Le Hamas rejette le désarmement, confirme la mort de Saad dans une frappe israélienne
Dans un discours, le chef terroriste Khalil al-Hayya a estimé que la force internationale de stabilisation ne devait pas être autorisée à prendre le contrôle de Gaza
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Khalil al-Hayya, le chef du Hamas, a expliqué, dans la journée de dimanche, que les armes qui appartiennent au groupe terroriste étaient « un droit garanti par le droit international », rejetant l’idée de la Force internationale de stabilisation (ISF), une force dont la formation est envisagée dans le cadre du plan de paix pour Gaza qui a été préparé par le président américain Donald Trump – un plan qui a été inscrit dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, le mois dernier.
Dans un discours prononcé à l’occasion du 38e anniversaire de la création du Hamas, Hayya a également confirmé que Tsahal avait tué Raad Saad, un haut commandant du Hamas, dans la journée de samedi. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur à Gaza, placé sous la direction du Hamas, a accusé Israël d’avoir orchestré l’assassinat d’un agent de sécurité du groupe terroriste, dimanche dans la matinée.
Selon un document qui a été diffusé par le Hamas, Hayya a appelé dans son discours à la poursuite du plan de cessez-le-feu, « et en particulier à l’achèvement de la première phase, qui englobe l’entrée de l’aide humanitaire » à Gaza.
La première phase, qui a servi de base à l’accord actuel de cessez-le-feu – et qui a également ouvert la porte à la remise en liberté des otages – prendra fin quand le Hamas aura restitué les 48 otages vivants et décédés qui se trouvaient encore au sein de l’enclave le 9 octobre, date de la signature de l’accord de trêve.
La dépouille d’un otage, le sergent-chef de la police israélienne Ran Gvili, se trouve toujours à Gaza aujourd’hui.
La deuxième phase du plan de Trump prévoit qu’une force internationale de stabilisation (ISF) désarmera le Hamas et prendra le contrôle de la bande, Israël procédant, de son côté, à un nouveau retrait du territoire.
Mais Hayya a expliqué, dans son discours, que l’ISF devrait se contenter de « maintenir le respect du cessez-le-feu et séparer les parties le long de la frontière de la bande de Gaza ».
D’autre part, il a déclaré que le Hamas – le plan de Trump interdit au groupe terroriste de jouer un quelconque rôle à Gaza – était prêt à céder ses pouvoirs et à « faciliter le travail » de la commission palestinienne technocratique apolitique qui serait chargée d’administrer la bande au niveau civil dans le cadre du plan.
Le Hamas restera ferme dans son « refus de toute forme de tutelle » sur le peuple palestinien et il ne renoncera pas à ses armes tant qu’il n’y aura pas d’État palestinien, a ajouté le chef du groupe terroriste.
« Nous affirmons que la résistance et ses armes sont un droit légitime qui est garanti par le droit international à toutes les nations placées sous occupation », a-t-il indiqué. « Nous sommes ouverts à l’étude de toute proposition visant à préserver ce droit tout en garantissant la création d’un État palestinien indépendant, et le droit à l’autodétermination de notre nation palestinienne ».
Le plan de Trump laisse entendre qu’une « voie crédible » vers l’autodétermination et vers l’établissement d’un État palestinien pourrait être possible si Gaza était démilitarisée et reconstruite et si l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie se réformait en profondeur de manière à pouvoir prendre le contrôle de la bande, en remplacement des forces internationales déployées sur le terrain. Depuis la présentation du plan, qui a eu lieu au mois de septembre, l’Autorité palestinienne s’est engagée à organiser des élections et à rédiger une constitution provisoire, entre autres.
Dans son discours, Hayya a appelé le Fatah, le rival laïc du Hamas qui est majoritaire au sein de l’Autorité palestinienne, à « trouver un terrain d’entente et à s’accorder sur un programme national commun », avec notamment « la relance de la vie politique palestinienne par les urnes ».
Hayya a également salué le pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023 – les hommes armés avaient tué plus de 1200 personnes en Israël – et il a remercié les pays arabes et musulmans qui ont apporté une aide humanitaire à Gaza pendant la guerre qui a suivi.
Il a notamment cité la Russie et la Chine, les félicitant pour leur positionnement pro-palestinien au Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que la Turquie, l’Égypte et le Qatar, médiateurs du cessez-le-feu, et l’Afrique du Sud, qui a engagé une procédure devant la Cour internationale de justice où elle dénonce un « génocide » des Palestiniens de la part d’Israël.
De plus, Hayya a salué « ceux qui ont soutenu notre peuple sur les places publiques, dans les rues et dans les universités », ainsi que les flottilles Freedom et Sumud, qui avaient été interceptées par Israël alors qu’elles se rendaient à Gaza pour y briser le blocus maritime, cette année.
Il a également rendu hommage aux « martyrs » qui ont été tués par Israël pendant et depuis l’attaque sanglante du 7 octobre – notamment le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui est mort l’année dernière, le commandant de la Force Quds iranienne Saeed Izadi, qui a perdu la vie pendant la guerre de 12 jours qui a opposé Israël à l’Iran, au mois de juin dernier, et Saad, le commandant militaire du Hamas qui a été tué samedi lors d’une frappe aérienne israélienne qui a visé Gaza City.
L’État juif a confirmé la mort de Saad dans la journée de samedi – les médias palestiniens faisant savoir que cinq personnes au total ont trouvé la mort dans l’attaque qui a pris pour cible une voiture qui circulait sur la route côtière de Rashid.
Hayya a déclaré que Saad « est tombé en martyr aux côtés de ses frères qui l’accompagnaient », sans donner plus de détails.
Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur, placé sous l’autorité du Hamas, a expliqué dimanche que l’un de ses officiers, le lieutenant-colonel Ahmed Zamzam, avait été abattu par des individus armés dans le camp de réfugiés de Maghazi, dans le centre de Gaza, et qu’un suspect avait été appréhendé.
Plus tard, citant le contenu d’une enquête préliminaire, le ministère a annoncé que Zamzam avait été tué par un groupe soutenu par Israël, qui agissait sous les ordres de ce dernier.
« L’assassinat a été perpétré par des agents de l’occupation sous les ordres directs des services de renseignement israéliens », a dit le ministère de l’Intérieur au sein de l’enclave, ajoutant que l’enquête était en cours et que « les autres auteurs » de l’attaque étaient recherchés.
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