Des tirs israéliens auraient fait 7 morts à Gaza, dont un enfant, un humanitaire et un terroriste

6 personnes auraient été blessées lors d'une attaque de résidents d'implantations dans les collines du sud de Hébron ; Benjamin Netanyahu pointe du doigt les 'tribunaux très indulgents'

Des amis et des proches pleurant la mort d'Omran Abu Jarad, 48 ans, tué lors d'une frappe militaire israélienne, lors de ses funérailles à l'hôpital Shifa de Gaza-City, le 7 juillet 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Selon le ministère de la Santé du groupe terroriste palestinien du Hamas, des frappes et des tirs israéliens auraient fait au moins sept morts mardi à Gaza, dont un terroriste, un travailleur humanitaire égyptien et un enfant.

Des secouristes ont déclaré qu’une frappe aérienne israélienne avait tué un homme et blessé deux enfants dans le quartier de Mawasi, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. L’armée israélienne a indiqué à Reuters qu’elle avait pris pour cible un terroriste du Hamas.

Un deuxième bombardement aérien a touché les environs d’un camp de tentes abritant des familles déplacées, à l’ouest de Gaza-City, tuant une personne et en blessant cinq autres, selon les secouristes de Gaza. Une troisième frappe à Khan Younès a fait un mort et trois blessés.

Tsahal a déclaré que ces deux frappes visaient également des terroristes.

Les Comités de résistance populaire, un groupe terroriste qui mène des attaques armées contre Israël depuis longtemps, ont déclaré que l’une des deux frappes à Khan Younès avait tué l’un de leurs hauts dirigeants, Waheed Abu Salem.

Plus tard dans la journée de mardi, un Palestinien a été tué et neuf autres ont été blessés par des tirs israéliens dans un quartier de Rafah, au sud de Gaza, ont indiqué des secouristes du Hamas et des témoins.

Des Gazaouis pleurant lors des funérailles d’Omran Abu Jarad, 48 ans, tué lors d’une frappe militaire israélienne, à l’hôpital Shifa, à Gaza-City, le 7 juillet 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Parallèlement, dans le quartier de Tel al-Hawa, à Gaza-City, une frappe aérienne israélienne a touché un véhicule, tuant trois personnes, dont un enfant, toujours selon les secouristes de Gaza. Le bilan de mardi s’élèverait donc à au moins sept morts dans toute l’enclave.

Selon les médias de Gaza proches du Hamas, Mohammed al-Wahidi, directeur des relations publiques du Comité égyptien d’aide à Gaza, une organisation égyptienne qui vient en aide aux Gazaouis, aurait été tué lors de cette frappe.

Certaines informations laissent croire que deux autres personnes ont également été tuées à ses côtés.

L’armée israélienne n’a pas fait de commentaires sur ces incidents.

Tsahal et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont chacun annoncé mardi avoir éliminé un commandant de la Nukhba et un commandant de la division du renseignement du Hamas lors de récentes frappes dans la bande de Gaza.

L’une de ces frappes a eu lieu dimanche dans le nord de l’enclave et elle a coûté la vie à Ahmad Yahya Ibrahim Batsh, commandant d’une cellule de la Nukhba, selon l’armée.

Tsahal a déclaré que Batsh s’employait depuis peu à organiser des attaques contre les troupes à Gaza.

Une autre frappe, qui a eu lieu lundi dans le sud de la bande de Gaza, a tué Hamouda Abu Daqa, commandant des services de renseignement, selon l’armée.

Des Gazaouis observant une voiture détruite à la suite d’une frappe militaire israélienne, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 juillet 2026. (Crédit : Mohammad Jahjouh/AP)

Tsahal a précisé qu’Abu Daqa aidait à collecter des renseignements sur les soldats pour commettre des attaques – et qu’il représentait donc une menace.

Cette annonce a fait suite à une déclaration de l’armée, lundi soir, qui a fait savoir qu’elle avait tué un commandant de la division d’entraînement du Hamas, Fadi Daghmash, qui organisait des attaques.

Ces derniers mois, Tsahal a intensifié ses attaques à l’encontre des terroristes de l’enclave, affirmant qu’ils représentaient une menace pour les soldats stationnés dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par l’armée israélienne, soit plus de la moitié du territoire.

C’est dans ce contexte que le gouvernement du Hamas à Gaza a annoncé lundi la dissolution du « Comité d’urgence » – l’administration dirigée par le groupe terroriste palestinien qui gouverne la bande de Gaza – en vue du transfert de l’autorité au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).

