Rechercher

La déradicalisation de Gaza freinée par les extrémismes en Israël – Conseil de Paix

Un membre du Conseil de Paix s'inquiète du soutien en Israël à « l'émigration volontaire » des Gazaouis, projet qui fragilise le projet américain de reconstruction de l'enclave

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des militants de droite participent à un rassemblement appelant au rétablissement des implantations juives dans la bande de Gaza, près de la frontière, dans le sud d'Israël, le 30 juillet 2025. (AP Photo/Ohad Zwigenberg)
Des militants de droite participent à un rassemblement appelant au rétablissement des implantations juives dans la bande de Gaza, près de la frontière, dans le sud d'Israël, le 30 juillet 2025. (AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Le large soutien de l’opinion publique israélienne en faveur de la « promotion de l’émigration volontaire » des Gazaouis risque de compromettre les efforts visant à mettre en œuvre le plan du président américain Donald Trump pour reconstruire cette enclave dévastée par la guerre, a déclaré un responsable du Conseil de Paix au Times of Israel.

« Le plan en 20 points évoque une bande de Gaza ‘déradicalisée’, ce sur quoi porte notre mandat. Mais il est indéniable que les positions de plus en plus extrémistes en Israël nous rendent la tâche difficile », confie ce responsable, sous couvert d’anonymat.

Ce responsable du Conseil de Paix, sous contrôle américain, chargé de superviser la gestion de Gaza dans l’après-guerre, se dit particulièrement préoccupé par le soutien israélien à l’incitation au départ des Gazaouis. Les critiques soutiennent que l’ « émigration volontaire » n’est qu’un euphémisme pour désigner le déplacement forcé des Palestiniens, compte tenu des conditions de vie actuelles, insoutenables, dans l’enclave et du fait que de nombreux partisans de cette initiative souhaitent remplacer les villes palestiniennes par des implantations israéliennes.

Il n’y a pas que les partis Otzma Yehudit et HaTzionout Hadatit qui sont favorables au départ de la population gazaouie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres figures éminentes de son parti, le Likud, y sont très favorables, tout comme les chefs des partis d’opposition Yair Lapid (Yesh Atid), Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) et Benny Gantz (Kakhol lavan). Ofer Winter a d’ailleurs fait de cette question le cœur du programme de son nouveau parti, Amkha Yisrael, tout comme Yoaz Hendel, chef du parti HaMilouimnikim.

« Au-delà du fait que cette politique est immorale, elle est également totalement irréaliste », affirme le membre du Conseil de Paix, insistant sur le fait que les pays tiers ne sont pas prêts à accueillir un grand nombre d’émigrants palestiniens, car ils ne pensent pas qu’Israël les autorisera un jour à revenir à Gaza.

Trump lui-même a promu une idée semblable lorsqu’en février 2025, il a appelé les États-Unis à prendre le contrôle de Gaza et vider l’enclave de ses habitants, mais il a, depuis, abandonné cette idée au profit de son projet en 20 points, dévoilé en septembre 2026. Ce plan précise : « Personne ne sera forcé de quitter Gaza, et ceux qui souhaitent partir seront libres de le faire et de revenir. Nous encouragerons la population à rester et lui offrirons la possibilité de construire une vie meilleure à Gaza. »

Des tentes abritant des Gazaouis déplacés visibles au milieu de bâtiments endommagés par la guerre dans Gaza-City, au nord de la bande de Gaza, le 26 septembre 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Le Conseil de Paix va faciliter le départ de certains Gazaouis, notamment les étudiants désireux d’aller étudier à l’étranger, mais la grande majorité de la population de la bande de Gaza – ce qui représente près de 2 millions de personnes – devrait rester sur place.

Selon le membre du Conseil de Paix, l’hostilité israélienne envers les Gazaouis n’a « rien de surprenant » après le pogrom du Hamas du 7 octobre 2023, au cours duquel le groupe terroriste a orchestré l’assassinat brutal de plus de 1 200 personnes et l’enlèvement de 251 otages.

Le Conseil fait en sorte de refonder le système scolaire à Gaza afin d’y enseigner la tolérance et la coexistence – des principes dont l’absence a contribué à rendre possible le pogrom du 7-Octobre -, explique le responsable, tout en reconnaissant la participation de certains civils à cet assaut barbare et sadique.

Il ajoute que la tâche du Conseil de Paix est immense du fait des conséquences de la guerre menée par la suite par Israël, qui a fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils et détruit une grande partie des infrastructures à Gaza.

Des Israéliens issus du mouvement des résidents d’implantations de droite se rassemblent sur une colline surplombant la bande de Gaza pour militer en faveur de la prise de contrôle de Gaza par Israël, à Sderot, dans le sud d’Israël, le 18 décembre 2025. (AP Photo/Maya Levin)

En Israël, l’hostilité envers les Arabes devient monnaie courante.

Ces dernières semaines, deux vidéos ont fait le tour des réseaux : elles donnent à voir et à écouter une conversation entre l’animateur de télévision israélien Lior Schleien et des étudiants d’académies de préparation au service militaire. L’un des adolescents y exprime son souhait de participer à l’élimination de la population arabe, partout dans le monde, et un autre demande si Israël devrait commettre un génocide à Gaza s’il n’y a « pas de civil innocent » là-bas.

Évoquant ces prises de position, le responsable du Conseil de Paix rappelle l’importance du point 18 du projet en 20 points de  Trump, lequel stipule qu’« un processus de dialogue interconfessionnel sera établi sur une base de tolérance et de coexistence pacifique afin de faire évoluer les mentalités et les récits des Palestiniens et des Israéliens en mettant l’accent sur les bénéfices escomptés de la paix ».

« Cela concerne les deux camps aux prises dans ce conflit, et nous prenons cela très au sérieux », conclut le responsable.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.