Washington s’abstient de condamner le meurtre de l’un de ses citoyens par des extrémistes juifs

Interrogé sur le meurtre de Nasrallah Abu Siyam, 19 ans, en Cisjordanie, le Département d'État répond qu'il n'y a 'aucune priorité plus importante' que la sécurité des Américains et qu'il 'surveille' la situation

Les funérailles de l'Américano-palestinien Nasrallah Muhammad Abu Siyam, 19 ans, abattu par des extrémistes juifs, à Mukhmas, en Cisjordanie, à l'est de Ramallah, le 19 février 2026. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

Samedi, l’administration du président américain Donald Trump a déclaré être « au courant » du meurtre d’un Palestino-Américain par des extrémistes juifs en Cisjordanie, quelques jours plus tôt, mais a évité de condamner cette attaque.

Interrogé sur le meurtre de Nasrallah Abu Siyam, 19 ans, tué lors d’une attaque armée menée par des extrémistes juifs dans le village palestinien de Mukhmas, en Cisjordanie, un porte-parole du Département d’État américain a affirmé que la sécurité des citoyens américains était la priorité absolue de l’administration.

« Nous sommes au courant du décès d’un citoyen américain en Cisjordanie », a poursuivi le porte-parole.

« Nous suivons de près la situation et sommes prêts à fournir une assistance consulaire. »

« Par respect pour la vie privée de la famille et des proches en cette période difficile, nous n’avons pas d’autres commentaires à faire pour le moment », a-t-il ajouté.

L’administration Trump a largement évité de commenter la violence des extrémistes juifs en Cisjordanie.


Les rares exceptions concernaient certains cas impliquant des citoyens américains, mais ce n’est pas le cas cette fois-ci.

Des habitants de Mukhmas cités par la chaîne publique Kan ont déclaré qu’Abu Siyam avait été abattu quand une trentaine de résidents d’implantations masqués, dont certains étaient armés, ont fait irruption dans des granges palestiniennes et ont volé 380 têtes de bétail, alors que les bergers palestiniens tentaient de les repousser. Outre Abu Siyam, quatre Palestiniens ont été blessés lors de cette attaque.

Le journal Haaretz a cité un témoin qui a déclaré que les résidents d’implantations avaient encerclé Abu Siyam après qu’il a été abattu, « l’avaient frappé avec des bâtons et des pierres, et l’avaient presque tué. Ils se sont comportés comme des animaux, ils n’avaient aucune humanité ».

Les soldats qui sont arrivés sur les lieux « les ont regardés sans rien faire, sauf nous lancer des gaz lacrymogènes. C’était horrible », a poursuivi cette personne, ajoutant que l’armée avait ordonné aux Palestiniens de quitter les granges.

Des affiches portant le nom et la photo de l’Américano-palestinien Nasrallah Abu Siyam, 19 ans, qui, selon le ministère palestinien de la Santé, a été abattu par des extrémistes juifs, à Mukhmas, en Cisjordanie, à l’est de Ramallah, le 19 février 2026. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

Interrogée à ce sujet, l’armée a répondu que des troupes avaient été envoyées à Mukhmas mercredi « à la suite d’un rapport faisant état d’émeutes et d’affrontements violents, notamment des jets de pierres », et que plus tard, « une autre force était arrivée sur les lieux et avait utilisé des moyens de dispersion des émeutes pour rétablir l’ordre ».

L’armée a déclaré avoir reçu par la suite des informations faisant état de tirs de la part de « suspects », qui ont blessé plusieurs Palestiniens.

Selon l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), Wafa, Abu Siyam est la première personne tuée par des extrémistes juifs en Cisjordanie en 2026, et la 37ᵉ depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Il était également au moins le sixième citoyen américain à être tué en Cisjordanie par les troupes israéliennes ou des résidents d’implantations depuis le 7-Octobre.

Haleema Ayyad, mère de Khamis Ayyad, Palestinien-Américain assassiné, tenant un téléphone portable avec la photo de son fils dans la maison familiale à Silwad, à l’est de Ramallah, le 31 juillet 2025. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

Début 2024, les adolescents d’origine américaine Tawfic Abdel Jabbar et Mohammad Khdour ont été tués par des tirs israéliens alors qu’ils circulaient en Cisjordanie.

En avril 2025, Amer Rabee, un adolescent de 14 ans originaire du New Jersey, a été abattu d’au moins neuf balles dans la tête par les forces israéliennes, selon son père.

En juillet 2025, deux Palestiniens américains ont été tués lors d’attaques distinctes menées par des résidents d’implantations : Saif Musallet, 20 ans, a été battu à mort alors qu’il rendait visite à sa famille dans la ville de Sinjil ; Khamis Ayyad, 41 ans, originaire de Chicago, est mort intoxiqué par la fumée après que des résidents d’implantations auraient incendié sa maison en Cisjordanie.

Mike Huckabee, l’ambassadeur américain en Israël, dans une rare condamnation directe, avait exigé qu’Israël enquête sur le meurtre de Musallet, le qualifiant « d’acte criminel et terroriste ». Toutefois, les autorités israéliennes n’ont toujours pas arrêté de suspect en lien avec cette affaire.

Les attaques perpétrées par des résidents d’implantations contre des Palestiniens en Cisjordanie, qui se sont intensifiées depuis que le Hamas a tué plus de 1 200 personnes et enlevé 251 otages le 7-Octobre, se produisent presque quotidiennement, les suspects étant rarement arrêtés et les poursuites encore plus rares.

Le mois dernier, Tsahal a révélé que le nombre d’attaques perpétrées par des extrémistes juifs contre des Palestiniens et des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie avait augmenté de 27 % tout au long de l’année 2025.

Le nombre de « crimes nationalistes » commis par des extrémistes et classés comme des actes de terrorisme par les services de sécurité israéliens a également augmenté de plus de 50 %, selon les données de l’armée et de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

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