fournie par des partenaires internationaux aux habitants de Gaza, dans le nord de Khan Younès ».
US Drone Observes Aid Truck Looted by Hamas in Gaza
TAMPA, Fla. – On Oct. 31, the U.S.-led Civil-Military Coordination Center (CMCC) observed suspected Hamas operatives looting an aid truck traveling as part of a humanitarian convoy delivering needed assistance from… pic.twitter.com/BFa2BPwk2a
— U.S. Central Command (@CENTCOM) November 1, 2025
Créé sous l’égide des États-Unis, le CMCC a pour mission de coordonner l’aide humanitaire, logistique et sécuritaire à Gaza, tout en contribuant à superviser la phase de stabilisation d’après-guerre. Environ 200 militaires américains ont été déployés pour mettre en place ce centre qui accueille actuellement des troupes de plusieurs pays alliés.
Le CMCC a été alerté par la vidéosurveillance d’un drone américain MQ-9 qui survolait Gaza dans le cadre de la surveillance du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
Israël affirme que le Hamas détourne les livraisons des Nations unies et des organisations humanitaires internationales. L’ONU a toutefois signalé une baisse significative des pillages d’aide humanitaire à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Seuls 5 % des fournitures collectées auraient été interceptées entre le 10 et le 28 octobre, contre plus de 80 % entre le 19 mai et le 9 octobre, a déclaré vendredi Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, lors d’un point presse.
En août, l’ONU avait admis que près de neuf camions sur dix transportant de l’aide humanitaire à destination de Gaza au cours des derniers mois avaient été pillés avant d’atteindre leur destination, selon les statistiques de l’ONU, par des Gazaouis affamés ou des groupes armés.







