Les US assurent une aide militaire de plus de 300 millions de dollars à l’Égypte
Dans une lettre adressée aux législateurs, Rubio évoque le "rôle utile" joué par Le Caire pendant la guerre contre l’Iran - renonçant aux conditions relatives aux droits de l'Homme pour l'octroi de ces fonds
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REUTERS — Le Département d’État américain a levé les conditions relatives aux droits de l’Homme pour apporter une aide militaire de plus de 300 millions de dollars destinée à l’Égypte, compte tenu du « rôle utile » qui a été joué par Le Caire depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, selon une lettre adressée aux législateurs américains qui a pu être obtenue par Reuters.
L’Égypte avait commencé à bénéficier d’un soutien américain significatif après avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, et le pays reçoit environ 1,3 milliard de dollars par an d’aide militaire américaine depuis la fin des années 1980.
Une partie de cette aide est soumise à des conditions liées au respect des droits de l’Homme et à la démocratie – conditions auxquelles il est possible de déroger pour des raisons de sécurité nationale. La suspension de ces fonds, y compris sous l’ancien président américain Joe Biden, avait déjà provoqué des tensions entre Le Caire et Washington par le passé.
Le secrétaire d’État Marco Rubio « a pris la décision de déroger à l’obligation de certification concernant 320 millions de dollars du programme de financement militaire étranger (FMF) pour l’Égypte au titre de l’exercice 2025 », est-il écrit dans une lettre qui a été adressée à diverses commissions du Congrès, un courrier qui est daté du 21 septembre.
Cette partie de l’aide militaire a été jugée « nécessaire aux programmes de lutte contre le terrorisme, de sécurité des frontières ou de non-prolifération », ou « elle est par ailleurs importante pour les intérêts de sécurité nationale des États-Unis », fait remarquer une note d’accompagnement qui justifie cette décision.
« L’exercice de ce pouvoir de dérogation est essentiel pour les relations entre les États-Unis et l’Égypte et pour les priorités des États-Unis en matière de sécurité nationale, en particulier compte tenu du rôle utile qui a été joué par l’Égypte à la suite de l’opération Epic Fury », indique la note datée du 4 septembre et signée par Rubio.
L’opération « Epic Fury » est le nom qui est utilisé par l’armée américaine pour désigner la campagne menée contre l’Iran aux côtés d’Israël, une offensive qui a commencé à la fin du mois de février. La note du Département d’État — dont l’authenticité a été confirmée par deux sources proches du dossier à Washington — ne donne pas plus de détails sur le « rôle utile », comme elle le mentionne, de l’Égypte.
La guerre pèse sur l’économie égyptienne
La décision qui est prise, tous les ans, par le Département d’État s’agissant de l’aide militaire à l’Égypte porte généralement sur les fonds alloués au cours de l’exercice budgétaire précédent, qui se termine le 30 septembre.
Le Département d’État américain et le ministère égyptien des Affaires étrangères n’ont fait aucun commentaire.
Les répercussions de la guerre contre l’Iran ont imposé un lourd fardeau aux partenaires des États-Unis en matière de sécurité, notamment sur l’Égypte, dont l’économie a été mise à rude épreuve par la flambée des prix du carburant et par d’autres perturbations.
Des centaines de millions de dollars d’aide financière – ainsi que des chars, des hélicoptères, des missiles et des avions de combat – avaient été retenus après que l’armée égyptienne a renversé le premier président démocratiquement élu du pays, Mohamed Morsi, dans un contexte de manifestations de masse en 2013.
Sous l’administration Biden, les États-Unis avaient à plusieurs reprises retenu une partie de l’enveloppe militaire annuelle en raison du bilan de l’Égypte en matière de droits de l’Homme.
En 2024, dans le sillage du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, et de la guerre qui avait suivi à Gaza, l’administration Biden avait levé les conditions liées aux droits de l’Homme et elle avait accordé à l’Égypte la totalité de l’enveloppe de 1,3 milliard de dollars pour la première fois depuis son entrée en fonction.
L’Égypte a joué un rôle central dans les négociations de cessez-le-feu concernant le conflit à Gaza – notamment dans l’accord de trêve qui avait été conclu au mois d’octobre 2025 – mais elle s’est montrée moins présente dans le travail de médiation relatif à la guerre contre l’Iran.
Les organisations de défense des droits de l’Homme accusent depuis longtemps l’Égypte de s’être livrée à violations généralisées des droits de l’homme sous la présidence d’Abdel Fattah el-Sissi, notamment de torture et de disparitions forcées.
Cette semaine, la police égyptienne a arrêté six journalistes d’un média spécialisé dans la vérification des faits et dans le journalisme d’investigation, les accusant de diffuser de fausses informations pour le compte des Frères musulmans, une organisation interdite. La publication a nié ces accusations.
Les autorités égyptiennes affirment avoir pris des mesures pour garantir le respect des droits. El-Sissi estime que la stabilité est primordiale et que le gouvernement promeut les droits en s’efforçant de répondre aux besoins fondamentaux.
la Communauté du Times of Israël !







