Au « sommet de la paix » à Jérusalem, une foule réclame la fin de la guerre et une solution à 2 États

La deuxième conférence de ce type depuis le 7 octobre a attiré un mélange idéologique plus large dans un contexte de désespoir croissant concernant le sort réservé aux otages

Plusieurs milliers de personnes rassemblées au palais international des congrès de Jérusalem pour le sommet pour la paix "It's Time", le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
Le président de Hadash-Taal, Ayman Odeh, s'exprime lors d'une conférence sur la paix au palais international des Congrès de Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
Les députés Avoda Gilad Kariv (à droite) et Naama Lazimi (à gauche) s'adressent au public lors d'une conférence pour la paix au palais des Congrès International de Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)
L'activiste pacifiste Maoz Inon, dont les parents ont été assassinés par le Hamas le 7 octobre 2023 à Netiv HaAsara, prend la parole lors d'une conférence sur la paix à Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Le camp de la paix en difficulté s’est réuni à l’occasion d’une convention de deux jours qui a eu lieu jeudi et vendredi à Jérusalem, s’unissant autour de deux objectifs : la conclusion d’un accord de cessez-le-feu qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des otages et une fin négociée au conflit israélo-palestinien.

Le rassemblement a atteint son point d’orgue dans la matinée de vendredi – lorsque des milliers d’amoureux de la paix ont rempli un auditorium du palais international des Congrès de la ville pour écouter les discours de responsables politiques, de membres de familles touchées par le deuil et d’activistes de la gauche de l’échiquier politique.

« Chacun de nous est en mesure d’agir pour mettre fin à la guerre, pour parvenir à un accord global et pour créer un nouveau leadership pour les deux populations », a déclaré Maoz Inon, dont les parents, Bilha et Yakov, avaient été assassinés par le Hamas dans leur maison de Netiv Haasara, le 7 octobre 2023.

« Nous sommes ici et avec vous non pas en dépit de la douleur, mais à cause de la douleur. Au lieu de me venger au nom de mes parents qui ne sont plus là, je veux choisir un avenir différent pour mes enfants », a poursuivi Inon. Il s’est exprimé aux côtés d’Aziz Abu Sarah, dont le frère avait été tué dans une prison israélienne pendant la première Intifada.

Organisé par une large coalition de groupes de gauche et issus de la société civile, le « Sommet populaire pour la paix » a été la deuxième conférence de ce type à avoir été organisée depuis l’attaque sanglante commise par le Hamas et des milliers de terroristes palestiniens, le 7 octobre 2023.

L’événement a attiré, cette année, un plus grand nombre de participants que lors du premier qui s’était tenu à Tel Aviv, l’été dernier. Dans un contexte de désespoir croissant face au sort réservé aux otages et alors qu’Israël entre dans son 19e mois de guerre, certaines personnalités de l’opposition, au centre-droit, sont montées sur scène aux côtés de membres de premier plan de la gauche israélienne.

L’activiste pacifiste Maoz Inon, dont les parents ont été assassinés par le Hamas le 7 octobre 2023 à Netiv HaAsara, prend la parole lors d’une conférence sur la paix à Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Cette année, les organisateurs ont cherché à faire passer un message allant bien au-delà de l’appel à la libération des otages et à la conclusion d’un accord de cessez-le-feu. Après le principal événement, les participants se sont séparés pour assister à des panels et à des ateliers sur des questions plus ciblées en lien avec le conflit.

Tami Yakira a confié au Times of Israel que ces panels visaient à « stimuler l’imagination politique » des participants en proposant des « solutions concrètes » – ce qui, selon elle, n’avait pas été le cas l’été dernier.

La paix, meilleur garant de la sécurité

En raison de la plus grande diversité idéologique des personnes qui étaient présentes au palais des Congrès, certains intervenants se sont heurtés à l’opposition de la foule. Cela a notamment été le cas d’Alon Schuster, député du parti HaMahane HaMamlahti.

« Je pense que la toute première mission de l’État d’Israël, c’est de protéger la sécurité de ses citoyens en tout lieu et à tout moment », a déclaré Schuster. « Dans le même temps, nous devons renforcer la base politique, économique et morale de notre existence au Moyen-Orient en signant des accords de paix… La paix est le meilleur garant de la sécurité ».

Alors qu’il prononçait le nom du chef de son parti, Benny Gantz, Schuster a été accueilli par des huées.

 A LIRE : Gantz : « Quiconque parle d’un État palestinien est déconnecté de la réalité sécuritaire »

« Je m’écarte de ce que j’ai écrit dans mes notes pour vous demander à vous, les partisans de la paix, de n’omettre personne du camp de la paix et de la démocratie, même ceux qui ne sont pas d’accord avec tout ce que vous pouvez dire », a insisté l’homme politique.

Alors qu’il quittait la scène, certains l’ont appelé à évoquer la solution à deux États, qu’il avait omis de mentionner dans son discours.

Les députés Avoda Gilad Kariv (à droite) et Naama Lazimi (à gauche) s’adressent au public lors d’une conférence pour la paix au palais des Congrès International de Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Si cette nouvelle édition du sommet a accueilli quelques nouveaux visages, la plupart des intervenants ont été les mêmes qu’à Tel Aviv – comme Gilad Kariv et Naama Lazimi, députés du parti Avoda, qui sont montés sur scène ensemble. Prenant la parole à tour de rôle, ils ont dénoncé non seulement la guerre en cours, mais aussi « l’annexion de facto » de la Cisjordanie par le gouvernement.

« Sous les auspices de cette guerre, la machine à annexer la Cisjordanie s’est mise en marche à un rythme vertigineux et violent », s’est inquiété Kariv.

Ayman Odeh, le président de l’alliance radicale Hadash-Taal – qui était également présent lors de l’événement de l’été dernier – a prononcé un discours sous les applaudissements de l’assistance. Il a commencé par raconter l’histoire d’une mère et de ses trois enfants poursuivis par une meute de loups affamés.

Le président de Hadash-Taal, Ayman Odeh, s’exprime lors d’une conférence sur la paix au palais international des Congrès de Jérusalem, le 9 mai 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

« Par désespoir et par instinct de survie, la mère jette son fils aîné – peut-être que les loups se contenteront de lui – mais leur faim ne fait que s’intensifier. Elle jette son deuxième fils, puis le troisième, et à la fin, quand il ne reste plus qu’elle, les loups la dévorent », a raconté Odeh. « C’est exactement comme cela que fonctionne le fascisme. Il poursuit l’opposition et cette dernière, terrifiée, se hâte de nous sacrifier tous ».

Odeh a comparé la mère paniquée à l’opposition anti-Netanyahu qui, selon lui, a renoncé à la paix avec les Palestiniens et, peu après, à un partenariat avec les responsables arabes israéliens.

« Je veux vous présenter une proposition cruciale – elle concerne le rôle historique des citoyens arabes. Sans nous, il sera possible de construire une dictature, mais sans nous, il sera impossible de construire une démocratie », a-t-il affirmé.

« Même pendant cette guerre atroce et sanglante, les Juifs et les Arabes – je parle de vous tous – ont continué à avoir foi les uns dans les autres et à croire que ce n’est qu’ensemble que nous pouvons gagner », a-t-il poursuivi, en invoquant le slogan bien connu en temps de guerre.

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