USA: De jeunes juifs aident leurs aînés grâce à leurs compétences informatiques
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  • Benjamin Kagan (Autorisation)
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  • Josh Ternyak codant son jeu "Covid Invaders". (Autorisation)
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  • Une capture d'écran du jeu vidéo "Covid Invaders" de Josh Ternyak. (Capture d'écran)
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  • Avi Schiffmann travaillant sur son site internet ncov2019.live. (David Schiffmann)
    Avi Schiffmann travaillant sur son site internet ncov2019.live. (David Schiffmann)

USA: De jeunes juifs aident leurs aînés grâce à leurs compétences informatiques

Les Américains de la génération numérique aident les personnes âgées à planifier les vaccinations, à accéder aux informations et à se sentir moins seules pendant la pandémie

Légende Noa Geralnik (à droite) avec sa camarade de Better Together Rae Sampson (Autorisation)

Noah Bennett, étudiant à l’université George Washington, a passé ses nuits et ses jours à programmer des centaines de rendez-vous pour la vaccination contre la COVID pour des personnes âgées de la région de Washington DC, de la Virginie et du Maryland.

Les rendez-vous pour le déploiement chaotique du vaccin aux États-Unis doivent être pris en ligne, et pour les personnes qui ne sont pas à la pointe de la technologie, le processus est presque impossible. Sans l’aide de Bennet, 22 ans, et d’autres étudiants de la région, de nombreuses personnes éligibles pourraient ne pas recevoir le vaccin.

« Nous le ferons aussi longtemps qu’il le faudra », a dit Bennet, étudiant en philosophie.

Bennett est l’un des principaux participants au Vaccine Sign-Up Support Project, un partenariat entre GW Hillel et le Edlavitch DCJCC. Il a entrepris de mettre en relation des centaines de bénévoles avec des personnes âgées qui demandent une aide pour planifier leur vaccination. Lorsqu’il trouve une correspondance, il envoie un courriel au bénévole concerné, lui demandant de contacter la personne âgée dans les 48 heures et de commencer à chercher un rendez-vous en ligne.

La prise de rendez-vous pour la vaccination n’est qu’une des nombreuses façons dont les lycéens et étudiants ont mis leurs compétences technologiques au service des autres pendant la pandémie. Ils ont tout fait, de la formation des personnes âgées à l’utilisation de Zoom à la création de jeux informatiques liés au COVID, en passant par la création de sites web d’information consultés régulièrement par des millions de personnes dans le monde.

Le Times of Israel s’est entretenu avec des membres de la génération numérique pour découvrir un échantillon de projets spéciaux menés par le COVID.

Un jeune prodige suit la propagation du COVID

Avi Schiffmann lors de la conférence La Ciudad de las Ideas au Mexique. (Autorisation)

Avi Schiffmann de Seattle est probablement le premier adolescent féru de technologie à avoir été reconnu pour une initiative liée au Covid. Il y a un an, Schiffman a mis à profit ses compétences pour créer ncov2019.live, un site qui suit à la trace le parcours du nouveau coronavirus dans le monde. Il a appris à coder en regardant des vidéos sur YouTube et en prenant part à des salles de chat en ligne.

« Aujourd’hui, c’est devenu facile d’obtenir des informations sur le virus, mais mon site reste l’un des traceurs de Covid les plus fréquentés… Mon site est utilisé par d’innombrables scientifiques et gouvernements étrangers. Les familles vont l’utiliser pour vérifier l’état du pays dans lequel vivent certains de leurs proches », a expliqué Schiffman au Times of Israël.

Schiffman, qui a 18 ans et est élève de terminale, a souligné que son site propose davantage d’informations et dispose d’une interface plus facile d’utilisation. Heureusement, il peut désormais suivre la propagation de la maladie et de la mort mais aussi les statistiques de la vaccination.

« J’ai également beaucoup plus de sources, de manière générale. Il y a plus de 250 sites de scraping, ce qui est très difficile à gérer… Ça a été très stressant et beaucoup de pression, notamment face au trafic », a-t-il dit.

Quand le Times of Israël a interviewé Schiffman en mars 2020, son site comptait déjà 12 millions de vues depuis son lancement en décembre 2019. Un an plus tard, Schiffman fait état de centaines de millions de vue, et fin avril, il comptait 30 millions de visiteurs en un jour. Et malgré le ralentissement du trafic ces derniers temps, le site reçoit quelques centaines de milliers de visites chaque jour.

