Yoav Horowitz dit avoir empêché que le personnel du bureau du Premier ministre soit contraint de « signer un serment de loyauté » envers les Netanyahu

L'ex-chef de cabinet du Premier ministre est désormais candidat au sein du parti Yashar

Yoav Horowitz s'entretenant avec la chaîne N12 lors d'une interview diffusée le 7 août 2026. (Crédit : Capture d'écran/N12)

L’ancien chef de cabinet de Benjamin Netanyahu, Yoav Horowitz, l’a vivement critiqué lors d’une interview télévisée diffusée vendredi, affirmant qu’il pensait se situer « entre un roi et un empereur » et que la famille Netanyahu exigeait une loyauté personnelle de la part du personnel du Premier ministre.

Yoav Horowitz a dirigé le cabinet de Netanyahu de 2016 à 2019 et se présente désormais aux élections sous la bannière du parti d’opposition Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, considéré comme le principal rival de Netanyahu.

Horowitz a déclaré à la chaîne N12 que la famille Netanyahu s’immisçait dans les décisions relatives à la sécurité du pays et qu’il n’y avait pratiquement aucune séparation entre le Premier ministre et son épouse, Sara.

« Sara Netanyahu et Bibi Netanyahu ne font qu’un ; il est impossible de les distinguer l’un de l’autre », a-t-il déclaré. Il a également qualifié Yaïr, le fils de Netanyahu, connu pour ses déclarations incendiaires, « d’autre facteur » dans l’entourage du Premier ministre.

Selon lui, les membres de la famille Netanyahu sont en contact permanent avec les responsables professionnels de la sécurité du pays et influenceraient certaines décisions. Il a déclaré à la chaîne N12, ainsi qu’à la Treizième chaîne lors d’une autre interview, qu’un appel d’un membre de la famille Netanyahu avait conduit le Premier ministre à faire brusquement machine arrière sur un accord avec les Nations unies visant à régler la question de la population de migrants et de demandeurs d’asile africains en Israël.

« L’influence de la famille est considérable », a déclaré Horowitz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) écoutant son chef de cabinet Yoav Horowitz (à droite) lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Crédit : Abir Sultan/AP)

« Il n’y a pas de séparation. Tout est lié à tout : les questions personnelles, économiques, politiques et de sécurité. Tout est dans le même sac, et la famille exerce une influence. »

« La pression exercée par la famille, sur presque tous les sujets, était constante. »

Il a notamment mentionné avoir vu un collaborateur du cabinet du Premier ministre exiger une prestation de serment d’allégeance à l’égard de la famille Netanyahu.

« Cette exigence de loyauté personnelle planait en permanence », a-t-il déclaré.

« C’était une sorte d’obsession. »

Il a ajouté : « Un membre du personnel du cabinet est venu me voir et m’a dit qu’il y avait une exigence de la part de la maison [c’est-à-dire de la famille] pour que l’ensemble du personnel du cabinet signe un serment de loyauté envers la famille Netanyahu. »

Horowitz a affirmé que Netanyahu avait approuvé cette exigence.

Il a également réitéré une affirmation qu’il avait déjà faite : selon lui, Netanyahu est antidémocratique et exerce un pouvoir autoritaire.

« Lorsqu’il y a un régime autocratique, et que les gens ont peur et sont intimidés, la notion de règles, de lois du pays, n’existe plus », a-t-il ajouté.

« Depuis 2019, il n’y a plus vraiment de démocratie en Israël », a-t-il poursuivi.

« Il y a un cabinet du Premier ministre qui domine totalement la Knesset, qui a affaibli le système judiciaire, pris le contrôle de la police, et il n’y a aucun système de freins et contrepoids. »

Horowitz a accusé Netanyahu de « s’attaquer au système judiciaire » à propos de son procès pénal pour corruption, qui a débuté en 2020 et est toujours en cours, le comparant à une « maladie auto-immune ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, entouré de législateurs du Likud, faisant une déclaration télévisée avant le début de son procès pour corruption devant le tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je considère que la tentative de destruction du système judiciaire est la racine de tous les maux, ce qui a finalement conduit aux événements du 7-Octobre », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué en réponse aux propos de Horowitz, le Likud a déclaré que ce dernier avait « trouvé son nouveau foyer politique à gauche », sans toutefois aborder le fond de ses affirmations.

