Les passagers saluent le pilote et les trois Israéliens qui ont sauvé leur vol
Le pilote indien a ouvert le cockpit avec « ses dernières forces », permettant à des passagers de maîtriser le copilote ; l’un dit avoir stabilisé l’avion grâce à une série télévisée
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Les passagers du vol flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv sont rentrés sains et saufs en Israël mercredi, au terme d’un voyage qui a failli tourner à la catastrophe lorsque le copilote, soupçonné d’avoir voulu faire s’écraser l’appareil, a poignardé le commandant de bord avant d’être maîtrisé par plusieurs passagers.
À leur arrivée à l’aéroport Ben Gurion, plusieurs des Israéliens qui avaient contribué à le neutraliser ont raconté les minutes de chaos vécues à bord.
Des images filmées pendant le vol de rapatriement montrent les passagers applaudissant et chantant au moment de leur arrivée à Ben Gurion. Quelques heures plus tôt, leur premier avion avait dû se poser en urgence à Tabuk, en Arabie saoudite, après l’agression du commandant de bord et l’intervention de plusieurs passagers pour neutraliser le copilote et contribuer à reprendre le contrôle de l’appareil.
Selon les informations disponibles, 166 Israéliens et huit passagers d’autres nationalités se trouvaient à bord du vol de rapatriement, qui a décollé d’Arabie saoudite après six heures d’immobilisation au sol. Certains passagers ont reçu des soins médicaux dans le terminal.
De nombreux passagers hésitaient à monter à bord du deuxième appareil de flydubai pour rentrer en Israël. Les autorités israéliennes souhaitaient envoyer leurs propres avions pour les rapatrier, mais les autorités saoudiennes ont rejeté cette option.
Les passagers n’ont accepté d’embarquer qu’une fois l’équipage approuvé par des responsables du Mossad, a rapporté la chaîne N12.
Un homme de 51 ans qui se trouvait à bord a été transporté dans un hôpital israélien dans un état satisfaisant pour un traumatisme au haut du corps, selon les services de secours du Magen David Adom, qui ont indiqué avoir examiné tous les passagers.
"והשם יתברך תמיד אוהב אותי!": נוסעי טיסת החילוץ של 'פליי דובאי' חוגגים את החזרה ארצה pic.twitter.com/T7hM3W9LAk
— גלצ (@GLZRadio) September 30, 2026
Le commandant de bord de flydubai agressé par son copilote a été identifié comme étant Smit Machchhar, un ressortissant indien.
Il a été poignardé par son copilote, qui serait de nationalité omanaise. Plusieurs passagers ont indiqué que le commandant de bord avait été blessé à la tête et aux mains et se trouvait dans un état grave.
Installé à Dubaï, Machchhar exerce comme pilote depuis 13 ans, dont plus de quatre au sein de flydubai, a rapporté le Times of India.
À la suite de l’attaque, l’avion a perdu près de 17 000 pieds d’altitude en moins de deux minutes. Plusieurs passagers israéliens ont alors réussi à pénétrer dans le cockpit, à maîtriser l’agresseur et à contribuer à stabiliser l’appareil, selon des témoins.
Le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Doron Spielman, a indiqué que le commandant de bord, blessé et couvert de sang, avait puisé dans « les dernières forces qui lui restaient » pour actionner le dispositif d’ouverture de la porte du cockpit.
« À ce moment-là, plusieurs passagers, comprenant que quelque chose se passait, se sont précipités vers l’avant et sont entrés dans le cockpit. Ils ont vu le pilote blessé au sol, tandis que l’autre… le pilote qui l’avait agressé se tenait devant le tableau de bord et le frappait violemment », a déclaré Spielman.
Machchhar a reçu les premiers soins à bord du Dr Shota Musayev, un dentiste israélien qui se trouvait dans l’appareil.
« Quand j’ai entendu des cris, je me suis précipité au bout de 10 secondes, je n’ai pas attendu », a déclaré Musayev au Times of Israel à son retour dans l’État hébreu. « Quand je suis entré dans le cockpit, le pilote était dans un état très grave, avec d’importants saignements à la tête et aux mains. »
« J’étais le seul médecin à bord. J’ai réussi à arrêter l’hémorragie et son état est resté relativement stable », a-t-il ajouté.
