Rubio : reconnaître un État palestinien entraînera une réponse « réciproque » d’Israël
Selon le secrétaire d'État, les discussions sur l'annexion israélienne sont "prévisibles" ; les pays occidentaux sont tombés dans le piège, leurs annonces ne créeront pas un État palestinien
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Jeudi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a vivement critiqué les pays occidentaux qui s’apprêtent à procéder à la reconnaissance un État palestinien, soulignant qu’il les avait avertis qu’Israël pourrait réagir par une annexion de la Cisjordanie.
Rubio a également dénoncé les condamnations de pays du monde entier face aux mesures déployées par les membres du gouvernement israélien pour annexer la Cisjordanie, afin de mettre fin à la perspective de l’existence d’un État palestinien indépendant.
« Ce qui se passe actuellement concernant les questions de la Cisjordanie et de l’annexion n’est pas quelque chose de définitif. C’est un sujet qui fait l’objet de discussions entre certains acteurs politiques israéliens. Je ne me prononcerai pas dessus aujourd’hui », a déclaré Rubio à des journalistes en Équateur.
« Ce que je peux en revanche vous affirmer, c’est que c’était tout à fait prévisible », a-t-il ajouté.
« Nous avons averti tous ces pays avant qu’ils ne décident d’agir comme ils le font… Leurs agissements ne permettraient pas de créer un État palestinien. Un État palestinien ne pourrait pas voir le jour simplement parce qu’ils ont fait certaines annonces pendant une conférence de presse dans un lieu donné. »
« Nous leur avons fait savoir que cela conduirait à l’apparition de ce genre de mesures réciproques, et que cela compliquerait encore l’obtention d’un cessez-le-feu [à Gaza] », a poursuivi Rubio.
Rubio a en outre réitéré son accusation selon laquelle c’est la volonté de renforcer l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie qui a encouragé son rival à Gaza, le Hamas.
« Le jour même, à la minute même où les Français ont annoncé leur décision, ce jour-là, le Hamas a quitté la table des négociations », a souligné Rubio.
Les diplomates arabes ont toutefois contesté cette affirmation auprès du Times of Israel. Selon eux, le Hamas avait ce jour-là, plusieurs heures avant la déclaration de Paris, présenté une proposition qui avait été rejetée par Israël et les États-Unis.
Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a convoqué un sommet des Nations unies le 22 septembre, au cours duquel il entend reconnaître un État palestinien, exprimant ainsi son exaspération face à la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza d’une part, et à ce qu’il considère comme l’attitude d’intransigeance d’Israël d’autre part.
Mercredi, le ministre des Finances israélien d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a pour sa part appelé à annexer de larges parties de la Cisjordanie, dans l’objectif « d’enterrer l’idée même d’un État palestinien ». Des propos qui interviennent après que de nombreux pays parmi lesquels la Belgique, le Canada et l’Australie se sont joints à la France pour soutenir la création d’un État palestinien.
Les Émirats arabes unis, dont l’adhésion aux accords dits d’Abraham en 2020, a marqué une étape sans précédent en normalisant leurs relations avec Israël, n’ont pas tardé à réagir, lançant une mise en garde : pour eux, l’annexion constitue une « ligne rouge » de nature à « gravement compromettre » l’accord, considéré par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comme une réalisation historique.
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a exhorté jeudi son homologue français à renoncer à la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien prévue par Paris ce mois-ci, précisant que Macron ne serait pas le bienvenu en Israël tant que cette décision serait à l’ordre du jour.
Au cours d’un échange téléphonique, le chef de la diplomatie israélienne a suggéré au ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot de « reconsidérer l’initiative française visant à reconnaître un ‘État palestinien’, arguant que cette initiative non seulement compromet la stabilité au Moyen-Orient, mais aussi nuit aux intérêts nationaux et sécuritaires d’Israël », selon un communiqué publié par le bureau de Saar.
« Israël souhaite conserver de bonnes relations avec la France, mais la France doit respecter les positions d’Israël sur les questions essentielles à sa sécurité et à son avenir », a souligné Saar durant cet échange.
La chaîne d’informations Kan a rapporté mercredi soir que Netanyahu avait posé comme condition à toute demande de visite de Macron l’abandon par la France de son initiative de reconnaissance, une demande rejetée par le président français.
Israël subit une pression croissante pour qu’il mette un terme à son offensive à Gaza, où la guerre, déclenchée par le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 dans les communautés du sud, a entraîné une crise humanitaire et dévasté une grande partie du territoire.
Dans ce contexte de critiques croissantes, Macron a fait savoir que la France reconnaîtrait officiellement un État palestinien au cours d’une assemblée de l’ONU en septembre, une initiative à laquelle de nombreux pays occidentaux ont emboité le pas.
Jeudi, lors d’une interview accordée au célèbre compte « Abu Ali Express » sur l’application de messagerie Telegram, Netanyahu a déclaré que de telles initiatives allaient à l’encontre des accords conclus entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine, selon lesquels les questions litigieuses seraient résolues par la négociation.
« Mais s’ils décident de prendre des mesures unilatérales à notre encontre, ne soyez pas surpris de nous voir prendre aussi de telles mesures unilatérales. Je ne dévoilerai pas ici ce que nous avons exactement l’intention de faire », a-t-il ajouté.
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