Attaque en vol : le copilote omanais était « radicalisé », selon Netanyahu
D'après le Premier ministre israélien, l'agresseur aurait demandé à ce qu'on le tue après son arrestation, confirmant la piste d'un acte suicidaire motivé par l'idéologie jihadiste
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Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que le copilote omanais qui a poignardé le pilote du vol flydubai avait « été endoctriné par l’islamisme radical ». Netanyahu n’a pas donné plus de détails mais un responsable israélien a déclaré au Times of Israel que le copilote avait avant cela parlé de tuer des Juifs sur les réseaux sociaux.
Sur la base de ses échanges avec des passagers de ce vol, et notamment avec ceux qui ont maîtrisé l’agresseur et sauvé l’avion, Netanyahu a déclaré dans une autre vidéo que l’attaquant avait demandé aux membres d’équipage émiratis de le tuer, une fois maîtrisé.
Yaniv Hayun, l’un des Israéliens qui a maîtrisé le copilote omanais, aurait ainsi confié à Netanyahu que l’agresseur a crié « Tuez-moi » lorsqu’il a été attaché et immobilisé et qu’il a su que sa tentative avait échoué.
Dans une vidéo du service de presse du gouvernement, le Dr Shota Musayev, qui a soigné le commandant de bord poignardé, explique à Netanyahu que les Israéliens ont utilisé les fils du casque pour attacher le copilote, « afin de s’assurer qu’il ne recommence pas ». Ce à quoi Hayun ajoute : « Il a crié : « Tuez-moi, tuez-moi », en anglais. » puis « Cela veut bien dire qu’il avait échoué dans sa mission et préférait mourir. »
« Il était prêt à se suicider », explique le responsable. « Ses comptes sur les réseaux sociaux [disent] clairement qu’il s’est radicalisé dans l’idéologie jihadiste. Il parlait de tuer des Juifs. »
«Il faudra attendre la fin de l’enquête pour en être sûr », souligne le responsable, « mais il semble que ce soit un attentat suicide, destiné à faire s’écraser l’avion. »
Netanyahu n’a pas dit autre chose lors d’une interview à Fox News, lorsqu’il a déclaré : « L’agresseur a dit aux membres de l’équipage : « Tuez-moi, tuez-moi » », « la preuve qu’il était suicidaire ».
« Je pense qu’il est trop tôt pour affirmer que l’Iran y est pour quelque chose », a ajouté le Premier ministre, en renvoyant à des conclusions définitives sous peu.
C’était la deuxième fois que le Premier ministre s’exprimait sur la chaîne d’information conservatrice américaine payante en l’espace de 24 heures. Netanyahu y a annoncé qu’Israël serait en mesure de présenter ses conclusions dans les tout prochains jours, et notamment de dire si le copilote était ou non lié à l’Iran, après avoir reconnu lors de sa précédente interview pour Fox qu’« il était encore trop tôt pour le dire ».
Netanyahu a ajouté que « cela pourrait tout-à-fait se reproduire car nous avons des informations selon lesquelles l’Iran et ses relais tentent de mener des attaques contre Israël et les Israéliens en ce moment-même, en pleine période électorale ».
Le président américain Donald Trump a lui aussi été interrogé, jeudi, pour savoir si le pilote était lié à l’Iran, ce à quoi il a répondu : « Nous étudions la question. Ils sont très ouverts avec nous. D’après ce que j’entends, j’ai le sentiment que oui. »
Lorsqu’un journaliste l’a relancé, devant la Maison Blanche, pour savoir si le pilote avait été envoyé par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien ou radicalisé d’une autre manière, Trump s’est montré moins catégorique.
« C’est une possibilité, oui », a-t-il répondu.
On ignore à ce stade dans quelle mesure Trump avait reçu des renseignements ou avait été briefé sur l’enquête.
Détention
Selon Netanyahu, le copilote est en détention en Arabie saoudite, qui va, « je suppose, très rapidement » le transférer aux Émirats arabes unis pour qu’il y subisse un interrogatoire. « C’est un ressortissant omanais… Nous allons participer à cet interrogatoire et découvrir exactement ce qui s’est passé. »
L’Arabie saoudite a plus tard confirmé que le commandant de bord et le copilote, après avoir été hospitalisés, étaient partis pour Abou Dhabi jeudi matin, une fois donné le feu vert des autorités médicales.
L’Arabie saoudite a fait savoir qu’elle avait d’ores et déjà ouvert une enquête avec des équipes de sécurité des Émirats arabes unis.
Israël a fait de même en interne et modifié ses protocoles de sécurité, explique le responsable israélien anonyme au Times of Israel.
« Il y avait une faille ici, nous nous employons à régler le problème », a déclaré Netanyahu à Fox en parlant de l’autorisation donnée au copilote d’assurer des vols à destination d’Israël alors même qu’il est ressortissant d’un pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec Jérusalem.
Le ministre de la Sécurité intérieure et politicien d’extrême droite Itamar Ben Gvir, important membre de la coalition gouvernementale de Netanyahu, a exigé qu’Israël « utilise tous les moyens en sa possession » pour faire extrader l’agresseur en Israël afin qu’il y soit jugé.