« Entre un roi, un empereur ou un président, mais pas un Premier ministre »

Horowitz a déclaré à la chaîne N12 qu’il avait « traversé une évolution complexe » depuis qu’il travaillait pour Netanyahu, les atrocités commises le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël par le groupe terroriste palestinien du Hamas ayant constitué le principal facteur.

« Le pays n’est plus le même depuis ce jour-là, et je ne suis plus la même personne. Nous nous trouvons à un carrefour très dangereux qui exige de nous – de nous tous – [que nous nous livrions à] une profonde introspection et que nous changions », a-t-il poursuivi.

Tout en admettant qu’il « souhaitait vraiment travailler avec » Netanyahu, Horowitz a précisé que sa « motivation première était de servir l’État » et que son « évolution » avait commencé lorsqu’il avait « compris que ce n’était pas le cas dans tous les cas ».

« Netanyahu se perçoit comme un mélange de roi, d’empereur ou de président, et non comme un Premier ministre tel que je le connais et que je peux comprendre », a-t-il affirmé.

Horowitz a également reconnu qu’il était conscient de l’influence de Sara Netanyahu lorsqu’il a commencé à travailler pour le Premier ministre, précisant qu’il répondait régulièrement « non » aux demandes avec lesquelles il n’était pas d’accord et qu’il avait abordé la question avec le Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse, Sara Netanyahu, assistant à la cérémonie de pose de la première pierre du Centre du patrimoine d’Atarot, à Jérusalem, le 5 juillet 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il a affirmé lors de l’interview qu’il avait déjà fait part à Netanyahu de son intention de démissionner avant que Sara Netanyahu, selon certaines informations, n’ait tenté de s’en prendre à Eli Groner, alors directeur général du cabinet du Premier ministre, avec un stylo, en janvier 2018. Interrogé par la chaîne N12 pour savoir s’il avait saisi l’épouse du Premier ministre par le bras et l’avait fait sortir de la pièce, comme cela avait été rapporté, Horowitz a répondu : « Je ne le nie pas. »

Il a toutefois refusé d’en dire davantage lorsqu’on lui a demandé s’il y avait eu d’autres incidents similaires.

Un appel « de chez lui »

S’adressant à la Treizième chaîne, Horowitz a donné des précisions sur la décision prise par Netanyahu, en 2018, de revenir soudainement sur l’accord historique conclu avec l’ONU concernant les réfugiés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri annonçant un nouvel accord sur les réfugiés avec l’ONU, quelques heures avant de le suspendre, le 2 avril 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Cet accord visait à trouver un compromis pour gérer la population de migrants africains et de demandeurs d’asile en Israël. En vertu de cet accord, 16 250 migrants devaient être réinstallés dans des pays occidentaux, tandis qu’un nombre équivalent devait rester en Israël. La présence de ces migrants, en particulier dans le sud de Tel Aviv où beaucoup d’entre eux étaient installés, était un sujet politique brûlant dans le pays.

Mais quelques heures après l’annonce de l’accord, Netanyahu a fait machine arrière, déclarant qu’il serait gelé, face à la levée de boucliers des voix de la droite s’opposant à la présence des migrants dans le pays.

Selon Horowitz, ce revirement serait survenu à la suite d’un appel « de chez lui » – vraisemblablement de la part d’un proche de Netanyahu -, quelques instants seulement après l’annonce de l’accord.

« Nous revenions [après l’annonce] », a raconté Horowitz.

« Il a reçu un appel de chez lui, et alors qu’il marchait pour rejoindre le bureau, il s’est tourné vers moi et m’a dit : ‘Yoav, dis-leur que c’est annulé, j’ai changé d’avis.’ »

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