Sanctions américaines contre les secteurs automobile et ferroviaire iraniens
Rubio aurait ordonné au ministre iranien des Affaires étrangères de quitter les États-Unis, mais la délégation se dit sur le point de partir
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WASHINGTON — L’administration Trump a pris des sanctions contre les secteurs ferroviaire et automobile iraniens ainsi que contre leurs fournisseurs étrangers, a annoncé jeudi le Département des Finances, qui a ainsi étendu sa campagne économique en temps de guerre, destinée à isoler Téhéran.
Des sanctions qui s’inscrivent dans le cadre de « l’Opération Economic Outcast », lancée par le Trésor et annoncée le 24 août dernier. L’objectif est de priver Téhéran des fonds nécessaires à la guerre, à la construction de missiles, aux cyberattaques et au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Ces mesures font monter d’un cran les pressions économiques américaines exercées sur la république islamique, en mer comme sur terre – : elles prennent pour cible des secteurs clefs pour Téhéran depuis qu’un blocus naval l’empêche d’exporter son pétrole via le détroit d’Ormuz.
Ce durcissement des sanctions risque bien de porter un coup économique très rude à la population iranienne, s’inquiète un analyste.
Le blocus américain des ports iraniens a contraint Téhéran à recourir davantage au transport routier et ferroviaire pour acheminer le pétrole, les engrais, les produits chimiques et d’autres marchandises. Les sanctions annoncées jeudi visent ces modes de transport alternatifs, selon le département du Trésor.
Elles frappent la société Iran Khodro (IKCO) et la société iranienne de construction automobile SAIPA. Selon le Département des Finances, ces deux entreprises représentent plus de 90 % du marché automobile national iranien.
Le Trésor a également évoqué la société publique Islamic Republic of Iran Railway Company, laquelle assure des services de transport de passagers et de fret, la Raja Passenger Trains Company, ainsi que la Sherkat-E Rah Ahan-E Khamle-O-Naghle, également connue sous le nom de Railway Transportation Company, qu’il a qualifiée de principale compagnie privée de fret.
Le Secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que ces mesures « prenaient directement pour cible ceux qui facilitent les choses pour l’Iran, et jetaient les bases de ce qui permettrait aux États-Unis et à leurs partenaires de priver le régime de ses revenus, une bonne fois pour toutes ».
Les sanctions annoncées jeudi s’attaquent également à des entreprises étrangères situées en Indonésie, aux Émirats arabes unis et en Turquie, lesquelles approvisionnent l’industrie automobile iranienne.
« Le blocus a mis l’Iran à genoux en mer, les sanctions l’isolent de plus en plus dans les airs, et Washington resserre désormais l’étau sur ses artères économiques par voie terrestre », explique Brett Erickson, expert en sanctions et directeur général chez Obsidian Risk Advisors. « On ne peut pas étrangler une économie comme celle-ci sans étouffer les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent ».
Israël et les États-Unis avaient lancé des frappes, en février dernier, dans le but d’affaiblir les capacités militaires du régime iranien, d’écarter les menaces posées par l’Iran — notamment ses programmes nucléaires et balistiques — et de « créer les conditions » susceptibles de permettre au peuple iranien de renverser le régime, selon des responsables militaires et d’autres dirigeants israéliens.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du pétrole et du GNL mondial, est désormais au cœur du conflit en raison des initiatives qui ont été prise par l’Iran pour affirmer son autorité sur cette voie navigable stratégique.
Rubio aurait expulsé le ministre iranien des Affaires étrangères des États-Unis alors que les négociations sont au point mort
Le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a ordonné lundi à la délégation iranienne, avec à sa tête son homologue Abbas Araghchi, de quitter le pays alors que les négociations entre Washington et Téhéran s’enlisaient à nouveau, a rapporté Axios jeudi.
« Le Secrétaire Rubio a expulsé la délégation iranienne qui avait abusé de l’hospitalité qui lui était offerte. L’Assemblée générale des Nations unies était terminée, il était donc temps pour eux de partir », a dit un responsable américain au site d’information, en évoquant la réunion annuelle de l’organisation mondiale à New York.
Selon cet article, Araghchi et les autres officiels iraniens ont quitté New York pour Doha, la capitale du Qatar, quelques heures après avoir reçu l’ordre de partir. Ils auraient affirmé avoir l’intention, de toute façon, de quitter rapidement le territoire américain.
Araghchi a expliqué, la semaine dernière, avoir présenté une proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz dans un délai d’une semaine si les États-Unis acceptaient, entre autres conditions, de lever leur blocus sur les ports iraniens, débloquer les avoirs iraniens gelés et lever les sanctions sur les ventes de pétrole iranien.
Une proposition qui a été rejetée par Trump, lequel a affirmé que l’Iran souhaitait conclure un accord parce qu’il « perdait lamentablement ». Le président américain a qualifié l’offre « d’inacceptable ».
Malgré ce rejet officiel de la part de Trump, les pays médiateurs ont continué à travailler avec l’Iran et les États-Unis afin de tenter de négocier un accord permettant de mettre un terme aux combats et rouvrir le détroit, selon des responsables qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat.
Interrogé sur la manière dont il pensait pouvoir parvenir à un accord avec l’Iran s’il estimait que ses dirigeants étaient à ce point irrationnels, le président américain Donald Trump a répondu mercredi : « Peut-être qu’il faut les faire sauter ».
« Nous devons prendre cette décision. [Soit nous] concluons un accord… mais l’heure est venue. Cela va prendre fin très bientôt », a affirmé Trump, s’adressant aux journalistes réunis dans le Bureau ovale.
Un pétrolier touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz
Un pétrolier a été attaqué jeudi lors de la traversée dudétroit d’Ormuz, a indiqué une agence maritime britannique.
Le navire a été touché par un « projectile d’origine inconnue » dans cette voie navigable stratégique, « ce qui a provoqué un incendie », a précisé le Centre britannique des opérations du commerce maritime (UKMTO).
L’équipage serait sain et sauf, mais l’étendue des dégâts reste indéterminée, a ajouté l’UKMTO.
L’agence n’a pas précisé quel pavillon battait le pétrolier, pas plus que son itinéraire ou sa cargaison – pétrole brut ou gaz naturel liquéfié (GNL).
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