L’administration Trump s’inquiète de certaines politiques israéliennes en Cisjordanie
Interrogé sur la violence des pro-implantations, Trump dit ne pas être "à 100 %" d'accord avec Netanyahu sur la Cisjordanie, mais pense que le Premier ministre "fera ce qu'il faut" ; les US craindraient l'effondrement de l'AP
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump et ses principaux conseillers ont fait part de leurs inquiétudes concernant plusieurs politiques israéliennes en Cisjordanie lors de leurs réunions avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu en visite à West Palm Beach, a indiqué un responsable américain au Times of Israel mardi.
Le président et ses conseillers ont particulièrement critiqué la vague de violences perpétrées par des extrémistes juifs, l’expansion des implantations et la rétention par Israël de plusieurs milliards de dollars de recettes fiscales de l’Autorité palestinienne (AP), ce qui a conduit le gouvernement basé à Ramallah au bord de l’effondrement, a déclaré le responsable américain, confirmant ainsi un article publié sur le site d’information Axios. Les États-Unis auraient fait pression sur Israël pour qu’il débloque ces montants.
L’AP affirme qu’Israël retient environ 2,5 milliards de shekels appartenant à Ramallah. Israël perçoit les recettes douanières au nom de l’AP et est censé les transférer chaque mois à Ramallah.
Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au groupe terroriste palestinien du Hamas.
Le responsable a précisé que les discussions sur ces questions avaient été cordiales, même si Washington a exprimé sa crainte que l’instabilité en Cisjordanie ne nuise aux efforts visant à stabiliser la bande de Gaza et à élargir les Accords d’Abraham.
Interrogé pour savoir s’il avait abordé la question des violences perpétrées par des extrémistes juifs lors de sa rencontre avec Netanyahu, Trump a répondu aux journalistes, après coup, que les deux hommes avaient longuement discuté de la Cisjordanie et qu’ils n’étaient pas d’accord sur tout, mais qu’il était convaincu que le Premier ministre « ferait ce qu’il faut ».
Netanyahu subit une pression importante de la part de certains de ses partenaires de coalition qui soutiennent la poursuite de l’expansion de la présence juive, l’annexion de la Cisjordanie et l’effondrement de l’Autorité palestinienne.
La Maison Blanche n’a pas répondu à une demande de commentaire sur ce sujet.
L’année écoulée a vu une recrudescence des attaques perpétrées par des extrémistes partisans du mouvement pro-implantations contre des Palestiniens et leurs biens, dans toute la Cisjordanie. L’armée israélienne a ainsi enregistré plus de 752 incidents liés à des crimes nationalistes et à des violences commises par des résidents d’implantations depuis le début de l’année. Pour 2024, 675 incidents avaient été recensés au total.
Ces attaques, qui se produisent presque quotidiennement, restent largement impunies. Les poursuites judiciaires visant des extrémistes juifs sont rares, et les condamnations le sont encore plus. Les critiques accusent le gouvernement, le plus à droite de l’histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques.
Outre la violence des résidents d’implantations, Israël a pris des mesures pour renforcer encore davantage sa présence civile en Cisjordanie. L’État juif a ainsi annoncé, la semaine dernière, la création de 11 nouvelles implantations et la reconnaissance de huit avant-postes supplémentaires sur le territoire.
Au début du mois, les Nations unies ont déclaré que l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie, qui sont considérées comme illégales au regard du droit international, avait atteint son plus haut niveau depuis au moins 2017. Une position juridique qu’Israël conteste, invoquant ses liens historiques avec la région et la nécessité sécuritaire de la conserver.
Malgré ces désaccords sur la Cisjordanie, cette rencontre de lundi entre Trump et Netanyahu a été « la meilleure » des six qu’ils ont tenues depuis le retour au pouvoir du premier, a indiqué au Times of Israel un haut responsable israélien présent à la réunion.
« Excellente réunion », a commenté le responsable, faisant écho aux impressions rapportées par Trump et Netanyahu lors d’une conférence de presse à l’issue de ce sommet qui s’est tenu à l’heure du déjeuner, dans le complexe Mar-a-Lago du président.
Trump a affirmé que les deux parties étaient parvenues à « de nombreuses conclusions » durant cette réunion, au cours de laquelle ont été abordées, notamment, la gestion de la menace iranienne, le désarmement potentiel du Hamas et du Hezbollah, ainsi que d’autres questions régionales majeures.
Lors de la conférence de presse, les deux dirigeants se sont mutuellement félicités, Trump saluant Netanyahu comme un « Premier ministre en temps de guerre » qui a « accompli un travail phénoménal ».
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