Musayev, qui revenait de Chine, a expliqué avoir prodigué des soins d’urgence au pilote de 39 ans, grièvement blessé, ce qui, selon lui, avait contribué à lui sauver la vie.
« Ce furent des moments très difficiles, mais grâce au courage de plusieurs personnes à bord, nous avons réussi à éviter le pire », a-t-il raconté. « Maintenant, je veux juste rentrer chez moi et serrer mes enfants dans mes bras. »
Dans une autre interview accordée à N12, Musayev a raconté avoir ligoté à plusieurs reprises les mains et les jambes du copilote à l’aide de câbles d’écouteurs, afin de l’empêcher de se libérer et de reprendre son attaque.
Netanyahu a salué Machchhar, le qualifiant de « véritable héros » et lui souhaitant un prompt rétablissement.
« Je rends hommage au pilote indien, le commandant Smit Machchhar, pour son extraordinaire courage. Malgré les coups de couteau et ses blessures graves, il s’est défendu, il a résisté, il a ouvert la porte du cockpit, permettant de la sorte aux passagers et à l’équipage de maîtriser l’agresseur et d’éviter une catastrophe aérienne », a écrit Netanyahu sur X.
« Il a sauvé la vie de 174 personnes, dont des citoyens israéliens et d’autres ressortissants. Je souhaite au commandant Machchhar un prompt rétablissement. C’est un véritable héros », a ajouté le Premier ministre.
Mayday, la série qui a aidé un Israélien à stabiliser l’avion
Yaniv Hayun, l’un des trois passagers israéliens qui ont aidé à maîtriser l’agresseur, a raconté comment il était entré dans le cockpit, où il a maîtrisé et éloigné le suspect des commandes avant de contribuer à stabiliser l’appareil en perdition.
Lors de sa rencontre avec Netanyahu à l’aéroport Ben Gurion, Hayun a expliqué qu’un autre passager était entré avec lui dans le cockpit. Le commandant de bord, grièvement blessé, se trouvait près de la porte et en gênait l’ouverture, mais avait, selon Hayun, réussi à la déverrouiller avant de s’effondrer.
« Quand je suis entré, j’ai vu l’agresseur au niveau des instruments, entre les deux sièges. Les sièges des pilotes étaient vides », a raconté Hayun. « Je l’ai saisi à la gorge et je l’ai tiré hors du cockpit. »
Interrogé par Netanyahu sur ce que faisait l’agresseur présumé, Hayun a répondu qu’il « essayait de détruire les instruments afin de neutraliser l’avion ».
Hayun a ensuite appelé d’autres Israéliens à l’aide. Deux passagers l’ont rejoint pour maintenir l’homme immobilisé, tandis que Hayun est retourné dans le cockpit alors que l’appareil s’inclinait fortement.
« Je suis retourné dans le cockpit et j’ai tiré les commandes vers l’arrière », a raconté Hayun. Interrogé sur la façon dont il avait su quoi faire, il a répondu avec humour qu’il regardait la série Mayday, consacrée aux accidents aériens.
« L’avion a commencé à se stabiliser un peu, puis l’un des pilotes qui voyageaient à bord comme passagers m’a dit qu’il prenait le relais », a-t-il ajouté.
Lutter pour survivre
Assaf Rajuan, un autre Israélien qui a contribué à maîtriser le copilote, a raconté à N12 que cette expérience avait été « tout simplement bouleversante ». « On dit que ce genre de choses n’arrive que dans les films. C’était vraiment ça. Je n’aurais jamais cru qu’une chose pareille puisse arriver dans la réalité. »
« Nous avons compris que c’était une question de vie ou de mort », a-t-il ajouté.
Rajuan, qui a été blessé lors de l’incident « mais pas trop gravement », a raconté que les passagers avaient entendu des cris provenant du cockpit avant que l’avion ne perde brutalement le contrôle, se mette à tourner et pique fortement. La porte du cockpit était ouverte, ce qui lui a permis, avec d’autres passagers israéliens et des membres de l’équipage, d’y pénétrer et de maîtriser le copilote.
Il a également salué le commandant de bord ainsi que les deux autres pilotes présents parmi les passagers, qui ont ensuite réussi à reprendre le contrôle de l’appareil.
