La majorité des « journalistes » tués à Gaza étaient liés au terrorisme – étude
Selon le Centre Meir Amit, 60 % des "professionnels des médias" tués depuis octobre 2023 étaient liés au Hamas ou au Jihad islamique palestinien ; la communauté internationale continue de critiquer la politique d'Israël envers la presse
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Une nouvelle étude réalisée par le Centre d’information sur le renseignement et le terrorisme Meir Amit (ITIC) révèle que la majorité des journalistes basés à Gaza tués depuis le début de la guerre actuelle étaient des membres actifs ou étroitement liés à des organisations terroristes, principalement le Hamas et le Jihad islamique palestinien.
Publiée jeudi, cette étude a examiné l’identité de 266 personnes identifiées comme « journalistes » ou « professionnels des médias » et tuées à Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2023. Selon l’ITIC, au moins 157 d’entre eux, soit environ 60 %, étaient membres de groupes terroristes ou clairement affiliés à ceux-ci : 104 appartenaient au Hamas et 45 au Jihad islamique palestinien.
D’autres étaient liés à la branche armée du Fatah, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, ainsi qu’au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), au Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) et aux Comités de résistance populaire.
Selon l’étude, certains n’étaient pas seulement affiliés, mais servaient également d’opérateurs armés au sein d’unités armées.
L’ITIC a souligné que ses conclusions s’appuient sur des archives publiques, des informations relayées par les médias palestiniens et des documents du groupe terroriste palestinien Hamas saisis par l’armée israélienne lors d’opérations terrestres à Gaza.
Journalisme armé
L’un des axes principaux de l’étude porte sur ce qui est décrit comme la « double identité » : des journalistes ayant également joué un rôle actif au sein de groupes armés. Selon les conclusions, certains reporters intégrés à ces organisations ont pris part à des activités armées ou ont servi dans des services de propagande que le Hamas considère comme essentiels à sa stratégie de guerre de l’information.
L’étude a également confirmé ce qu’Israël avait déjà affirmé, à savoir que plusieurs journalistes proches du Hamas avaient été prévenus à l’avance de l’attaque du 7-Octobre, qu’ils étaient arrivés dans la zone frontalière puis dans des communautés israéliennes alors que les combats faisaient encore rage, et qu’ils avaient retransmis les événements en direct depuis les lieux.
Elle décrit en détail la coopération présumée entre le Hamas et la chaîne qatarie Al Jazeera, notamment les directives éditoriales que le Hamas aurait données au bureau de la chaîne à Gaza.
Al Jazeera a rejeté les précédentes allégations israéliennes, les qualifiant d’attaques politiques visant à museler sa couverture médiatique.
Une frontière floue dans les médias de Gaza
Selon le Centre Meir Amit, les professionnels des médias employés par des médias contrôlés ou affiliés au Hamas ne peuvent être considérés comme des journalistes indépendants.
Ses chercheurs ont déclaré que les frontières entre la presse et l’appareil politico-armé étaient souvent floues à Gaza ; selon eux, travailler pour un média géré par le Hamas équivaut à adhérer à ce groupe terroriste.
Toutefois, l’étude reconnaît que sa liste comprend des personnes dont les liens avec ce groupe terroriste sont flous ou non vérifiés.
Reporters sans frontières fustige Israël pour les victimes
Malgré les arguments avancés par Israël, des organisations de défense de la liberté de la presse continuent de critiquer la manière dont ce pays traite la question de la sécurité des journalistes.
Mardi, Reporters sans frontières (RSF) a ainsi affirmé qu’Israël était responsable de près de la moitié des journalistes tués dans le monde au cours de l’année écoulée, citant 29 journalistes gazaouis qui auraient été tués par Tsahal dans l’enclave. Son rapport annuel fait état de 67 journalistes tués dans le monde depuis décembre 2024, dont 43 % par les soldats israéliens, faisant d’Israël « le pire ennemi des journalistes » au cours de la période étudiée.
RSF a également désigné la frappe du 25 août contre l’hôpital Nasser, à Khan Younès, qui a coûté la vie à cinq journalistes, dont deux collaborateurs de Reuters et de l’Associated Press, comme l’attaque la plus meurtrière. Israël a expliqué avoir visé une caméra de surveillance du Hamas et a exprimé ses regrets pour ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié de « tragique accident ». Tsahal a ouvert une enquête sur cette frappe.
Selon RSF, près de 220 journalistes auraient été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023, faisant d’Israël l’acteur le plus meurtrier pour les journalistes depuis trois années consécutives.
Accès limité de la presse à Gaza
Le débat sur qui est un « journaliste » – et qui est une cible légitime – a été ravivé par l’interdiction persistante imposée par Israël aux journalistes étrangers indépendants d’entrer dans l’enclave, une politique en vigueur depuis le début de la guerre il y a plus de deux ans.
Si les journalistes israéliens et un nombre limité de journalistes étrangers ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza, toutes ces visites sont étroitement contrôlées par Tsahal, qui restreint les déplacements, les prises de vue et les interviews.
L’Association de la presse étrangère (FPA) a déposé un recours devant la Cour suprême israélienne il y a plus d’un an afin d’obtenir un accès sans restriction. L’État hébreu a reporté sa réponse à plusieurs reprises. Cette semaine, la Cour a approuvé une neuvième prolongation, donnant au gouvernement jusqu’au 21 décembre pour déposer sa réponse.
« La situation est plus qu’absurde », a estimé la FPA dans un communiqué en réaction à cette dernière prolongation, accusant le gouvernement d’obstruction et le tribunal de le permettre.
« Nous sommes consternés de constater que le gouvernement continue de tergiverser et nous sommes profondément déçus de voir que la Cour continue de lui permettre de le faire. Ces retards répétés ont privé le monde d’un aperçu plus complet de la situation à Gaza et tournent en dérision l’ensemble du processus judiciaire. »
Ces derniers mois, la pression internationale s’est intensifiée. En août, 28 pays, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont publiquement appelé Israël à autoriser la presse étrangère à entrer dans la bande de Gaza.
En novembre, il a été rapporté que l’administration du président américain Donald Trump faisait également pression sur Jérusalem pour qu’elle autorise l’accès des journalistes indépendants à l’enclave, à la suite de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu.
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