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Le père d’un Américano-palestinien tué en Cisjordanie se tourne vers Washington

Né en Floride, Saif Musallet a été roué de coups par des résidents d'implantations ; son père Kamel compte sur la pression internationale pour prévenir d'autres tragédies

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Des personnes aux funérailles des Américains d'origine palestinienne Saif Musallet, 20 ans, et Mohammed al-Shalabi lors de leurs funérailles dans le village d'Al-Mazraa ash-Sharqiya en Cisjordanie, le dimanche 13 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)
Des personnes aux funérailles des Américains d'origine palestinienne Saif Musallet, 20 ans, et Mohammed al-Shalabi lors de leurs funérailles dans le village d'Al-Mazraa ash-Sharqiya en Cisjordanie, le dimanche 13 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)

La dernière fois que Kamel Musallet a parlé à son fils Sayfollah, 20 ans, Américain d’origine palestinienne, celui-ci lui a parlé d’un souhait qu’il exprimait souvent.

« Il n’arrêtait pas de me dire : ‘Papa, je veux me marier’ », racontait Kamel récemment. « Ce fut notre dernière conversation : il voulait se marier. »

L’appel avait eu lieu alors que Kamel se trouvait chez lui, en Floride, tandis que Sayfollah, entrepreneur en herbe dans le domaine des crème glacées, visitait le village natal de son père, près de Ramallah.

Quelques jours plus tard, Kamel retournait en Cisjordanie pour enterrer son fils, tué vendredi lors d’un affrontement entre Palestiniens et résidents d’implantations israéliennes.

L’incident, au cours duquel un second Palestinien, Mohammad Shalabi, 23 ans, a également été tué, a attiré l’attention de la communauté internationale en raison du passeport américain de Musallet. Il a exposé une réalité de violence endémique qui sévit dans cette région, que les autorités israéliennes sont accusées par leurs détracteurs de laisser se propager, voire d’encourager.

L’affaire a également soulevé des interrogations troublantes concernant la durée de l’affrontement et la brutalité de la mort de Musallet. Selon des témoins, le jeune homme aurait été violemment battu par des résidents d’implantations. Il serait décédé quelques heures plus tard. Selon ces mêmes sources, des soldats israéliens auraient empêché les secours de parvenir jusqu’à lui.

« C’était juste un gamin qui voulait vivre », confiait Kamel Musallet au Times of Israel cette semaine.

Sayfollah Musallet, un Américain d’origine palestinienne qui aurait été battu à mort par des implantations en Cisjordanie le 11 juillet 2025. (Crédit : X ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Mardi, l’ambassadeur américain Mike Huckabee a déclaré avoir demandé à Israël « d’enquêter de manière approfondie sur l’assassinat de M. Musallet ».

« Les responsables de cet acte criminel et terroriste doivent rendre des comptes. Sayfollah n’avait que 20 ans », a-t-il écrit sur X.

Cette intervention fait suite à une prise de position de la famille de Sayfollah Musallet, qui a appelé samedi le département d’État américain à lancer immédiatement une enquête et à tenir pour responsables les auteurs de ce crime, en invoquant sa citoyenneté américaine.

Sayfollah Musallet est né et a grandi à Port Charlotte, en Floride, une ville tranquille de maisons basses et de canaux sur la côte ouest de l’État, à environ 90 minutes au sud de Saint-Pétersbourg.

En 2024, il s’est installé à Tampa, où il a acheté une succursale du magasin de glaces Ice Sssscreamin’, devenu un lieu apprécié des étudiants de l’Université de Floride du Sud, selon le Tampa Bay Times.

Ice Sssscreamin’ à Tampa, en Floride. (Crédit : Capture d’écran/Google Street View)

Il y a environ un mois, il a décidé de faire une pause pour rendre visite à sa famille à al-Mazraa ash-Sharqiya, la ville palestinienne où a grandi son père. Il prévoyait de retourner en Floride plus tard dans l’été, avec l’ambition de développer davantage son commerce de glaces.

Mais vendredi, il est devenu la dernière victime de la violence des résidents d’implantations, lors d’un affrontement qui a coûté la vie à deux Palestiniens, et fait plusieurs blessés parmi les Palestiniens ainsi que deux du côté israélien.

