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Washington somme Israël d’enquêter sur le « meurtre » d’un Palestino-Américain en Cisjordanie

Cet appel de l'envoyé US sur les violences des Israéliens radicaux est le premier en son genre ; un représentant de la police dit ignorer que quelqu'un avait été tué

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Saif al-Din Kamil Abdul Karim Musalat, un Palestino-Américain qui aurait été battu à mort par des résidents d’implantations, en Cisjordanie le 11 juillet 2025. (Crédit : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Saif al-Din Kamil Abdul Karim Musalat, un Palestino-Américain qui aurait été battu à mort par des résidents d’implantations, en Cisjordanie le 11 juillet 2025. (Crédit : X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Dans une déclaration rare sur la politique israélienne en Cisjordanie, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré mardi avoir demandé à Jérusalem « d’enquêter de manière approfondie sur le meurtre » d’un Palestino-Américain.

Saif al-Din Kamil Abdul Karim Musalat, 23 ans, aurait été battu à mort par des résidents d’implantations dans le village de Sinjil, près de Ramallah, la semaine dernière.

« J’ai demandé à Israël de mener une enquête approfondie sur le meurtre de Saif Musalat, un citoyen américain qui rendait visite à sa famille à Sinjil lorsqu’il a été battu à mort », a écrit l’ambassadeur des États-Unis à Jérusalem, sur le réseau social X.

« Il faut que les responsables de cet acte criminel et terroriste rendent des comptes. Saif n’avait que 20 ans », a-t-il ajouté dans une rare manifestation publique de pression des États-Unis sur leur allié israélien.

Il s’agirait de l’une des premières fois que Huckabee commente la violence endémique des résidents d’implantations en Cisjordanie, même s’il a évité d’utiliser ce terme ou de qualifier ce meurtre de phénomène plus large.

Fervent chrétien évangélique, Huckabee exprime depuis longtemps son soutien à l’annexion de la Cisjordanie par Israël et s’oppose aux appels à réduire la présence juive dans cette région.

Des personnes en deuil portant les corps de Saif Musalat, citoyen américano-palestinien, et de Mohammad al-Shalabi, lors de leurs funérailles dans le village d’al-Mazraa al-Sharqiya, en Cisjordanie, le 13 juillet 2025. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

Ces derniers jours, des militants chrétiens palestiniens ont fait circuler une pétition dans laquelle ils exhortent Huckabee à dénoncer les violences commises par des résidents d’implantations contre le village chrétien de Taybeh.

Mais c’est l’attaque de vendredi qui a coûté la vie à Musalat et à un autre Palestinien, ce qui a poussé Huckabee à rompre son silence sur la question.

Musalat habitait en Floride, où il était né, et s’était rendu début juin en Cisjordanie « pour passer du temps avec ses proches », selon sa famille.

Musalat a été retrouvé battu à mort. Les autorités palestiniennes ont annoncé qu’un deuxième Palestinien de 23 ans, Mohammed Rizq Hussein al-Shalabi, était mort au cours de ces mêmes affrontements « des suites d’une blessure par balle à la poitrine ».

Si deux mineurs israéliens ont été arrêtés à la suite de l’attaque, aucun d’entre eux n’est soupçonné de meurtre et ils ont été placés en résidence surveillée.

Un Palestinien a également été arrêté pour trouble à l’ordre public, mais un juge militaire a ordonné sa libération mardi, critiquant vivement la manière dont la police avait traité l’affaire après qu’un représentant des forces de l’ordre a déclaré ne pas être au courant du fait que deux Palestiniens avaient été tués lors de l’attaque de vendredi.

Quelques heures plus tôt, un journaliste de CNN a déclaré que son équipe avait été attaquée par des Israéliens violents alors qu’elle se trouvait en Cisjordanie cette semaine pour couvrir l’assassinat de Musalat. Les informations faisant état d’agressions commises par des extrémistes juifs dans le territoire continuaient de se multiplier.

Un nombre croissant de démocrates centristes et pro-Israël se sont également exprimés contre ce phénomène.

L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, prononçant un discours alors que le président américain Donald Trump reçoit le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour un dîner dans la Blue Room, à la Maison Blanche, à Washington, le 7 juillet 2025. (Crédit : Andrew Harnik/Getty Images via AFP)

Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, a également exigé qu’Israël ouvre une enquête, tout en appelant l’administration Trump à adopter une position plus ferme concernant les violences en Cisjordanie.

Il a appelé le gouvernement israélien à enquêter sur ce meurtre, ajoutant que « la recrudescence des violences commises par les résidents d’implantations israéliens en Cisjordanie à l’encontre de civils palestiniens est totalement inacceptable ».

« L’administration Trump ne peut pas continuer à fermer les yeux sur ce qui se passe en Cisjordanie si elle est vraiment déterminée à trouver une paix juste et durable entre Israël et le peuple palestinien », a-t-il affirmé mardi dans un communiqué.

Quelques heures plus tôt, Elissa Slotkin, une autre personnalité modérée du parti démocrate et sénatrice du Michigan, s’était exprimée sur le meurtre de Musalat, soulignant qu’il s’agissait du cinquième Américain tué par des résidents d’implantations cette année.

Mohammed Asalia inspectant une voiture détruite et incendiée lors d’une attaque qui aurait été perpétrée dans la nuit du 15 juillet 2025 par des résidents d’implantations contre le village de Burqa, à l’est de Ramallah, en Cisjordanie. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

« Il est difficile de comprendre ce manque de responsabilité de la part du gouvernement Netanyahu autrement que comme une approbation tacite de l’État », a déclaré Slotkin.

La famille de Musalat exige que le département d’État américain enquête sur sa mort, mais une telle décision semble peu probable.

L’administration Biden n’a jamais pris une telle mesure à la suite du meurtre de citoyens américains, notamment celui de la journaliste Shireen Abu Akleh, et l’administration Trump serait peu encline à lancer une enquête qui démontrerait un manque de confiance dans le système judiciaire israélien.

L’AFP a contribué à cet article.

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