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La place nommée en l’honneur de Rachel Auerbach à Varsovie. (Crédit : Vidal Binder)
La place nommée en l’honneur de Rachel Auerbach à Varsovie. (Crédit : Vidal Binder)

Connaître le travail de Rachel Auerbach, une visionnaire

Pour la première fois en français, un recueil rassemble des textes de la journaliste et écrivaine Rachel Auerbach datant des années 1940, écrits dans le Ghetto de Varsovie, puis du côté aryen et dans l’immédiat après-guerre

Pourquoi lire Auerbach ? Parce qu’elle livre une somme historique et mémorielle de premier plan mais aussi parce qu’elle y révèle un talent littéraire d’une rare puissance évocatrice et moderne.

Il faut aussi lire Rachel Auerbach parce que les écrits de cette intellectuelle sioniste révèlent une réflexion étonnamment visionnaire.

« C’est énorme ! » se réjouit la chercheuse et universitaire Karolina Szymaniak en évoquant la place [Skwer] récemment nommée en l’honneur de Rachel Auerbach dont un ouvrage réunit, sous sa gouverne et pour la première fois en français, des textes sur le ghetto de Varsovie et sur Treblinka. « L’initiative de renommer cet espace public, portée par l’Institut historique juif, a été soutenue par un nombre très important de Varsoviens et votée par le Conseil municipal de la ville » précise l’historienne au Times of Israël. Une nouvelle qu’il convient d’évaluer à l’aune du passé de la Pologne, que l’on sait prompte à commémorer son statut de victime.

Rachel Eiga Auerbach est née le 8 décembre 1899 dans la petite ville de Lanowce, territoire polonais dans l’entre-deux-guerres, aujourd’hui en Ukraine. Traductrice, comme l’étaient beaucoup de femmes à l’époque, elle parvint à subvenir à ses besoins en réalisant différents travaux d’écriture, ce qui lui donna l’occasion de réaliser (rien de moins que) des entretiens avec Chagall, Schiller et d’autres personnalités de la culture juive et polonaise de l’époque.

La guerre la surprit en pleine activité journalistique à Varsovie où se trouvait Emmanuel Ringelblum, alors employé du Jewish Joint Distribution Committee. C’est à ce titre que l’historien lui demanda d’organiser et de gérer une cantine populaire, laquelle allait devenir l’angle des futurs récits d’Auerbach et incarner, sous sa plume, un paradigme du sort des Juifs.

« Ringelblum savait qu’elle était une organisatrice dans l’âme », explique Szymaniak. « Elle était accablée de travail mais de là, elle pouvait observer la vie des prisonniers du ghetto ».

Rachel Auerbach dévoile une cachette où étaient dissimulées les archives ‘Oneg Shabbat’ après la guerre. (Domaine public)

Mais Ringelblum avait pour elle d’autres projets. Parallèlement à la lourde mission d’entraide sociale, l’historien et activiste politique proposa à la jeune femme de rejoindre le cercle qu’il avait lui-même créé sous le nom de code « Oyneg Shabes » [Oneg Shabbat en hébreu, joie du Shabbat, connu aujourd’hui sous le nom « Archives Ringelblum »] : un groupe de chercheurs et d’intellectuels qui se réunissait en secret le samedi pour documenter le sort des Juifs.

« Si, au début, Rachel ne fut pas au centre de ces archives clandestines, elle en devint l’un des piliers après la Grande Aktion [NDLR : liquidation du ghetto, sous la forme d’une extermination massive de ses habitants, menée du 22 juillet au 21 septembre 1942] ».

Szymaniak commente : « Elle a d’abord eu du mal à écrire, tant le travail que représentait la soupe populaire était exigeant. Et puis, elle peinait à trouver les mots justes pour décrire ce qui se passait. Ringelblum l’a éveillée à l’écriture ».

Son récit, dont le style reflète, selon les propres mots de Rachel, « l’affliction et l’inquiétude constante de [s]on âme », est traversé de moments de doute. « Que d’impuissance » écrivait-elle en 1942. « Nous travaillons en vain. Incapables de changer le destin de qui que ce soit, nos efforts ne font que réguler le flux des enterrements et retarder l’extinction du ghetto ».

On relève aussi, de part en part, le douloureux problème lié au choix : « Fallait-il essayer de sauver tout le monde ? On m’a souvent reproché de privilégier telle ou telle personne au détriment des autres ».

Un devoir de vivre pour témoigner de ceux qui avaient péri

Selon Szymaniak, Rachel Auerbach voulait tenter l’impossible, sans doute pour être à la hauteur de ce que, selon elle, on attendait de la directrice de la cantine : « un rabbin thaumaturge qui prend en charge les angoisses de toute une génération ».

