Le ministre de la Défense Israel Katz a justifié l’interdiction en vigueur d’accès à la bande de Gaza pour la presse étrangère, en invoquant le risque que représentent les troupes de l’armée israélienne pour les professionnels des médias, a rapporté Haaretz.
Katz réagissait ainsi à une question du chef du parti radical Hadash-Taal, Ayman Odeh, qui avait remis en cause la politique du gouvernement interdisant aux journalistes d’entrer à Gaza.
Selon l’article, Katz a affirmé que les violations répétées du cessez-le-feu actuel par le groupe terroriste palestinien du Hamas « entraînaient des réactions immédiates de Tsahal qui pourraient mettre en danger les journalistes et nos soldats ». Il a ajouté qu’en raison du caractère confidentiel de l’affaire, il ne pouvait fournir davantage de détails.
Israël maintient l’interdiction d’accès de la presse étrangère à l’enclave depuis le début de la guerre, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Toutefois, certains journalistes ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza en tant que reporters embarqués avec les troupes de Tsahal.
L’Association de la presse étrangère (FPA) a déposé deux recours auprès de la Haute Cour de justice à ce sujet. Le premier a été rejeté pour des raisons de sécurité, tandis que le second, déposé il y a plus d’un an, a été reporté à plusieurs reprises pour laisser à l’État le temps de présenter sa réponse.
La semaine dernière, la Cour a accepté une nouvelle demande de prolongation de la part de l’État et exige désormais qu’il soumette sa réponse d’ici dimanche.
Me Gilad Shar, qui représente la FPA, a critiqué la position du gouvernement, estimant qu’elle « bafoue les droits constitutionnels fondamentaux » et ternit l’image d’Israël en tant que démocratie. Il a souligné que le refus continu d’accorder l’accès aux journalistes étrangers témoignait d’un mépris pour la liberté de la presse et la liberté d’expression.
Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 206 professionnels des médias ont été tués pendant le conflit à Gaza, dont 59 auraient été spécifiquement pris pour cible par les troupes israéliennes.
Israël, qui conteste avoir pris pour cible des journalistes, affirme que la majorité des personnes tuées entretenaient des liens avec le Hamas.