Capture d’écran du 17 mars 2021 du site de suivi du COVID ncov2019.live d’Avi Schiffmann. (Capture d’écran)

Les compétences de Schiffman en codage et son dévouement sans limite lui ont attiré l’attention et l’appréciation à l’internationale. Il a été nommé personne de l’année aux Webby Awards 2020. Cette reconnaissance lui a été remise par le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses et principal conseiller médical du président.

Le jeune adolescent a également été invité à parler devant des milliers de personnes à une conférence à Mexico et à participer à une levée de fonds avec des titans du high-tech, notamment Bill Gates et Jeff Bezos. Schiffman a toutefois déclaré qu’il a pris énormément de plaisir à parler codage dans des vidéo-conférences avec des classes dans d’autres pays.

Malgré les exigences liées à l’optimisation de son site web sur la COVID, Schiffmann a trouvé le temps de créer deux autres sites liés à d’autres événements clés de 2020. WhoTo.Vote regroupe les positions des candidats, et 2020Protests fournit une source centralisée pour les manifestations organisées dans chaque État, les heures de couvre-feu, les pétitions et des ressources éducatives.

« J’ai travaillé avec des étudiants en ligne dans le monde entier, et résolu des problèmes tels que les fuseaux horaires et la barrière de la langue, les normes culturelles et les personnalités », a raconté Schiffman.

Aider à la prise de rendez-vous

Lily (à gauche) et Ava Weinstein tenant des échantillons des prospectus qu’elles ont distribués. (Autorisation)

Bennett, de l’université de George Washington, a déjà travaillé avec des « données compliquées et ennuyeuses » à l’époque où il travaillait pour la protection des électeurs au sein du parti démocrate en Floride.

Mais cela n’a pas été le cas d’autres personnes qui ont aidé à inscrire des personnes âgées pour leurs vaccins. Pour la jeune génération, apprendre de nouvelles astuces technologiques sur le tas est tout simplement une seconde nature.

« Nous sommes des adolescents normaux », a dit Lily Weinstein, âgée de 15 ans et élève de troisième à Roslyn, dans l’Etat de New York, qui a travaillé avec sa sœur Ava pour programmer des rendez-vous.

« Je ne dirais pas que nous sommes spécialement douées. C’est juste que l’on passe nos journées sur nos téléphones », a fait remarquer Ava, qui a 16 ans et est élève en classe de Seconde.

Elles ont découvert qu’il fallait surtout faire preuve de patience et de persévérance.

« Je ne dirais pas que nous sommes spécialement douées. C’est juste que l’on passe nos journées sur nos téléphones »

Les deux sœurs ont pris conscience de la difficulté que rencontre les seniors à naviguer dans le système en ligne décousu lorsque leurs grands-parents octogénaires (qui n’ont pas d’ordinateur à la maison) tournaient en rond alors qu’ils essayaient de prendre rendez-vous début janvier

Les filles sont arrivées à la rescousse et ont ensuite fait savoir aux voisins de leurs grands-parents qu’elles étaient à leur disposition. Elles ont distribué 30 prospectus et avant même d’avoir quitté le bâtiment, elles étaient assaillies de demandes d’aide.

Benjamin Kagan, élève de première du lycée de Chicago. (Autorisation)

Elles ont rapidement appris quels sites web d’État, de cliniques médicales et de pharmacies ils devaient consulter. Elles ont également compris quelles informations exactes elles devaient recueillir auprès des personnes âgées pour fixer efficacement les rendez-vous.

Elles ont réussi à prendre plus d’une centaine de rendez-vous et tiennent une liste d’attente pour 500 personnes qui attendent encore. Heureusement, elles peuvent compter sur l’aide de jeunes associés au groupe Habad local et aux centres communautaires juifs qui ont pris part à l’initiative.

Le jeune lycéen de Chicago Benjamin Kagan a lancé une opération encore plus grande et a réussi a programmer plus d’un millier de rendez-vous, dont 215 qu’il a pris lui-même.

Comme les sœurs Weinstein, Kagan, âgé de 15 ans, a décidé d’aider les personnes âgées à se faire vacciner après avoir aidé ses grands-parents à obtenir leur rendez-vous en janvier.

Noah Bennett, étudiant en philosophie à l’Université George Washington. (Autorisation)

Il a rejoint le groupe Facebook Chicago Vaccine Hunters, fort de
50 000 membres auprès duquel il a pris conseil. Il a rapidement ouvert un sous-groupe, qu’il a appelé Chicago Vaccine Angels. Kagan administre le groupe d’une cinquantaine de bénévoles, tous adultes, sauf lui.