Karolina Szymaniak (autorisation)

« Le fait est qu’elle avait rencontré des rabbins, des tsaddikim et qu’elle se résignait difficilement à l’échec. Après avoir été exfiltrée du ghetto et être passée du côté ‘aryen’, elle n’a eu de cesse d’écrire, ressentant comme un ‘devoir de vivre’ pour témoigner ‘de ceux qui avaient péri’ » ajoute Karolina Szymaniak.

Dès lors, il n’a pas été question, pour Auerbach, de se limiter à prendre des notes sur la vie quotidienne du ghetto. Szymaniak évoque un milieu artistique polonais florissant, réuni notamment autour du groupe avant-gardiste artes. « Il est clair que ce cercle a influencé l’écriture d’Auerbach qui s’était intéressée à la photo, au cinéma et à la peinture. Dans ses récits, elle veut montrer ce qui se passe, un peu comme Walter Benjamin, et ne se contente pas de décrire. Elle cherche à faire de la langue un moyen visuel. Elle a bien compris que c’était là une façon efficace de parler au public ».

Partant, ses textes prennent la forme du reportage, parcourus de descriptions très visuelles et d’expressions artistiques diverses s’enchâssant à travers des montages littéraires et des références au cinéma et à la peinture. Un style que d’aucuns ont qualifié de sensuel, doté d’une dimension avant-gardiste qui a fait le bonheur de Karolina Szymaniak, dont l’un des domaines de recherches concerne l’écriture moderniste et avant-gardiste, en particulier chez les femmes écrivains. Elle s’amuse : « Une collègue spécialiste de cinéma m’a dit un jour : Vous, les spécialistes de la littérature, vous voyez du cinéma partout ! Il lui a vite fallu se rendre à l’évidence en constatant que Rachel Auerbach avait déjà le film en tête. Les Juifs n’avaient par le droit de prendre des photos ni, bien sûr, de filmer le ghetto. Comment garder la mémoire visuelle autrement qu’à travers les films de propagande du cinéma nazi ? En transcrivant, pour reprendre les mots de Rachel, « le film sonore du ghetto qui se tourne tout seul ».

Les objets ont une place importante dans les récits d’Auerbach qui écrit : « Le tikkoun de l’objet s’actualise en même temps que le tikkoun terrestre du défunt s’achève ». Est-ce pour souligner, selon la philosophie populaire juive, que les objets sont liés au destin de leur propriétaire ? « Rachel n’était pas croyante mais elle avait grandi dans la tradition juive. Elle parsème ses textes de références bibliques. Elle puise aussi dans le souvenir des prières entendues, lorsqu’elle était enfant, à la synagogue. La notion de tikkoun lui a inspiré des passages très touchants. Elle lui a aussi permis d’affirmer, ce qui était très novateur à l’époque, que la Shoah était également une spoliation et une opération très lucrative pour les nazis. »

Oubli médiatique

C’est en soulignant l’oubli médiatique dans lequel a longtemps été maintenue l’œuvre de Rachel Auerbach que s’ouvre l’avant-propos du livre dirigé par Szymaniak, laquelle rappelle qu’il fut un temps où la journaliste-écrivaine avait été largement publiée dans la presse et qu’elle avait été une voix importante. Comment expliquer cette relégation dans l’ombre de l’Histoire ? Son caractère « difficile » ? Se peut-il que son entêtement, maintes fois souligné par celles et ceux qui l’ont croisée, ait obombré son talent, tout autant évoqué ?

Et si les descriptions cliniques de la famine, l’attention portée à des détails intimes – la taille du sexe d’un homme mort gisant sur un trottoir – des portraits parfois nominatifs – « Gucia la puante » – la description d’un « peuple de pouilleux », d’enfants faméliques qui lui rappellent la danse macabre du Dibbouk, ces « petits sauvages vêtus de guenilles qui puaient comme des chatons orphelins » ou l’évocation des odeurs et des « tonalités chromatiques rose et jaune » des cadavres, lui avaient fait subir le traitement qui fut celui d’Edgar Hilsenrath dont la première publication du livre Nuit (Nacht, 1964) avait été retirée de la vente par l’éditeur, effrayé par la crudité du texte ? La voix juive, déjà en peine pour se faire entendre, était-elle audible quand elle maintenait le lecteur le nez dans la boue et la fange des ghettos et des camps ?

Pour Szymaniak, Auerbach était consciente du risque de décourager le lectorat. La gageure était de ne pas rendre le texte trop littéraire, de ne pas atténuer et de ne pas aseptiser les descriptions. « Rachel Auerbach voyait et disait une réalité qui n’était pas toujours facile à entendre, aussi bien par les Juifs et que par les non Juifs. Ce fut aussi le cas d’Hannah Arendt, que d’ailleurs elle détestait ».