« Une personne qui projetait de faire s’écraser un avion et de tuer 180 Israéliens devrait être extradée vers Israël et payer le prix fort », a-t-il déclaré. « Ceux qui tentent d’assassiner ou de porter atteinte à des Israéliens seront poursuivis par l’État d’Israël et jugés, où qu’ils soient. »
Ni l’Arabie saoudite, où l’avion a été dérouté et où l’agresseur présumé était détenu, ni Oman, pays d’origine du pilote, n’ont de relations diplomatiques avec Israël, ce qui complique toute demande directe d’extradition.
Bien qu’Israël entretienne des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, ils ne disposent pas d’un traité d’extradition bilatéral. Jeudi, le procureur en chef émirati a annoncé enquêter sur le copilote pour « activités ou intentions terroristes ».
« On ne peut faire confiance à personne »
Lorsque Netanyahu s’est entretenu avec les passagers de Flydubai intervenus pour empêcher la tentative d’attentat-suicide à bord du vol, il s’est entendu dire qu’au début, ils ne savaient pas dans quelle mesure d’autres membres de l’équipage étaient eux aussi complices.
Dans la vidéo publiée par le cabinet de Netanyahu, ils expliquent avoir insisté pour que l’attaquant parle en anglais aux membres de l’équipage afin de savoir ce qu’il disait. « C’est très intéressant », leur a répondu Netanyahu.
« Nous avons simplement fait en sorte de garder le contrôle de la situation, nous ne pouvions faire confiance à personne », a déclaré l’un des passagers.
Lors de cet entretien, Netanyahu a dit à ses compatriotes qu’ils allumeraient une torche lors de la cérémonie pour Yom HaAtsmaout l’an prochain.
« Le monde entier a vu avec vous ce qu’était l’héroïsme israélien… Vous allumerez une torche pour rendre hommage à l’héroïsme civil le Jour de l’Indépendance », a déclaré Netanyahu à Hayun, Or Pardilov, Musayev et son épouse Sigalit, qu’il a reçus tous ensemble dans son bureau à Jérusalem.
Netanyahu a écouté « le récit poignant » de ce qu’ils ont fait pour déjouer l’attentat, lorsque le copilote a tenté de faire s’écraser l’avion, leur disant que « grâce à leur courage, leur ingéniosité et leur foi extraordinaires, ils avaient évité une catastrophe et sauvé de nombreuses vies ».
Le Premier ministre n’a pas compétence pour décider seul des personnes qui allumeront les torches de la cérémonie l’an prochain. Selon le processus de sélection établi par le gouvernement, ces personnes sont choisies par un comité consultatif puis approuvés selon un protocole ministériel bien précis.
Selon un pilote, un passager aurait pu faire atterrir l’avion « en douceur ».
Jeudi toujours, l’ambassade de l’Inde aux Émirats arabes unis a déclaré que le commandant de bord poignardé par le copilote avait été transféré aux Émirats arabes unis et qu’il se rétablissait.
L’action du commandant de bord, Smit Machchhar, a été célébrée car elle a permis de sauver tous ceux qui se trouvaient à bord du vol : il a réussi à déverrouiller la porte du cockpit après avoir été poignardé, ce qui a permis aux passagers et à l’équipage de maîtriser le copilote et à un deuxième binôme de pilotes de Flydubai, qui se trouvaient à bord, de faire atterrir l’appareil à Tabuk, en Arabie saoudite. Avant que ces pilotes ne prennent le contrôle de l’appareil, Hayun a aidé à stabiliser l’avion, ce qu’il a appris en regardant l’émission télévisée « Air Disasters ».
« Le commandant Machchhar est en bonne santé et se remet bien. L’ambassade est en contact avec les autorités locales de façon à s’assurer de la poursuite des soins qui lui sont prodigués et de son bien-être », a écrit l’ambassade indienne sur X.
Les deux pilotes de relève — dont l’un est Britannique — se trouvaient à bord de cet avion qu’ils avaient fait voler depuis Tel-Aviv à Dubaï, a indiqué la chaîne N12, en ajoutant que ce vol initial avait dépassé le temps de vol autorisé, raison pour laquelle la deuxième équipe avait été envoyée.
D’après le témoignage au Times of Israel d’un pilote de ligne, s’ils n’avaient pas été à bord, il aurait théoriquement été possible pour un passager de faire s’écraser l’avion « en douceur », et que dans ces circonstances, « la plupart des gens s’en seraient sortis ».
Cela aurait malgré tout supposé que le passager sache comment entrer en contact radio avec la tour de contrôle.
« C’est possible à condition d’être très intelligent et capable de recevoir beaucoup d’instructions radio », a expliqué le pilote. « On l’aurait sans doute envoyé sur une très, très longue piste. »
« Avec le guidage radio, ils auraient pu être guidés », a-t-il poursuivi tout en admettant que « cela aurait été un très grand miracle ».
Bien évidemment, quelqu’un ayant de l’expérience en pilotage de petits avions aurait eu un immense avantage.
« Un gars capable de piloter un Cessna serait capable de faire atterrir un avion », a conclu le pilote tout en ajoutant: « Ce ne serait certainement pas un bel atterrissage. »
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