Une soldate achève pour la première fois sa formation au sein de la Sayeret Matkal
La combattante sera bientôt intégrée aux activités opérationnelles de l'unité d'élite, conformément aux "besoins opérationnels" et dans le respect des protocoles de Tsahal relatifs au service mixte
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Pour la première fois, une soldate de combat a achevé sa formation au sein de l’unité d’élite de commandos Sayeret Matkal de Tsahal, a annoncé jeudi l’armée israélienne.
Ce programme pilote, qui vise à permettre aux soldates de servir au sein de cette très prestigieuse unité, a débuté en décembre 2024, dans le cadre des efforts déployés par Tsahal pour ouvrir davantage de postes aux combattantes.
Une militaire, qui avait passé avec succès les sélections préliminaires et qui « remplissait les critères requis », a achevé aujourd’hui un « parcours de formation spécialement conçu pour elle, qui a duré plus d’un an et demi », a indiqué l’armée.
La soldate sera bientôt intégrée aux activités opérationnelles de l’unité, conformément aux « besoins opérationnels » et dans le respect des protocoles de Tsahal relatifs au service mixte.
L’armée a félicité la soldate « pour son exploit remarquable et novateur ».
Tsahal a insisté sur le fait que l’autorisation accordée aux femmes de servir dans des postes de combat était motivée par des considérations pratiques, et non par un programme social progressiste.
« À l’heure actuelle, il est impératif de maximiser le potentiel de service des soldats, hommes et femmes, issus de tous les secteurs et de toutes les populations, et l’armée continuera à œuvrer en ce sens », a ajouté l’armée.
La Sayeret Matkal, connue en français sous le nom d’Unité de reconnaissance de l’état-major général, est l’une des unités de commandos d’élite de Tsahal. Elle opère sous l’égide de la Division des Opérations spéciales du Directorat du Renseignement Militaire. La plupart des activités de l’unité sont tenues secrètes.
Les femmes occupent déjà divers postes de combat au sein de Tsahal, souvent aux côtés de leurs homologues masculins.
En décembre, l’armée a estimé que le programme pilote d’intégration de recrues féminines au sein de l’unité d’élite Yahalom du Corps du Génie Militaire avait été un succès, ouvrant ainsi la voie à l’intégration permanente de femmes ingénieures de combat au sein de Tsahal.
L’armée mène également un programme pilote permettant à des femmes de servir au sein de l’unité d’élite de recherche et de sauvetage 669 de l’armée de l’air israélienne, mais elle a reporté un autre programme pilote visant à intégrer des soldates au sein du Corps Blindé Mécanisé.
Les détracteurs de l’intégration des femmes dans les forces armées considèrent souvent cette mesure comme une expérience dangereuse susceptible d’avoir des répercussions sur la sécurité nationale, tandis que ses défenseurs la saluent comme une avancée attendue depuis longtemps qui place Israël au même niveau que les autres pays occidentaux.
Les critiques soulignent que certaines exigences imposées aux soldates ont été revues à la baisse, ce qui, selon eux, témoigne d’un sacrifice en matière d’efficacité, et que les femmes militaires souffrent davantage de troubles liés au stress.
Des soldates ont directement participé aux combats pour repousser le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Une compagnie de chars entièrement féminine a notamment combattu pendant des heures, éliminant des dizaines de terroristes le long de la frontière et dans les communautés attaquées.
Le comportement héroïque et efficace des soldates lors des attaques semble avoir considérablement renforcé les arguments en faveur d’une intégration accrue des femmes dans les rôles de combat, tout en augmentant le nombre de femmes se portant volontaires pour la conscription.
Selon les données de Tsahal de 2025, quelque 8 500 soldates ont servi dans des rôles de combat pendant leur service obligatoire, soit une augmentation de près de 240 % par rapport à 2015. En 2025, les femmes représentaient 21,2 % des troupes de combat en service obligatoire.
L’armée a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 nouvelles recrues, en raison de la pression exercée sur ses forces régulières et de réserve par la guerre contre le Hamas à Gaza, ainsi que par d’autres défis militaires.
Le projet de loi actuellement examiné par la Knesset maintiendrait l’exemption du service militaire pour les ultra-orthodoxes étudiant à temps plein en yeshiva, dont environ 80 000 sont actuellement éligibles au service militaire, tout en augmentant, selon les partisans du projet, le recrutement parmi les diplômés des établissements d’études religieuses.
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