Elle insiste sur le fait que Rachel Auerbach ne fut jamais accusatrice : « Elle même, à la différence d’Arendt, avait expérimenté ce qu’elle décrivait. Peut-être est-ce ce qui lui faisait comprendre comment des êtres pouvaient en venir à voler les vêtements d’un cadavre. Sans doute aussi sa formation de psychologue l’avait-elle aidée à comprendre et à raconter, sans cynisme, comment l’on pouvait, par espoir de salut, en arriver à des comportements difficilement imaginables ».

Rachel Auerbach quitta la Pologne en 1950 pour s’établir en Israël où elle fut chargée, en 1954, de créer et de gérer un département des témoignages à l’Institut Yad Vashem. Aux difficultés matérielles sur place s’ajouta sa profonde déception face à la politique de marginalisation de la langue et de la culture yiddish instaurée par l’Etat d’Israël. Si, après-guerre, son unique objectif fut, comme l’écrit Szymaniak, de faire connaître l’histoire juive au monde entier, Auerbach s’attacha également à convaincre ses compatriotes israéliens de ne pas oublier l’histoire des Juifs d’Europe centrale et orientale. « Elle voulait faire comprendre que leur vie n’avait pas été qu’une suite de pogroms subis par des Juifs réduits au statut de victimes et qu’il y avait quelque chose de précieux dans cet héritage ».

Rachel Auerbach témoigne lors du procès Eichmann à Jérusalem, en 1961. (Domaine public)

À la lumière des explications de l’universitaire, on comprend le sens des pages très émouvantes dans lesquelles Rachel Auerbach semble s’adresser à Israël, l’enjoignant à réintégrer une histoire patrimoniale inspirante.

Un mot semble inextricablement lié au parcours de celle que Karolina Szymaniak désigne sous l’appellation nourrie d’intellectuelle -juive-sioniste-yiddichiste-de gauche : la « déception ».

Si elle fut, en Israël, déçue du sort réservé au yiddish, elle le fut aussi par la réception de son témoignage au procès Eichmann, qu’elle avait contribué à préparer. « Son témoignage fut réduit au profit de celui de combattants comme Zivia Lubertkin et Antek Zuckerman » explique Szymaniak. « Elle avait choisi de témoigner en hébreu, qu’elle ne maîtrisait que de manière imparfaite. Le procès a été filmé mais aucune image de son intervention n’est visible. Il existe en revanche un enregistrement dans lequel on entend sa voix. Il est déchirant de l’entendre entamer une phrase et être rapidement interrompue par le juge. Il est vrai qu’elle voulait toujours ajouter du contexte ! Il ne faut y voir, selon moi, aucune manifestation d’égocentrisme : Rachel voulait vraiment parler de ce dont elle avait été témoin et montrer, aussi, qu’une résistance civile avait existé ».

Edith Bruck, Contrechamp, aux éditions Seuil, 2025

De déception, il est également question dans son travail pour le cinéma. Le roman Contrechamp, (Seuil 2025) de la survivante, écrivaine, scénariste et réalisatrice Edith Bruck raconte l’histoire -déconcertante – d’une ancienne déportée juive hongroise embauchée sur le tournage d’un film sur la Shoah afin d’aider des acteurs à rendre crédibles leurs souffrances à l’écran. Auerbach fut également consultante pour des projets de films, dont celui d’Aleksander Ford La vérité n’a pas de frontière (1948). « Elle a été très déçue par cette coopération avec Ford. Elle avait transcrit ses propres mémoires. Des images qu’elle avait fournies sont d’ailleurs dans le film. Elle n’a pas apprécié de se voir apparaître au générique sous la forme réduite et selon elle, cavalière : consultante : R. Auerbach. Là encore, elle s’est sentie marginalisée » explique Karolina Szymaniak.

Un travail d’historienne proto-féministe

Une marginalisation que Rachel avait déjà pointée avant-guerre lorsqu’elle avait écrit sur l’histoire littéraire des femmes. Szymaniak y décèle un travail d’historienne « proto-féministe » consciente, bien avant l’heure, que la marginalisation pouvait être ethnique et/ou genrée et/ou sociale et qu’elle devait être évaluée au cas par cas.

L’avertissement liminaire du livre met également en lumière la répétition du mot « vengeance », dont est porteuse sa voix – telle celle de l’historien
« chargé de la vengeance des peuples » célébré par Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe – et qu’elle appelle de ses vœux dans un texte daté du 26 juillet 1942, faisant apparaître pour la première fois l’expression latine « Sunt lacrimae rerum » [Le monde connaît les larmes] empruntée à l’Enéide de Virgile (1, v.462). « Pour elle, la vengeance faisait partie de la justice » commente Szymaniak.

