Israël en guerre - Jour 254

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Des femmes tankistes de Tsahal ont éliminé des dizaines de terroristes du Hamas le 7 octobre

La Douzième chaine a interviewé les soldates d'une compagnie féminine, au sein d'un bataillon mixte. Sans peur ni hésitation, elles ont combattu les terroristes durant 17 heures

Une soldate israélienne à l'intérieur d'un char (Capture d'écran : Douzième chaine, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Une soldate israélienne à l'intérieur d'un char (Capture d'écran : Douzième chaine, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

En se réveillant à 6h30, au matin du 7 octobre, de jeunes Israéliennes étaient loin d’imaginer qu’elles feraient l’histoire en leur qualité de premières femmes à servir dans des unités de blindés et prendre part à des combats.

Dans une interview à la Douzième chaine cette semaine, ces combattantes ont évoqué leur périple, le long des routes principales, dans un bruit dantesque, pour se rendre dans certaines des 20 communautés du sud d’Israël sauvagement attaquées ce matin-là, écraser les terroristes et sécuriser les brèches le long de la barrière avec la bande de Gaza.

L’une des soldates de l’unité, présentée comme étant Hagar, a déclaré à à la Douzième chaine : « Mon commandant est entré dans notre chambre à 6h30 du matin, m’a réveillée et dit qu’il y avait une infiltration terroriste. Nous n’avons pas tout de suite compris l’ampleur des événements. »

Ces soldates font partie d’une compagnie d’opératrices de chars 100 % féminine, déployée au sein de l’armée israélienne depuis 2022 suite à un programme pilote de deux ans. La compagnie, qui fait partie du bataillon d’infanterie légère mixte Caracal, intervient généralement le long de la frontière égyptienne, et lors de guerres ou de combats derrière les lignes ennemies.

Le matin du 7 octobre, elles ont quitté leur base de Nitzana, à la frontière égyptienne, et se sont dirigées au plus vite vers le nord, à bord de chars et d’un Humvee blindé. Les commandants de Tsahal ont dû prendre des décisions dérogatoires à ce qui est permis, ce jour-là, comme permettre aux chars de rouler sur des routes civiles et à des vitesses bien supérieures à celles qui sont recommandées.

Dans un premier temps, elles ont découvert des brèches le long de la barrière de sécurité avec Gaza, ainsi que des dizaines de terroristes. Un char est resté sur place pour protéger la frontière et empêcher d’autres Gazaouis d’entrer en Israël tandis que d’autres mettaient le cap vers le kibboutz Holit et qu’un dernier restait au kibboutz Sufa pour combattre les terroristes du Hamas.

Une autre commandante de l’équipage blindé, Karni, évoque le carnage dont elles ont été témoins en arrivant au kibboutz Holit : « Nous avons alors pris conscience que nous étions en guerre. »

« On m’a dit qu’il y avait des terroristes dans les arbres, tout autour de moi : alors nous avons commencé à tirer. Nous avons tiré des projectiles anti-bunker sur les terroristes à proximité et des obus de mortier sur ceux qui étaient plus éloignés », explique Michal, une autre soldate de l’unité, dans le reportage de la Douzième chaîne.

« Je pouvais voir les impacts, je voyais les terroristes tomber », ajoute-t-elle.

Des soldates du bataillon d’infanterie légère mixte Caracal (Capture d’écran : Douzième chaine, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Hila, une autre commandante, a expliqué à la Douzième chaine qu’aucune d’entre elles n’avait été formée au système d’armes installé sur le Humvee blindé. « En moins de 10 minutes, nous étions toutes devenues expertes : nous savions comment le faire fonctionner, comment tirer, comment freiner », explique-t-elle.

« Nous nous sommes rapprochées de la frontière et avons vu les corps brûlés de terroristes qui s’étaient cachés dans les arbres. Nous avons continué à tirer en avançant pour nous assurer de tous les éliminer », explique Michal.