Ismail al-Thawabta, directeur général du bureau des médias du gouvernement du Hamas (au centre, à droite), s’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’hôpital Al-Aqsa de Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, le 6 juillet 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Une source palestinienne proche du dossier a déclaré au Times of Israel que cette initiative du Hamas visait à transformer la structure de gouvernance actuelle du groupe terroriste en cadre de transition, tout en intensifiant les pressions exercées sur le Conseil de Paix et sur Israël pour qu’ils autorisent le NCAG à entrer à Gaza.

Le mois dernier, des diplomates de chacun des pays médiateurs du Moyen-Orient – l’Égypte, le Qatar et la Turquie – avaient déclaré au Times of Israel que le Hamas cherchait à faire traîner les négociations sur la question du désarmement, qu’il a jusqu’à présent catégoriquement refusé d’accomplir.

Ils avaient également fait valoir que le refus d’Israël de respecter les termes de la première phase du cessez-le-feu d’octobre 2025 constituait un obstacle majeur à l’avancement des projets relatifs à la bande de Gaza.

Six blessés lors d’une attaque de résidents d’implantations dans les collines du sud de Hébron

En Cisjordanie, les médias palestiniens ont rapporté mardi que six Palestiniens ont été blessés par des résidents d’implantations dans le village d’Umm al-Khair, situé dans les collines du sud de Hébron.

Des images diffusées depuis les lieux montrent des Palestiniens et des résidents d’implantations en train de se battre, vraisemblablement dans la zone où se rejoignent Umm al-Khair et l’implantation voisine de Carmel.


Aucun autre détail n’a été rendu public.

Les médias palestiniens ont également rapporté que des résidents d’implantations avaient incendié lundi soir un bâtiment dans le village de Surif, également situé près de Hébron.

Des images diffusées en ligne semblent montrer quatre personnes se tenant à côté du bâtiment avant d’y mettre le feu.

Aucun blessé n’a été signalé.


Netanyahu reproche aux « tribunaux trop indulgents » de ne pas endiguer la violence des résidents d’implantations

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pointé du doigt les tribunaux israéliens, leur reprochant de laisser les résidents d’implantations violents s’en tirer à bon compte.

« C’est un groupe très soudé qui tente de contourner la loi, et lorsque nous les traduisons en justice, nos tribunaux se montrent très indulgents. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’ils sont jeunes, et j’ai déjà dit que nous devions contester cela, car je ne l’accepte pas », a répondu Netanyahu lorsqu’il a été interrogé sur la violence endémique et incontrôlée des résidents d’implantations lors d’une interview accordée à CNN.

Il a insisté sur le fait que les auteurs des attaques contre les Palestiniens, qui se produisent presque quotidiennement, ne provenaient pas des implantations, mais qu’il s’agissait plutôt d’un groupe de 100 à 150 « délinquants juvéniles » venant de l’extérieur de la Cisjordanie.


Cependant, les militants sur le terrain affirment que les auteurs de ces attaques sont des Israéliens ayant établi un nombre record d’avant-postes illégaux en Cisjordanie au cours des trois dernières années. Le gouvernement Netanyahu a fourni un financement et une protection importants à ces communautés sauvages, qui, selon les critiques, sont utilisées comme un outil pour déposséder les Palestiniens de leurs terres.

Alors que Netanyahu estime le nombre d’auteurs d’actes violents entre 100 et 150, les services de sécurité israéliens avancent eux-mêmes des chiffres bien plus élevés. Interrogé sur ce phénomène l’an dernier, Netanyahu l’avait minimisé en l’attribuant à « environ 70 jeunes ».

Israël est critiqué pour ne procéder qu’en de rares occasions à des arrestations en cas de violences commises par des résidents d’implantations ; les mises en examen et les condamnations sont encore plus rares.

Les chiffres de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, qui ont été publiés plus tôt cette année, ont révélé que le nombre de Palestiniens victimes d’attaques terroristes en Cisjordanie était trois fois supérieur à celui des Juifs.

Lors de l’interview accordée à CNN, Netanyahu a insisté sur le fait qu’Israël prenait cette question au sérieux.

« Nous menons de véritables enquêtes. Israël est un pays transparent. On ne peut pas dissimuler des crimes au sein de l’armée, on ne peut pas dissimuler des crimes au sein de la police… Nous allons nous en occuper, car c’est le genre de pays que nous sommes », a-t-il déclaré.

« Cette affaire est montée en épingle de manière incroyable et elle cause beaucoup de dégâts. Je pense que c’est une erreur en soi. Je n’accepte pas la justice populaire, qu’elle vienne d’Arabes ou de Juifs. »

Netanyahu a ensuite été interrogé pour savoir s’il s’engagerait à rendre justice au nom de Sayfollah Musallet, un Palestino-Américain de 20 ans, qui aurait été passé à tabac jusqu’à la mort par des résidents d’implantations l’an dernier.

Le Premier ministre a répondu qu’il n’était pas au courant de cette affaire, mais qu’il allait se pencher sur la question.

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