Selon des témoins, des membres de la famille et des médias palestiniens, la situation a commencé à s’envenimer à l’approche de Palestiniens d’un avant-poste illégal situé entre Sinjil, Al‑Mazraa ash‑Sharqiya et Jiljilya, alors qu’ils tentaient d’accéder à leurs terres.

Le maire de Sinjil, Muataz Twafsha, a expliqué au Times of Israel que l’avant-poste avait été établi il y a deux mois et que les résidents revendiquaient 600 hectares de terres du village.

Des pierres éparpillées sur une route bloquant l’accès aux Palestiniens dans le village de Sinjil en Cisjordanie, le mercredi 9 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)

« Tous ceux qui tentent d’accéder à leurs terres sont attaqués. Ils jettent des pierres, ils nous battent, ils tirent. Ce sont des terroristes », a-t-il déclaré.

Une semaine avant l’incident, des Palestiniens de la région avaient incendié des structures d’un avant-poste improvisé installé sur une colline près de Sinjil, et prévoyaient d’organiser une marche de protestation. Malgré des affrontements avec des résidents d’implantations qui lançaient des pierres, une escalade majeure de la violence avait alors pu être évitée.

Cette fois-ci, l’affrontement a dégénéré. Selon plusieurs témoins, des résidents d’implantations sont descendus vers les habitations palestiniennes et ont attaqué les habitants.

Dans un communiqué publié samedi, le conseil régional de Binyamin, l’autorité israélienne compétente dans la région, a présenté l’incident comme une attaque contre des bergers juifs menée par « des dizaines de terroristes et d’émeutiers arabes ».

« Ils ont brûlé et vandalisé du matériel, ainsi qu’un livre de Torah et ont blessé deux bergers », peut-on lire dans le communiqué.

Un olivier brûle dans un village palestinien, près de la ville de Sinjil, en Cisjordanie, le 11 juillet 2025. (Crédit : Maya Alleruzzo/AP)

Des images de l’incident montrent des résidents d’implantations et des Palestiniens se jetant des pierres. Dans une vidéo, des individus masqués à bord d’un véhicule israélien lancent des pierres sur une voiture palestinienne, dont ils brisent les vitres.

Selon des sources palestiniennes ayant parlé au Times of Israel, outre les deux morts, des dizaines de Palestiniens des villages voisins ont été blessés, certains nécessitant une hospitalisation. La police israélienne a de son côté indiqué que deux résidents d’implantations avaient été blessés, dont un à la tête.

Musallet raconte que, selon les témoignages qu’il a recueillis, son fils Sayfollah s’était rendu, avec d’autres Palestiniens, sur un terrain où sa famille possédait des terres. À son arrivée, les résidents d’implantations n’étaient pas encore présents, mais ils sont rapidement apparus.

À un moment, Sayfollah aurait été séparé du groupe et il aurait été « passé à tabac et lapidé », selon son père, bien qu’il ne soit pas certain que la scène ait été directement observée.

Gravement blessé, Sayfollah a été retrouvé plus tard, d’abord par deux Palestiniens, puis par son petit frère, lui aussi arrivé récemment de Floride.

« Il vomissait, il ne réagissait pas, mais il respirait encore », a déclaré Kamel Musallet.

Kamel Musallet. (Crédit : Capture d’écran : X/Zeteo)

Les secours ont été alertés, mais, selon le père, l’armée israélienne aurait bloqué l’accès des ambulances pendant des heures. L’incident s’est déroulé en zone B de Cisjordanie, où l’Autorité palestinienne exerce une compétence civile, mais où la sécurité reste placée sous le contrôle de l’armée israélienne.

« Ils ont dit que cela nécessitait une coordination », a-t-il expliqué. « Pourquoi ? C’est notre terre. »

Selon lui, il aura fallu près de trois heures à l’ambulance pour atteindre son fils.

