La ville d’Avignon déprogramme une lecture de textes de Charles Maurras après un tollé
Pendant plus d’une semaine, plusieurs associations s’étaient opposées à l’organisation de l’événement, en rappelant l’antisémitisme, le nationalisme et la xénophobie du fondateur de l’Action française
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La lecture de textes de Charles Maurras, initialement prévue vendredi 2 octobre à la bibliothèque Ceccano d’Avignon dans le cadre de la Semaine provençale, a été déprogrammée, après une vague de protestations contre la présence de l’écrivain nationaliste et figure de l’extrême droite au programme, a rapporté, le 29 septembre 2026, le journal La Marseillaise.
Selon le quotidien régional, l’association organisatrice a pris cette décision à la demande du maire d’Avignon, Olivier Galzi (divers droite), qui s’est dit « favorable au retrait » des textes de Charles Maurras « compte tenu de son profil ».
La lecture devait avoir lieu lors d’une conférence consacrée aux auteurs ayant écrit en langue provençale. La conférence, elle, est maintenue.
Pendant plus d’une semaine, plusieurs associations, dont la Ligue des droits de l’Homme et la Libre Pensée, ainsi que des formations politiques de gauche, s’étaient opposées à l’organisation de l’événement, en rappelant notamment l’antisémitisme, le nationalisme et la xénophobie de Charles Maurras, fondateur de l’Action française.
Une pétition soutenue par plusieurs universitaires avait également été lancée pour demander le retrait de la lecture. Elle dénonçait la programmation de Maurras dans une bibliothèque publique et contestait l’argument qu’une simple « recontextualisation » de ses textes serait nécessaire. La pétition avait notamment reçu le soutien de la Ligue des droits de l’Homme du Vaucluse.
« Charles Maurras n’est pas un félibre parmi d’autres dont on pourrait célébrer les textes ‘apolitiques’ en toute tranquillité, à la faveur d’une simple ‘recontextualisation’ », écrivaient les signataires.
Les organisateurs de l’évènement et la municipalité avaient initialement défendu la nécessité d’une « contextualisation claire et indispensable » de la lecture. Face aux protestations, la mairie a finalement demandé son retrait.
Charles Maurras, mort en 1952, a été l’une des principales figures de l’Action française. Antidreyfusard et violemment antisémite, il a soutenu le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale et a été condamné en 1945 à la réclusion criminelle à perpétuité pour intelligence avec l’ennemi, avant d’être gracié en 1952.
Après l’annonce du retrait, les auteurs de la pétition ont salué une « victoire », tout en appelant à maintenir la vigilance face à ce qu’ils présentent comme une « influence rampante de l’extrême droite ».
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