Une autre commandante, également appelée Michal, a décrit ce qu’elle a vécu à l’endroit de l’une des brèches de la barrière de sécurité, à l’extrémité sud de la bande de Gaza. « Au fur et à mesure que nous avancions, nous nous sommes aperçues que les terroristes n’étaient pas que 50, mais nettement plus nombreux. Nous avons ensuite reçu des informations collectées par des témoins oculaires du kibboutz Holit. J’ai laissé un char à la frontière, dit à l’opératrice de tirer à volonté et suis partie pour Holit. »

Cette photo prise le 26 octobre 2023 montre une cuisine incendiée dans l’une des maisons attaquées par les terroristes du Hamas le 7 octobre, dans le kibboutz Holit, dans le district sud d’Israël. (Crédit : YURI CORTEZ / AFP)

« Il y avait des terroristes partout. J’ai dit à la pilote : écrase-les… Nous arrivons à l’entrée du kibboutz : la porte est fermée. Un soldat en état de choc sort en courant en criant ‘Des terroristes, des terroristes’… Nous avons défoncé la porte », dit-elle.

Interrogées sur ce qu’elles ont éprouvé en tirant pour la première fois sur des terroristes, les soldates sont restées stoïques.

« C’est ce pour quoi nous nous sommes entraînées. Nous étions prêtes à tout », confie à la Douzième chaîne une commandante identifiée sous le nom de Tamar. « Nous avons fait ce que notre tête et nos mains savaient faire. »

« Sur le moment, on ne se dit pas : ‘Est-ce que je sauve cette personne ou cette maison ?’ On sait qu’il y a un terroriste et qu’il faut le tuer avant qu’il n’entre dans l’une des communautés frontalières », ajoute-t-elle.

Le nouveau commandant de la brigade Paran, le colonel Shemer Raviv, ne pourrait pas être plus fier de ses femmes tankistes, qui ont combattu les terroristes pendant près de 17 heures sans faiblir, ce jour-là.

« Quand les chars sont arrivés, ils ont mis fin aux batailles », explique Raviv à la Douzième chaîne. « Une fois qu’elles ont pris ces deux positions… Les terroristes ont compris qu’il leur restait deux options : s’enfuir ou mourir. Et les filles dans les chars, ces guerrières – il n’y avait que trois chars à ce moment-là -, elles se sont battues d’une manière époustouflante. Elles ont fait des choses auxquelles elles n’avaient pas été formées. Elles ont tiré à l’intérieur des communautés israéliennes, roulé sur les routes principales. Elles ont empêché que l’attaque se déplace plus au sud. »

Une soldate israélienne commande un char Merkava IV (Capture d’écran : Douzième chaine, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Mais ces soldates ne veulent pas qu’on les félicite pour leur combat « historique ».

« Et alors ? Peu importe ? Les terroristes savaient-il que c’était des femmes dans les chars ? Non. Vous pensez qu’ils ont vu les cheveux de Michal sortir de son casque ? Non. Garçons, filles, peu importe ? »,assure Hila.

Tamar est entièrement d’accord. « Vous n’arrêtez pas de dire que nous sommes des ‘héroïnes’ et que ce que nous avons fait est ‘historique’… Mais je n’ai pas le sentiment d’être une héroïne. Je suis une soldate à qui on a donné un travail, et qui l’a fait. N’importe qui l’aurait fait. »

« Ce n’était pas une bataille contre des êtres humains. Il n’y avait aucune trace d’humanité en eux. Mon rôle est de protéger les gens : le leur de tuer des gens », ajoute Hila.

Agar rappelle qu’il n’y avait pas de temps à perdre. « On pensait aux civils, pris au piège chez eux et aux gens qui avaient besoin de nous. Ce n’était pas le moment d’avoir peur. »

Des soldates manœuvrent un char dans le désert du Neguev sur une photo non datée. (Crédit : Armée israélienne)

Ceux qui voient d’un mauvais œil la présence des femmes dans l’armée estiment que c’est une expérience sociale dangereuse, y compris pour la sécurité du pays. Ceux qui, au contraire, y sont favorables, assurent depuis longtemps qu’elle est absolument nécessaire, et a déjà été mise en œuvre dans de nombreux pays occidentaux.

Les opposants à la présence de femmes pensent qu’elles bénéficient d’aménagements en termes de niveau d’exigence opérationnelle, signe pour eux d’une moindre efficacité, et qu’elles sont plus sujettes au stress.

L’armée rappelle à qui veut l’entendre que la présence des femmes dans des unités de combat ne relève pas de considérations sociales mais purement pratiques, et qu’elle a besoin de toutes les ressources dont elle dispose.

Pour Raviv, cette bataille est la preuve que les combattantes ont tout-à-fait leur place au sein de l’armée israélienne.

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