« Je suis convaincu à 100 % que s’ils étaient parvenus jusqu’à lui plus tôt, il aurait été sauvé », a-t-il affirmé. « Si une ambulance arrive dans les 10 ou 20 minutes, elle peut pratiquer un massage cardiaque, administrer les médicaments nécessaires… Mais après trois heures, c’est trop tard. Il a souffert très longtemps. »

Selon Musallet, une fois l’ambulance autorisée à s’approcher, elle n’a toutefois pas pu accéder directement à la colline où son fils agonisait. Les secouristes ont dû garer leur véhicule en contrebas et monter à pied avec un brancard jusqu’au sommet.

Des personnes portent le corps de Sayfollah Musallet, citoyen américain et palestinien, lors de ses funérailles dans le village palestinien d’Al-Mazraa Ash-Sharqiya, en Cisjordanie, le 13 juillet 2025. (Crédit : JOHN WESSELS/AFP)

Lorsqu’ils sont finalement parvenus jusqu’à Sayfollah, il était déjà trop tard.

« Sayfollah a rendu son dernier souffle juste avant qu’ils ne l’atteignent », a déclaré Musallet, en se fondant sur le témoignage de son fils cadet, resté aux côtés de Sayfollah, inconscient, pendant la majeure partie de l’attente.

Selon les médias palestiniens, des résidents d’implantations auraient également brisé les vitres d’une ambulance palestinienne arrivée sur les lieux pour évacuer les blessés.

Twafsha a affirmé que les ambulanciers auraient aussi pu sauver la deuxième victime, al-Shalabi, qui a été tué par balle entre Sinjil et Jiljilya. Son corps n’a été retrouvé que tard dans la soirée, plus de 22 heures après les faits.

Tsahal n’a pas répondu à la demande du Times of Israel concernant les accusations selon lesquelles des ambulances auraient été empêchées d’accéder aux victimes.

Selon les informations publiées, aucun soldat israélien ne se trouvait sur place au moment des attaques contre Musallet et al-Shalabi. Aucune image ne montre, à ce que l’on sache, le moment du meurtre ni ce qui s’est passé immédiatement après.

Des résidents d’implantations lançant des pierres, visiblement lors d’affrontements avec des Palestiniens dans la ville de Sinjil, en Cisjordanie, le 11 juillet 2025. (Crédit : Capture d’écran/Al-Jarmaq News)

L’armée israélienne a indiqué qu’en réponse à l’incident, des soldats, policiers et agents de la Police des frontières avaient été dépêchés sur les lieux après des signalements de « frictions entre Israéliens et Palestiniens », et qu’ils avaient « pris des mesures pour faire cesser les troubles ».

« La police israélienne a procédé à plusieurs arrestations parmi les Israéliens et les Palestiniens impliqués dans les heurts. Pour participation à des incidents violents. Une enquête conjointe a été ouverte par la police israélienne et la division des enquêtes criminelles de la police militaire. Un réserviste a été interrogé et relâché après l’interrogatoire. Aucun autre détail ne peut être fourni à ce stade ».

Quand l’État regarde ailleurs

Deux mineurs israéliens ont été arrêtés à la suite de l’attaque, bien qu’aucun d’eux ne soit soupçonné des meurtres. Ils ont depuis été assignés à résidence.

La police a également arrêté deux activistes israéliens de gauche, relâchés sans inculpation le soir même, ainsi qu’un Palestinien nommé Abdallah, détenu pendant cinq jours avant d’être libéré sans charges mardi.

Jonathan Pollak, activiste bien connu et l’un des deux Israéliens arrêtés, a affirmé avoir vu de ses propres yeux des soldats de l’armée rester aux côtés de résidents d’implantations plusieurs heures après le début des violences, sans intervenir.

Il a ajouté qu’après son arrestation, il avait observé les troupes israéliennes laisser les résidents d’implantations quitter la zone en convoi, sans qu’aucun d’eux ne soit interpellé.

