La Haute Cour exhorte le chef du parti Balad à renoncer aux élections, sous peine d’être disqualifié
Les juges ont informé Sami Abu Shehadeh que la majorité appuyait le maintien de l'interdiction de la CCE à son encontre ; Ben Gvir, qui a demandé sa disqualification, et Gotliv ont plaidé personnellement l'affaire devant la cour
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Jeudi, la Haute Cour de justice a exhorté le président du parti Balad, Sami Abu Shehadeh, à renoncer à sa candidature aux élections du 27 octobre prochain. Le président de la Cour suprême, Isaac Amit, l’a informé qu’une majorité des neuf juges du panel aurait confirmé sa récente disqualification par la Commission centrale électorale (CCE).
« Votre disqualification a été confirmée à la majorité », a déclaré Amit à Abu Shehadeh au cours de l’audience. « Nous recommandons donc à M. Abu Shehadeh de renoncer à sa candidature. »
Le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, dont le parti d’extrême droite Otzma Yehudit était à l’origine de la requête visant à disqualifier Abu Shehadeh et qui a personnellement plaidé l’affaire devant la Cour, a jugé ces recommandations « bien trop indulgentes ». Il a insisté pour que la Cour lui interdise formellement de se présenter.
« On ne devrait pas lui donner la possibilité de se retirer. Cette affaire doit faire l’objet d’une décision », a affirmé Ben Gvir.
Les audiences de la Haute Cour de justice sur la disqualification des partis et candidats arabes aux prochaines élections se sont ouvertes jeudi matin, alors que des manifestants se réunissaient devant la Cour suprême, à Jérusalem.
Une formation élargie composée de neuf juges devait examiner les décisions prises la semaine dernière par la Commission centrale électorale visant à rendre inéligible le président du parti Balad, Sami Abu Shehadeh, et le député du Hadash, Ofer Cassif, ainsi que le parti Raam de Mansour Abbas et la Liste arabe unie, un bloc composé des mouvements Balad, Hadash et Taal. La Cour a abordé, dans un premier temps, le dossier d’Abu Shehadeh, suivi par ceux de Cassif, de la Liste arabe unie et du Raam dans le courant de la journée.
Devant le bâtiment de la Cour, des manifestants ont protesté contre ces disqualifications. Avant le début des audiences, Cassif a déclaré à la foule que son parti était déterminé à « apporter la justice, la paix et un avenir prospère à tous nos enfants, Palestiniens et Israéliens, Juifs et Arabes ».
« Nous vaincrons le fascisme. Nous le relèguerons dans les poubelles de l’histoire », a-t-il ajouté.
Ben Gvir est arrivé au tribunal vêtu d’une toge d’avocat, accompagné de la nouvelle numéro deux de son parti, Tally Gotliv, elle aussi avocate, afin de représenter le parti lors de la procédure.
« Sami Abu Shehadeh ne peut pas être membre de la Knesset. Un partisan du terrorisme n’a pas sa place à la Knesset, mais en prison », a lancé Ben Gvir, faisant valoir que le chef du parti Balad avait « soutenu » le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
La procureure générale Gali Baharav-Miara avait pour sa part soutenu la disqualification d’Abu Shehadeh suite à un article qu’il avait publié au lendemain du 7-Octobre et qui, selon elle, témoignait de son soutien à la lutte armée contre Israël. Le président de la CCE et juge à la Cour suprême Noam Sohlberg, ainsi que les partis de l’opposition sioniste, se sont également déclarés favorables à son exclusion. Abu Shehadeh a démenti avoir soutenu la violence ou le terrorisme, arguant que l’article ne constituait pas un motif valable pour le disqualifier.
Pendant que les audiences se poursuivaient, Ben Gvir et Gotliv ont échangé des insultes avec des responsables politiques de la Liste arabe unie devant la salle d’audience de la Cour suprême, au cœur d’une foule de manifestants.
Ben Gvir a lancé au chef du parti Taal, Ahmad Tibi, à Cassif et au président de la Liste arabe unie, Yousef Jabareen : « Vous êtes le visage du terrorisme à la Knesset. Nous vous chasserons de la Knesset. »
« À chaque chien vient son jour », a rétorqué Tibi en arabe. Jabareen et Cassif ont quant à eux traité Ben Gvir de « nazi ».
Au cours d’un échange distinct, Gotliv s’est approchée de Tibi, lui a crié dessus, et lui a demandé s’il reconnaissait l’État juif. « Je reconnais que vous avez besoin d’un psychiatre », lui a-t-il répondu.
La CCE, si elle est présidée par un juge de la Cour suprême, est principalement composée de représentants des groupes parlementaires de la Knesset. La coalition au pouvoir y est majoritaire. Les décisions relatives à l’inéligibilité de candidats individuels doivent être approuvées par la Cour suprême. Les disqualifications visant des listes électorales entières peuvent quant à elles faire l’objet d’un recours devant la Cour, laquelle a annulé de nombreuses interdictions de ce type par le passé.
la Communauté du Times of Israël !







