Netanyahu : « des adolescents issus de foyers brisés » derrière les violences en Cisjordanie
Selon le Premier ministre, des extrémistes juifs "tentent parfois d'incendier des maisons", le Hamas doit renoncer à ses 60 000 kalachnikovs pour que le plan Trump puisse avancer, et "tout peut arriver" si l'Iran intensifie ses actions
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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé mardi la recrudescence des violences contre des Palestiniens, affirmant aux médias américains que seuls « une poignée de jeunes » qui ne sont pas originaires de Cisjordanie étaient responsables de ces attaques.
« Quand ils en parlent, ils parlent d’une poignée de jeunes », a déclaré Netanyahu lors d’une interview accordée à Fox News pendant son déplacement aux États-Unis, faisant référence à une couverture médiatique « exagérée » de ces violences.
« Nous l’avons localisé. En réalité, il s’agit d’environ 70 jeunes. Ils ne viennent pas de Cisjordanie », a-t-il soutenu, utilisant le terme internationalement reconnu pour désigner ce territoire plutôt que l’expression biblique « Judée et Samarie » utilisée en Israël.
« Ce sont en réalité des adolescents issus de foyers brisés, qui coupent des oliviers et essaient parfois de brûler des maisons », a-t-il poursuivi.
« Je ne peux pas accepter cela. C’est de l’autodéfense. Je vais y mettre fin. »
On ne sait pas exactement à quelles données le Premier ministre faisait référence concernant le nombre d’extrémistes impliqués ni d’où ils viennent.
Au cours de l’année écoulée, on a assisté à une recrudescence des attaques perpétrées par des extrémistes juifs contre des Palestiniens et leurs biens en Cisjordanie.
L’armée israélienne a recensé au moins 752 incidents liés à des crimes nationalistes et à des violences commis par des extrémistes juifs depuis le début de l’année. Le total pour 2024 s’élevait à 675 cas.
Ces derniers mois, les attaques perpétrées par des Israéliens radicaux se sont intensifiées, poussant les agences de sécurité à investir davantage dans la lutte contre ce phénomène. Cependant, les poursuites judiciaires sont rares, et les condamnations encore plus. Les critiques accusent le gouvernement, le plus à droite de l’Histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques.
Netanyahu a affirmé mardi qu’il existait une « fausse symétrie » entre les actes de ces adolescents et les « milliers d’attaques terroristes » perpétrées contre les résidents d’implantations.
Interrogé sur ses désaccords manifestes avec le président américain Donald Trump concernant la Cisjordanie, Netanyahu a réfuté tout conflit significatif.
« Je pense que nous voulons tous deux voir un avenir dans lequel ce territoire ne servira plus à mener des attaques terroristes », a déclaré le Premier ministre.
« Nous avons fait beaucoup de choses à cet égard. Nous voulons également y construire de nombreuses infrastructures, tant pour nous que pour nos voisins palestiniens », a-t-il poursuivi.
« Mais je pense qu’en fin de compte, Israël doit exercer un contrôle militaire sur cette région. »
Trump et ses principaux conseillers ont fait part de leurs inquiétudes concernant plusieurs politiques israéliennes en Cisjordanie lors de leurs réunions lundi avec Netanyahu, a indiqué un responsable américain au Times of Israel.
Le président et ses conseillers ont particulièrement critiqué la vague de violences perpétrées par des extrémistes juifs, l’expansion des implantations et la rétention par Israël de plusieurs milliards de dollars de recettes fiscales de l’Autorité palestinienne (AP), a précisé le responsable américain.
L’AP affirme qu’Israël retient environ 2,5 milliards de shekels appartenant à Ramallah. Israël perçoit les recettes douanières au nom de l’AP et est censé les transférer chaque mois à Ramallah.
Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au groupe terroriste palestinien du Hamas.
Smotrich a également déclaré qu’il chercherait à provoquer l’effondrement du gouvernement de l’AP par un « étranglement économique » afin d’empêcher la création d’un État palestinien.
« 20 000 Gazaouis armés de kalachnikovs »
Concernant Gaza, Netanyahu a déclaré que le groupe terroriste palestinien du Hamas devait rendre ses dizaines de milliers d’armes pour que le plan de paix américain puisse avancer.
Interrogé sur les obstacles à la transition vers la deuxième phase du plan Trump pour Gaza, Netanyahu a répondu : « En un mot : le désarmement », ajoutant que « le Hamas s’est engagé à désarmer » mais « refuse de le faire ».
Or, si les responsables américains affirment que le Hamas avait accepté de désarmer peu avant la signature de la première phase de l’accord, le 9 octobre, le groupe terroriste n’a cessé de réfuter cette information.
Selon Netanyahu, le Hamas « dispose encore d’environ 20 000 hommes armés essentiellement de kalachnikovs, qu’ils utilisent régulièrement pour exécuter toute personne qui s’oppose à la poursuite de leur tyrannie ».
« Ils tuent beaucoup de Palestiniens qui ne veulent pas d’eux et ils possèdent au total 60 000 fusils AK », a-t-il déclaré, faisant vraisemblablement référence aux exécutions de Gazaouis par le Hamas pour des crimes présumés, comme le vol d’aide humanitaire, la consommation de drogue ou la collaboration avec Israël.