La dimension sociologique et psychologique de la version française

En février 2025, un article du Times of Israel s’intéressait à une traduction en anglais des mémoires de Rachel Auerbach.

A LIRE : La résistance spirituelle des Juifs au cœur du plus grand ghetto de la Shoah

Dans les remerciements adressés à celles et ceux qui l’ont accompagnée dans ce projet (notamment les historiennes Audrey Kichelewski et Judith Lyon-Caen), Szymaniak évoque l’édition polonaise dont elle indique avoir su, dès le début, que l’édition française ne serait pas une « répétition ». En quoi la version  française se démarque-t-elle de celles qui l’ont précédée ? « La version française s’intéresse au quotidien des Juifs qui passent par la soupe populaire et met en valeur le modernisme du texte. La dimension est sociologique et psychologique. J’ai voulu, dans cette première édition en français, donner à découvrir ce que Rachel Auerbach avait écrit dans les années 1940 et après avoir quitté le ghetto. Le traducteur, Alexandre Dayet, a merveilleusement su rendre le ton de ce texte difficile, écrit la nuit, dans la clandestinité. J’ai pour ma part suivi Auerbach dans son désir du détail en ajoutant des notes dont elle-même était prodigue » explique K. Szymaniak.

Tout au long du travail d’équipe qu’elle décrit comme « physique », Karolina Szymaniak, dont un pan des recherches est consacré à la traduction comme théorie et pratique, a été confrontée à un arbitrage délicat face à la dimension multilingue du texte d’Auerbach. « En France et en Pologne » explique-t-elle, « la tradition penche plutôt pour une traduction intégrale. Nous avons considéré la langue comme un témoin. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de conserver les mots yiddish, très présents dans le texte de Rachel ainsi que les termes allemands dont la suppression aurait négligé la dimension oppressive ».

Elle qui œuvra, ad nauseam, à trouver le mot juste pour lutter contre l’oubli et l’ignorance, qu’aurait-elle pensé des distorsions et autres glissements sémantiques liés à la Shoah ?

« Une instrumentalisation à laquelle nous ne devons pas nous prêter » a martelé le Premier ministre français François Bayrou le 11 juin dernier, condamnant les forces politiques utilisant le mot « otages » pour désigner les passagers de la Flotille interceptée en mer par l’armée israélienne. Une instrumentalisation que l’on sait par ailleurs largement pratiquée pour accuser Israël de « génocide ».

Si les écrits de Rachel Auerbach peuvent aider à comprendre la Shoah, peut-être seraient-ils également en mesure d’éclairer le présent à la lumière d’un passé qu’elle a tenté de rendre au plus près. Elle écrit : « Il est facile de dire : anéantissement des Juifs, liquidation… Pour en comprendre les phases, les phénomènes intermédiaires et périphériques, et les montrer !, c’est pour l’historien le psychosociologue et l’écrivain, une mission difficile et terrible. Entrer dans la machinerie et la péripétie de l’agonie fait mal ! ». Elle parlait ici des Juifs qui ont, par différents moyens souvent dérisoires, parfois pathétiques et la plupart du temps inutiles, tenter de « sauver leur vie ». Mais elle qui œuvra, ad nauseam, à trouver le mot juste pour lutter contre l’oubli et l’ignorance, qu’aurait-elle pensé des distorsions et autres glissements sémantiques liés à la Shoah ? « Il s’agissait, dans son cas, d’une phénoménologie » avance Szymaniak, légitimement rétive à toute tentative de prosopopée. « Un exercice constituerait à suivre sa méthodologie, à entrer dans la machinerie pour comprendre les phénomènes historiques, en dépassant le niveau zéro ».

Ce serait là une approche exigeante dont on devine qu’elle desservirait les discours propagandistes repus de facilité.

Pour tout cela, il faut lire Rachel Auerbach dont Karolina Szymaniak et l’équipe qui a travaillé pour réaliser cette édition, célèbrent le talent visionnaire. « Pour ma part, j’ai proposé et structuré ses textes et nous en avons fait un livre qui est le sien. C’est son œuvre. J’ai conscience de notre responsabilité. Aurait-elle préféré quelque chose de plus poétique, comme cela a été fait pour la version anglaise [le Warsaw Testament, Le testament de Varsovie] ? s’interroge l’historienne qui confie au Times of Israël avoir eu l’occasion de rencontrer la secrétaire de Rachel Auerbach à Ramat Ha-Sharon. « J’ai également rencontré l’un de ses voisins qui, à l’époque, était enfant. Il avait gardé le souvenir d’une femme froide et stricte. Elle était surtout pleine de vie et d’énergie. J’aurais eu un peu peur de la rencontrer… ».

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Rachel Auerbach (1899-1976). Ecrits, dirigé par Karolina Szymaniak, 340 p, 25 €

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