« Nous sommes tellement connus que nous n’avons pas besoin de faire de pub. Nous croulons sous les demandes », a dit Kagan.

Il a mis au point un système qui canalise les informations de sort qu’il ne soit pas dépassé. Et pourtant, il consacre en moyenne six heures par jour à ce projet et reste souvent debout à minuit, quand les créneaux de rendez-vous sont publiés.

Selon Kagan, certains employés de cliniques le connaissent et l’appellent pour lui dire lorsqu’il reste des doses inutilisées ou que des créneaux se libèrent.

« J’ai été dans une clinique rencontrer des gens que j’avais aidé. Ils étaient ravis et si reconnaissants. »

« J’ai été dans une clinique rencontrer des gens que j’avais aidés. Ils étaient ravis et si reconnaissants », a dit Kagan.

Bennett a déclaré qu’il était ému par les courriels reconnaissants qu’il recevait des personnes âgées, mais qu’il était en même temps consterné par le fait que c’était aux étudiants de faire ce que le gouvernement fédéral et l’État n’avaient pas réussi à faire, alors qu’ils avaient eu un an pour planifier.

« On peut faire voler des voitures, mais on ne peut pas concevoir un système de planification des vaccins pour sauver des vies », déplore Ava Weinstein.

A la recherche de liens humains, mais virtuellement

Carson Fruman est bénévole au Tech-Knowledge Hub à Baltimore. (Autorisation)

Carson Fruman a découvert que de nombreux seniors disposent d’ordinateurs mais qu’ils avaient besoin d’aide pour les utiliser.

Un bénévole du Tech-Knowledge Hub de lEdward A. Myerberg Center à Baltimore, Fruman, 17 ans, aide des personnes âgées via Zoom à résoudre de menus défis technologiques.

« De nombreux seniors ont du mal avec internet, notamment avec leurs mails, mais aussi à organiser les éléments sur leur bureaux, les dossiers et les fichiers », a-t-il dit.

Fruman a raconté au Times of Israël que l’interaction – bien qu’à distance – avec les personnes âgées était cruciale face à l’isolation imposée par la pandémie

« De nombreux seniors se sentent seuls, donc je leur demande de me parler de leur journée ou de ce qu’ils veulent. Ils apprécient mon aide et aiment avoir quelqu’un à qui parler », a-t-il dit.

Noa Geralnik, élève de première à la Beren Academy de Houston, se languit de son amie Rae Sampson, âgée de 93 ans. Elles avaient l’habitude de se réunir régulièrement dans le cadre du programme intergénérationnel Better Together.

Noa Geralnik (à droite) avec sa camarade de Better Together Rae Sampson (Autorisation)

Durant la pandémie, Geralnik et Sampson s’envoyaient des « buddy boxes ». Au lieu de partager une activité, Geralnik envoyait à Sampson une boîte contenant une lettre, du matériel pour un projet et une version finie. La boîte contenait également une carte de vœux (avec un écran LCD) dans laquelle Geralnik téléchargeait une vidéo d’elle-même en train de réaliser le projet.

« Rae n’avait qu’à ouvrir la carte et la vidéo se lançait », a expliqué Geralnik.

Josh Ternyak, de Plymouth dans le Minnesota, a utilisé ses talents de codeur pour développer un jeu vidéo gratuit auquel les personnes de tous âges peuvent jouer et s’amuser. Encouragé par son ami Roman Peysakhovich, Ternyak a modélisé « Covid Invaders » sur le modèle du classique « Space Invaders ». Mais ici, vous devez tirer des vaccins d’une seringue sur des coronavirus qui se déplacent rapidement.

Josh Ternyak codant son jeu « Covid Invaders ». (Autorisation)

Ternyak, 16 ans, a déjà créé des sites web, mais c’était sa première tentative de création d’un jeu vidéo.

« J’ai été très heureux qu’il devienne viral. Il a eu 100 utilisateurs le premier jour où je l’ai lancé, à la mi-décembre, et en deux semaines, il a eu jusqu’à 1 000 utilisateurs par jour », a-t-il déclaré.

Ternyak considère le jeu comme quelque chose de « cool et amusant » à faire. C’est un moyen d’exprimer sa frustration à l’égard du virus tout en restant assis devant son ordinateur, peut-être pendant un confinement

« Et cela célèbre le fait que nous ayons un vaccin si rapidement. Cela ne s’est pas passé comme ça avec la pandémie de [grippe espagnole] il y a 100 ans », a comparé Ternyak.

Une capture d’écran du jeu vidéo « Covid Invaders » de Josh Ternyak. (Capture d’écran)
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