« Voilà ce que signifie le désarmement : il faut leur retirer tous ces fusils, les leur enlever, et détruire ces tunnels terroristes qu’ils ont creusés, des centaines de kilomètres de tunnels de terreur. Le Hamas refuse de le faire », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la possibilité de mettre en œuvre la deuxième phase du plan pour Gaza malgré le refus du Hamas de désarmer, Netanyahu a répondu : « Écoutez, je pense que nous devons tenter le coup. »
« Il y a une tentative pour mettre en place une force internationale », a-t-il poursuivi, faisant référence à la Force internationale de stabilisation (ISF) qui serait déployée à Gaza dans le cadre du plan américain.
« Jusqu’à présent, cela n’a pas abouti, mais nous allons tenter le coup. Parce que si cela peut être fait… de manière simple, tant mieux. Et si ce n’est pas le cas, cela sera fait d’une autre manière. »
Dans ses déclarations sur le plan pour Gaza, le Premier ministre n’a pas mentionné le sergent-chef Ran Gvili, tué par des terroristes le 7-Octobre et dont le corps est toujours détenu dans la bande de Gaza.
Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé en octobre, le Hamas a relâché les vingt derniers otages encore en vie et s’est engagé à restituer les dépouilles des vingt-huit otages morts dans les soixante-douze heures.
Lors d’une conférence de presse avec Netanyahu lundi, Trump a refusé de répondre directement à la question de savoir s’il autoriserait le lancement de la deuxième phase avant le retour de Gvili.
Si l’Iran cherche à aggraver la situation, « tout peut arriver »
Concernant l’Iran, Netanyahu a déclaré que la République islamique tentait de restaurer ses capacités nucléaires et balistiques, endommagées lors de la guerre de juin menée par Israël et les États-Unis.
« Nous les avons considérablement retardés dans ces deux domaines, mais oui, ils vont essayer », a ajouté Netanyahu.
« Je pense que le vrai problème avec l’Iran est qu’ils doivent accepter le fait qu’ils ne devraient pas avoir la capacité d’enrichir de l’uranium. Ils devraient retirer tout le matériel qu’ils ont déjà enrichi, le sortir d’Iran et accepter des inspections. »
Netanyahu a noté que Téhéran avait repris la production de missiles balistiques dans les mois qui ont suivi la guerre de juin et a déclaré : « En ce qui concerne le programme nucléaire, je pense qu’ils essaient de le faire. »
Il a toutefois ajouté qu’il n’était « pas sûr qu’ils aient décidé de franchir la ligne ».
« Nous ne cherchons pas à aggraver la situation. J’espère qu’ils ne le feront pas, mais s’ils le font, tout peut arriver. »
Trump et Netanyahu ont discuté lundi de la possibilité d’une nouvelle action militaire contre Téhéran, six mois après la guerre aérienne de douze jours qui a débuté en juin par le lancement de l’Opération « Rising Lion », une attaque surprise d’Israël contre des cibles stratégiques iraniennes. Téhéran a riposté en lançant des salves de missiles balistiques sur des centres urbains, des infrastructures critiques et des installations militaires israéliens.
Selon Israël, cette opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
Les États-Unis ont appuyé cette attaque en bombardant plusieurs installations nucléaires clés, puis ont rapidement négocié un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran.
La reconnaissance du Somaliland
Dans une autre interview accordée à Newsmax, Netanyahu a défendu la récente décision d’Israël de reconnaître officiellement la République autoproclamée du Somaliland, malgré la condamnation internationale de cette initiative.
« Pourquoi ne pas soutenir un pays démocratique modéré qui souhaite adhérer aux Accords d’Abraham ? Je pense que tout le monde devrait le faire », a répondu Netanyahu lorsqu’on lui a demandé les raisons de cette décision, qui a suscité de nombreuses réactions négatives de la part de pays à majorité musulmane et d’Europe.
« Le Somaliland compte six millions de citoyens, des musulmans modérés. Ils veulent adhérer aux Accords d’Abraham, et je pense que c’est une très bonne chose. »
« Ce sont des démocrates, ils ont organisé des élections », a-t-il poursuivi, soulignant ainsi la différence avec « le reste de la Somalie, un véritable chaos où sévissent les terroristes d’al-Shabaab, qui n’a jamais organisé d’élections depuis des décennies et qui a vu arriver beaucoup de terroristes ».
Suite à l’annonce faite par Netanyahu la semaine dernière, la chaîne N12 a rapporté que la perspective d’établir des liens entre Israël et le Somaliland était apparue alors qu’Israël recherchait des pays prêts à accueillir des Gazaouis pendant la guerre contre le Hamas.
Une autre raison pour laquelle Israël souhaite renforcer ses liens avec le Somaliland est la proximité de ce dernier avec le Yémen, ce qui faciliterait les frappes et la surveillance des Houthis, un groupe terroriste yéménite soutenu par la République islamique d’Iran.
Les Houthis, dont le slogan est « la mort de l’Amérique, la mort d’Israël [et] la malédiction sur les Juifs », ont commencé à attaquer Israël et le trafic maritime en novembre 2023, soit un mois après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre.
Israël a riposté en attaquant des cibles houthies. Le groupe terroriste yéménite a respecté les cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
Jacob Magid a contribué à cet article.
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