Le militant israélien Jonathan Pollak sort du tribunal de Jérusalem. Il a été arrêté dans le cadre d’une campagne juridique par Ad Kan, le 15 janvier 2020. (Photo de Yonatan Sindel/Flash90)

« Il ne pouvait s’agir que de ceux qui avaient participé au lynchage », a-t-il affirmé. « Et tout le monde était là – l’armée, la Police des frontières – en train de se disputer pour savoir qui nous emmènerait au poste. Personne n’a envisagé d’arrêter ces résidents d’implantations, ni même de les interroger. Cela se passait bien après que l’on a su qu’un pogrom avait eu lieu. Je ne sais pas encore si l’on savait qu’il y avait eu un mort, mais on savait déjà qu’un pogrom avait été commis. »

Pollak a expliqué s’être rendu dans la région vendredi après-midi pour aider à protéger une famille palestinienne vivant à proximité de l’avant-poste, entre Sinjil et Jiljilya.

« Les résidents d’implantations ont pris cette famille pour cible à plusieurs reprises. Ces derniers mois, des résidents d’implantations de la même zone ont aussi expulsé une communauté bédouine locale », a-t-il indiqué. « On nous a dit que des résidents d’implantations se trouvaient sur la colline au-dessus, qu’ils attaquaient des Palestiniens et avaient volé le bétail d’une famille. »

Pollak a précisé que lui-même et deux autres militants avaient escaladé la colline pour comprendre ce qui se passait. Ils y ont croisé un homme âgé, qui, selon eux, avait été percuté par une camionnette conduite par un résident d’implantation. Il était aidé par Hmeida pour s’éloigner de la zone.

« Soudain, des résidents d’implantations sont descendus de la colline. Ils étaient 10 ou 15. Nous étions cinq : deux Palestiniens – dont l’un était blessé – et trois activistes israéliens. Les résidents d’implantations avaient des matraques noires comme celles de la police ; certains étaient masqués, d’autres non. Ils ont attaqué le Palestinien qui portait le blessé, puis moi. »

Des soldats surveillent des Palestiniens en train de récolter les olives, durant la saison annuelle, dans le village de Qusra, en Cisjordanie, au sud de Naplouse, le 15 octobre 2024. (Crédit : Flash90)

Des soldats sont arrivés peu après, mais selon Pollak, ils ne sont pas intervenus contre les agresseurs. Un activiste a réussi à aider le Palestinien blessé à quitter les lieux, mais Pollak, un autre militant et Hmeida ont été retenus. Seul ce dernier a été menotté.

« Les soldats ont dit aux résidents des implantations de quitter les lieux. Personne n’a été arrêté », a-t-il rapporté. « L’armée et les résidents d’implantations font partie du même système, un mécanisme bien rodé, tous au service d’une politique claire : expulser les Palestiniens de leurs terres. »

Ils veulent notre terre, ils veulent nous tuer

Twafsha, le maire de Sinjil, a déclaré au Times of Israel que la vie dans sa communauté s’était considérablement détériorée depuis le début de la guerre à Gaza, il y a près de deux ans.

La ville se trouve dans une zone au nord de Ramallah où l’activité des implantations s’est intensifiée ces derniers mois, avec des signalements de résidents d’implantations attaquant des Palestiniens, incendiant des propriétés et intimidant ceux qui tentent d’accéder à leurs terres agricoles, dans des zones où les implantations se sont multipliées. Lors de l’attaque de vendredi, des résidents d’implantations ont incendié des bâtiments et des véhicules à Sinjil et à al-Mazraa ash-Sharqiya, a-t-il précisé.

Saber Asaleyeh, 74 ans, examine les carcasses calcinées de véhicules incendiés lors d’une attaque de résidents d’implantations israéliennes, dans le village de Burqa, à l’est de Ramallah, en Cisjordanie, dans la nuit du 15 juillet 2025. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

« Il n’y a jamais eu d’implantations sur ces terres qui entourent nos maisons. Depuis le début de la guerre, quatre avant-postes ont vu le jour autour de Sinjil, sur des terres palestiniennes privées », a affirmé Twafsha. « Les Palestiniens ne sont pas autorisés à accéder à ces terres. Tout Palestinien qui tente de s’approcher est soit arrêté au prétexte de l’état d’urgence dû à la guerre, soit battu par les résidents d’implantations. Nous vivons dans une prison à ciel ouvert. À l’est, des implantations. À l’ouest, des implantations. »

Israël a récemment érigé une haute barrière coupant certaines parties de Sinjil de la route 60, qui traverse toute la Cisjordanie du nord au sud et est empruntée tant par les Israéliens que par les Palestiniens. L’armée a déclaré que cette barrière avait été installée pour protéger l’autoroute Ramallah-Naplouse « en raison d’incidents terroristes récurrents dans la zone ».

