Witkoff « confiant » quant à une avancée décisive à Gaza dans les prochains jours

Selon l'envoyé américain, le plan de paix en 21 points de Donald Trump, présenté aux dirigeants musulmans en marge de l'AG de l'ONU, répond aux craintes d'Israël et de ses voisins

Illustration, de gauche à droite : L'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, la chef de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, et l'ambassadeur américain auprès des Nations unies, Michael Waltz, assistant à une réunion entre le président des États-Unis Donald Trump et le secrétaire général de l'ONU António Guterres lors de la 80ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images North America/Getty Images via AFP)

L’émissaire spécial de Donald Trump sur les affaires internationales, Steve Witkoff, a déclaré mercredi s’attendre à « une percée » sur la question de Gaza dans les prochains jours, ajoutant que le président américain avait présenté un plan aux pays de la région.

Alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est attendu jeudi à New York, Witkoff a fait savoir que Trump avait présenté ses idées pour Gaza lors d’une réunion avec un groupe de pays arabes et musulmans, qui s’est tenue mardi dans la ville, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Nous avons présenté ce que nous appelons le plan Trump en 21 points pour la paix au Moyen-Orient et à Gaza », a-t-il déclaré, sans toutefois entrer dans les détails.

« Je pense qu’il répond aux préoccupations d’Israël ainsi qu’à celles de tous les voisins de la région », a ajouté l’émissaire du président américain lors du sommet Concordia, en marge de l’Assemblée générale.

« Nous sommes pleins d’espoir, et même confiants, que dans les jours à venir, nous serons en mesure d’annoncer une percée », a poursuivi Witkoff, qui s’exprimait mercredi lors d’une autre rencontre publique.

Selon le communiqué conjoint des gouvernements représentés lors de la réunion de mardi, les dirigeants ont « réitéré leur engagement à coopérer avec le président Trump et souligné l’importance de son leadership pour mettre fin à la guerre » contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Assis à la table principale, de gauche à droite : le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Cheikh Abdullah ben Zayed al-Nahyan, le président indonésien Prabowo Subianto, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président américain Donald Trump, le roi Abdallah II de Jordanie, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly assistant à une réunion multilatérale pour discuter de la situation à Gaza, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Brendan Smialowski / AFP)

La réunion a rassemblé des représentants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, de l’Égypte, de la Jordanie, de la Turquie, de l’Indonésie et du Pakistan.

De son côté, Emmanuel Macron, qui a rencontré son homologue américain mardi, s’attend à ce que le plan américain inclut des éléments de l’initiative française pour l’après-guerre à Gaza.

La France, qui vient de reconnaître un État de Palestine, a notamment proposé de mettre en place une « mission internationale de stabilisation » à Gaza dont l’objectif est de « transférer progressivement les responsabilités en matière de sécurité intérieure à une Autorité palestinienne réformée à Gaza, une fois qu’un cessez-le-feu aura été atteint », selon le document de travail dont l’AFP a obtenu une copie.

Cette mission de stabilisation doit ainsi remplacer l’armée israélienne et désarmer le Hamas, qui contrôle l’enclave depuis qu’il a évincé l’Autorité palestinienne (AP) lors d’un coup d’État sanglant en 2007.

« Il faut qu’avec les Américains on travaille, ce qu’on a commencé à faire […], pour qu’il y ait justement un plan qui soit porté par les États-Unis d’Amérique », a souligné Macron lors d’un entretien accordé mercredi à la chaîne France 24 et à la radio RFI.

Il a évoqué la possibilité que Donald Trump soumette prochainement ce plan à Israël et au Hamas.

« Si l’on arrive à aligner tout le monde, les États-Unis, les Arabes et les Européens, sur ce plan de paix, on peut obtenir un résultat », a estimé le président français.

Lundi, Macron a également présidé un sommet qui a reconnu un État palestinien, une initiative à laquelle Trump et Israël s’opposent fermement.

Le président américain Donald Trump tenant une réunion bilatérale avec le président français Emmanuel Macron en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Concernant l’éventuelle annexion de la Cisjordanie par Israël, considérée comme une ligne rouge par Paris, « ce qui m’a été dit hier par le président Trump, c’est que les Européens et les Américains sont sur la même position », a-t-il expliqué.

Witkoff et Trump ont exprimé à maintes reprises leur espoir de mettre fin à cette guerre dévastatrice qui dure depuis près de deux ans, depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 ont été tuées personnes et 251 autres prises en otage.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Les propos de Witkoff tranchent avec ceux de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, qui se montrait bien plus pessimiste la semaine dernière lors d’un déplacement en Israël, alors que le pays a lancé une nouvelle offensive pour prendre le contrôle sécuritaire de Gaza-City.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’adressant à la presse alors qu’il quitte Tel Aviv pour le Qatar après une visite officielle, à l’aéroport international Ben Gurion, le 16 septembre 2025. (Crédit : Nathan Howard/POOL/AFP)

Bien que les détails du plan de Trump n’aient pas été rendus publics, la chaîne N12 a rapporté mercredi soir que les hauts responsables israéliens ne pensaient pas que le président « imposerait à Israël une proposition à laquelle il ne croit pas ».

Des hauts responsables anonymes ont déclaré à la chaîne N12 que Jérusalem considérait le plan en 21 points de Trump comme un cadre pour créer le « jour d’après » pour Gaza, en coopération avec les États arabes modérés.

Selon la chaîne, l’administration Trump espère que ce cadre incitera les États arabes, non nommés dans le reportage, à investir massivement dans la bande de Gaza ravagée par la guerre et à reconstruire ses infrastructures civiles.

Il est prévu que Trump et Netanyahu se réunissent à Washington lundi.

Avant son départ pour l’Assemblée générale de l’ONU à New York, où il doit prendre la parole vendredi, Netanyahu aurait déclaré à ses ministres que Trump et lui discuteraient des réponses possibles à la vague d’annonces de pays occidentaux reconnaissant un État palestinien.

Il a insisté auprès des ministres sur le fait que toute mesure qu’Israël pourrait vouloir prendre – telle que l’annexion d’une partie de la Cisjordanie – nécessiterait l’accord de Trump.

Au début de la semaine, un haut responsable israélien a déclaré au Times of Israel que l’administration Trump avait discrètement mis en garde Israël contre une annexion de la Cisjordanie, en réponse à la reconnaissance d’un État palestinien par des pays occidentaux.

En public, cependant, Washington a évité de prendre position sur l’annexion potentielle de la Cisjordanie par Israël, faisant valoir que la décision de Jérusalem d’envisager cette mesure était due à la décision des pays occidentaux de reconnaître un État palestinien.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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