« Nous l’avons maintenu neutralisé pendant 55 minutes », a raconté Rajuan. « Puis nous avons atterri sans encombre. »
Il a expliqué que les passagers étaient extrêmement réticents à l’idée de monter à bord d’un autre appareil de flydubai pour rentrer en Israël et que les autorités israéliennes ne leur avaient « pas donné de réponses claires ». Ils ont donc demandé que le départ soit retardé le temps de procéder à des vérifications sur l’équipage du deuxième avion.
« Je suis encore sous le choc. J’ai du mal à croire qu’il y a quelques heures à peine, j’étais en Thaïlande, en vacances avec ma famille », a-t-il confié.
Rajuan a remercié Dieu ainsi que « tous ceux qui nous ont aidés » à survivre, insistant sur le fait qu’il n’avait pas agi seul.
« La vie est plus forte que tout, et nous avons décidé de nous battre pour elle », a-t-il déclaré. « J’ai encore du mal à croire que tout se soit terminé ainsi. Je suis très heureux d’être ici. »
Tzvika Manes, le troisième héros israélien à avoir contribué à maîtriser le copilote, est lui aussi revenu sur ces moments éprouvants lors d’une interview accordée à N12.
Manes a expliqué que sa femme a entendu des cris et des bruits de lutte provenant du cockpit alors qu’elle accompagnait leur jeune fille aux toilettes, à l’avant de l’avion.
L’épouse de Manes a alors attiré l’attention d’un membre de l’équipage de flydubai et lui a demandé d’aller vérifier ce qui se passait dans le cockpit.
À ce moment-là, le commandant de bord est tombé hors du cockpit tandis que son copilote le poignardait, a raconté Manes.
L’avion s’est alors mis à descendre en spirale de façon spectaculaire, et les passagers « ont été projetés dans les airs ».
Manes a raconté avoir fait sortir sa fille des toilettes avant de se précipiter pour neutraliser l’agresseur. Les deux autres Israéliens l’ont rejoint, tandis que Hayun est parvenu à saisir les commandes et à contribuer au redressement de l’appareil.
Il a fallu environ 20 à 25 minutes pour maîtriser le pirate de l’air présumé. Les trois Israéliens l’ont ligoté à l’aide de fils d’écouteurs.
Manes a comparé l’incident à un « film d’horreur », racontant qu’il avait pensé, à certains moments, qu’il n’en sortirait pas vivant.
Il s’est souvenu avoir entendu ses filles crier : « Nous ne voulons pas mourir », alors que l’avion plongeait, « ce qui est traumatisant à entendre pour n’importe quel père ».
« C’était une situation très difficile… mais comme nous sommes Israéliens, nous avons réagi rapidement », a-t-il déclaré à N12.
Lital Shahar, une autre passagère, a attribué sa survie, celle de ses filles et celle de tous les autres occupants de l’avion à « deux miracles ».
« C’était terrifiant dans l’avion. J’avais la nausée. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que nous avons vécu. Imaginez : je suis une mère et j’avais mes quatre filles avec moi », a confié Shahar, originaire de Givat Shmuel, au Times of Israel. « Nous étions assises assez près de l’avant, au rang 10, donc nous étions très proches et nous entendions les gens crier qu’il y avait eu des coups de couteau. »
« Il y a eu deux miracles : d’une part, la présence à bord d’Israéliens qui se sont précipités comme de vrais héros dans le cockpit… et d’autre part, celle de pilotes qui n’étaient pas en service sur ce vol et qui ont pu faire atterrir l’avion en Arabie saoudite », a raconté Shahar, visiblement soulagée.
Shahar s’est dite reconnaissante de l’accueil chaleureux réservé aux passagers à l’aéroport de Tabuk, en Arabie saoudite, après l’atterrissage d’urgence.
« Nous nous sommes tout de suite sentis en sécurité, parce qu’ils ont été vraiment formidables, accueillants et attentionnés », a-t-elle déclaré. « Il y avait énormément de soldats, d’infirmières et de médecins. Ils parlaient tous anglais et ils nous ont aidés. »
« Ils n’arrêtaient pas de nous répéter : ‘Vous êtes en sécurité maintenant’ », a ajouté Shahar.
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