Twafsha a indiqué que l’accès au village avait été réduit à une seule ouverture dans la barrière. L’armée soutient qu’il existe toujours un « accès libre », mais le maire conteste cette affirmation et accuse Israël d’imposer une « punition collective » à la localité.

Une section de la barrière construite par Tsahal entoure le village de Sinjil en Cisjordanie, mercredi 9 juillet 2025. (Crédit : Leo Correa/AP)

« Certains jours, l’armée ouvre le passage, d’autres, elle le laisse fermé », a-t-il déclaré à propos de la dernière porte encore accessible. « Il n’y a pas de [groupe terroriste palestinien du] Hamas à Sinjil. Il n’y a jamais eu de tirs d’ici, ni contre les habitants des implantations ni contre l’armée. Mais ils veulent s’emparer de nos terres, nous chasser et nous faire mourir. »

Mardi, Thameen Al-Kheetan, porte-parole du bureau des droits de l’ONU, a déclaré que 757 attaques de résidents d’implantations israéliennes avaient été recensées en Cisjordanie au premier semestre 2025, soit une augmentation de 13 % par rapport à la même période l’an dernier.

Ces attaques ont blessé 96 Palestiniens pour le seul mois de juin, a-t-il précisé aux journalistes, ajoutant qu’il s’agissait du chiffre mensuel le plus élevé « depuis plus de vingt ans ».

Bien qu’il vive désormais loin, Musallet a exprimé sa frustration et son désespoir face aux attaques des résidents d’implantations.

« Ils mettent le feu aux habitations, ils mettent le feu aux arbres. Et pourquoi ? Dans quel but ? » a-t-il demandé. « Je veux que la pression internationale et les organisations mondiales fassent cesser cela. »

Des résidents d’implantations masqués lançant des pierres sur des Palestiniens depuis le sommet d’une colline, dans le village de Sinjil, en Cisjordanie, le 4 juillet 2025. (Crédit : John Wessels/AFP)

Musallet espère que la citoyenneté américaine de son fils permettra d’accentuer la pression internationale, a-t-il confié au Times of Israel.

« Nous ne pouvons pas ramener notre fils, il est désormais sous terre. Mais je ne veux pas d’autres morts. Pourquoi les États-Unis, avec tout leur poids, ne peuvent-ils pas agir pour empêcher les résidents d’implantations de venir ici ? C’est cela qui compte », a-t-il déclaré. « Nous ne voulons plus de violences commises par les résidents d’implantations. »

La mort de citoyens américano-palestiniens en Cisjordanie aux mains de soldats israéliens a, par le passé, suscité des déclarations publiques de Washington, notamment des appels à des enquêtes et, dans de rares cas, à des indemnisations. En revanche, lorsqu’il s’agit de meurtres impliquant des civils israéliens – et non des soldats –, il n’existe aucun précédent d’indemnisation par l’État ni d’enquête officielle approfondie.

Musallet insiste sur le fait qu’il ne cherche pas de compensation.

« Je veux que le massacre cesse. Je ne veux plus voir mourir de jeunes hommes. Aucun argent ne me ramènera mon fils. »

Il s’interrompt un instant pour parler à son fils cadet, qui, quelques jours plus tôt, a vu son grand frère mourir sous ses yeux alors que des secouristes, qui auraient pu arriver bien plus tôt, gravissaient la colline desséchée de Cisjordanie. Un grand frère qui ne rêvait que de se marier et de servir des glaces à des étudiants américains.

« Après la mort de mon fils, ma vision a changé. Chaque moment passé avec ses enfants est précieux », dit-il. « Même s’ils vous agacent, soyez patients. C’est mon conseil. On pense toujours que ce sont les enfants qui nous enterreront. On n’imagine jamais qu’on doive enterrer les siens. »

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