Envoyé américain à l’ONU : les US ont des « discussions difficiles » avec Israël au sujet de la Cisjordanie
Dans une longue interview accordée à Foreign Policy, Mike Waltz explique que Donald Trump a rejeté la dernière offre de l’Iran, la jugeant "insuffisante", et il vante les progrès réalisés à Gaza
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Les États-Unis ont « des discussions très franches et difficiles avec le gouvernement israélien » au sujet de la Cisjordanie, a déclaré l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, dans une interview publiée mercredi.
Interrogé par le rédacteur en chef de Foreign Policy, Ravi Agrawal, Waltz a été invité à préciser quels outils l’administration Trump utilisait pour empêcher une éventuelle annexion israélienne dans la mesure où elle s’est distanciée des récentes initiatives qui ont été prises par le Royaume-Uni, la France et le Canada, initiatives qui visent à sanctionner les produits en provenance des implantations de Cisjordanie.
Waltz n’a pas cité de mesure spécifique. Il a mis en avant la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui a approuvé le plan du président américain Donald Trump pour Gaza. « Pour la toute première fois dans l’Histoire du droit international, nous disposons également d’un document qui s’oppose à toute annexion et qui indique qu’il existe une voie vers une solution à deux États, assortie de réformes appropriées », a-t-il fait remarquer.
« C’est quelque chose qui a une importance considérable. »
Israël, a-t-il noté, « est en pleine campagne électorale ; nous verrons donc ce que le peuple israélien décidera en ce qui concerne l’avenir de la région – mais le positionnement du président est clair ».
S’agissant de Gaza, Waltz a rappelé qu’il y a un an, rares étaient ceux qui croyaient que tous les otages retenus en captivité par le groupe terroriste palestinien du Hamas pourraient être remis en liberté.
« Personne ne pensait que nous parviendrions à tous les faire sortir. Nous y sommes parvenus. Tous sans exception », a-t-il expliqué.
« Pour la première fois depuis une décennie, aucun Israélien n’est retenu par le Hamas quelque part à Gaza. »
Il a ajouté que la manière dont le groupe terroriste avait utilisé les dépouilles des otages décédés « pour torturer psychologiquement ces familles a relevé de l’inhumanité la plus totale ».
« L’aide afflue – certes, elle n’est pas suffisante et il faut qu’il y en ait davantage », a reconnu Waltz. Il a énuméré un fonds de reconstruction et une Force internationale de stabilisation (ISF) qui bénéficient de contributions du Maroc, du Kosovo et de l’Albanie, ainsi qu’une police palestinienne qui est actuellement « en cours de sélection et de formation ». Il a aussi évoqué un organe de gouvernance qui prendra le relais « quand nous aurons amené le Hamas à se désarmer », ajoutant que le groupe terroriste avait signé un plan en 15 points — plan que, de son côté, Israël a rejeté, le jugeant insuffisant.
Les alternatives, a-t-il fait valoir, étaient soit « que les soldats israéliens occupent indéfiniment le territoire », soit « que le Hamas gouverne Gaza ». Il a ajouté : « Nous avons encore un long chemin à parcourir, mais je n’ai pas vu de meilleur plan présenté concernant Gaza. »
Waltz a également noté qu’il a récemment accueilli des représentants d’Israël, du Maroc et des États-Unis « afin de renforcer ces relations », faisant référence aux Accords d’Abraham.
« Les Accords d’Abraham avancent donc et nous prévoyons et nous espérons les élargir encore au cours de ce mandat », a-t-il déclaré.
« Pas assez satisfaisant »
Une grande partie de l’interview a porté sur la guerre qui oppose actuellement les États-Unis et l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est resté à New York après l’Assemblée générale des Nations unies pour des pourparlers indirects avec les États-Unis.
Il a quitté le sol américain mardi.
Waltz a indiqué qu’il n’avait pas pris part à ces discussions.
« Les Iraniens sont venus et ils ont fait une proposition, mais le président américain Donald Trump et son équipe n’ont pas jugé que c’était une très bonne proposition, pour être franc avec vous », a-t-il confié.
« Trump a dit en substance : ‘Ce n’est pas suffisant’. »
Washington, a-t-il ajouté, « ne débloquera pas l’intégralité de leurs avoirs ni ne lèvera les sanctions sur la base d’une simple promesse iranienne de commencer à discuter sérieusement de leur programme nucléaire ».
« Les Iraniens ont surjoué leur main », a estimé Waltz.
« Leur influence sur le détroit d’Ormuz diminue de jour en jour ». Il a indiqué que les États-Unis « reçoivent désormais de leurs alliés du Golfe des livraisons de pétrole qui atteignent presque les niveaux d’avant-guerre », tandis que la monnaie iranienne a atteint un niveau historiquement bas.
Il a comparé le comportement de l’Iran dans le détroit à celui de l’Espagne et du Maroc qui tenteraient d’utiliser le détroit de Gibraltar « comme moyen de pression sur le monde parce qu’ils ont un différend ». Pressé par Agrawal, il a reconnu que les États-Unis n’avaient jamais ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qu’ils accusent l’Iran de violer.
« Nous ne l’avons pas ratifiée, mais nous en respectons les principes », a-t-il affirmé.
Défendant la décision d’entrer en guerre, Waltz a dit que l’Iran suivait « exactement le scénario utilisé par la Corée du Nord », en accumulant des drones et des missiles balistiques pour rendre une action militaire contre son programme nucléaire trop coûteuse.
« Nous ne pouvions pas permettre aux Iraniens de reproduire le scénario nord-coréen », a-t-il expliqué.
« Si l’Iran procède à un essai nucléaire, l’Arabie saoudite a déjà annoncé qu’elle ferait de même. »
« Un Moyen-Orient inondé d’armes nucléaires est une perspective qui devrait effrayer chaque Américain pour la prochaine génération », a-t-il ajouté.
« Les bons présidents assurent la sécurité de cette génération ; les grands présidents assurent celle de la prochaine. »
Alors que le journaliste lui demandait si les Américains méritaient un bilan plus complet des pertes et des erreurs des États-Unis – citant les dégâts subis par les bases américaines, l’utilisation de plus d’un tiers du stock américain de missiles intercepteurs Patriot et une hausse de 40 % du prix de l’essence – Waltz a répondu : « Je ne connais aucun pays qui révèle les erreurs faites par son armée. »
Et le faire en plein conflit, a-t-il ajouté, « serait tout à fait insensé ». Concernant les munitions, il a déclaré : « Nous disposons des munitions dont nous avons besoin. »
Interrogé sur les propos tenus par Trump auprès du New York Times, au début de l’année – le président américain avait dit « ne pas avoir besoin du droit international » – Waltz a expliqué qu’ils avaient fait référence à la capture de l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.
« Bien sûr que cela a de l’importance », s’est-il exclamé, évoquant le droit international.
En ce qui concerne la région dans son ensemble, Waltz a indiqué : « Je suis très optimiste concernant le Liban ; je n’ai jamais été aussi optimiste concernant la Syrie de toute ma vie ; et l’Irak s’engage enfin dans la bonne direction. Pourquoi ? Parce que l’Iran est sur la défensive. »
Waltz avait occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de Trump pendant 101 jours avant de quitter ses fonctions l’an dernier, après qu’un journaliste a été inclus par erreur dans un groupe de discussion privé traitant des frappes américaines au Yémen. Il a ensuite été nommé ambassadeur auprès des Nations unies.
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