Affaire 4 000 : Trump envoie une lettre à Herzog lui demandant de gracier Netanyahu
Selon Yaïr Lapid, une grâce présidentielle exigerait que le Premier ministre admette sa culpabilité dans ce procès pour corruption que le président américain juge "injustifié"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le président américain, Donald Trump, a envoyé une lettre au président israélien, Isaac Herzog, dans laquelle il lui demande officiellement de gracier le Premier ministre Benjamin Netanyahu, actuellement jugé pour corruption.
« C’est un honneur pour moi de vous écrire en ce moment historique, alors que nous venons de garantir ensemble une paix recherchée depuis au moins 3 000 ans », a écrit Trump dans cette lettre reçue mercredi matin par Herzog.
« Je vous demande par la présente de gracier pleinement Benjamin Netanyahu, qui a été un Premier ministre formidable et décisif en temps de guerre, et qui conduit aujourd’hui Israël vers une ère de paix, dans le cadre de laquelle je continue à travailler avec les principaux dirigeants du Moyen-Orient afin d’ajouter de nombreux autres pays aux Accords d’Abraham qui changent le monde. »
Trump a souligné qu’il « respectait totalement l’indépendance du système judiciaire israélien », mais a décrié les accusations de corruption portées contre Netanyahu comme étant « des poursuites politiques injustifiées ».
« Isaac, nous avons établi une excellente relation, dont je suis très reconnaissant et honoré, et nous avons convenu dès mon investiture en janvier que l’accent devait être mis sur le retour des otages et la conclusion d’un accord de paix. »
« Maintenant que nous avons obtenu ces succès sans précédent et que nous tenons le Hamas en échec, il est temps de laisser Bibi unir Israël en lui accordant une grâce et en mettant fin une fois pour toutes à cette guerre juridique », a conclu Trump.
Trump, qui a lui-même été condamné en 2024 pour 34 chefs d’accusation dans une affaire de pots-de-vin, a appelé à plusieurs reprises ces derniers mois Herzog à gracier Netanyahu, notamment lors d’un discours à la Knesset en octobre.
Le Premier ministre est actuellement jugé pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes liées à des allégations de corruption à son encontre. Son procès, qui a débuté en 2020, est loin d’être terminé.
Herzog a refusé de prendre position, déclarant dans un communiqué publié par son bureau qu’une demande de grâce devait suivre la procédure officielle.
« Le président voue un grand respect au président Trump et lui exprime régulièrement sa gratitude pour son soutien indéfectible à Israël et son immense contribution au retour des otages, à la restructuration du Moyen-Orient et de Gaza, ainsi qu’à la sauvegarde de la sécurité d’Israël », a déclaré la présidence.
« Sans rien ôter à ce qui précède, comme le président l’a clairement indiqué à maintes reprises, toute personne souhaitant obtenir une grâce doit présenter une demande officielle conformément aux procédures établies. »
Le président est habilité à accorder des grâces aux personnes condamnées par un tribunal et, dans de très rares cas, avant même la fin de la procédure judiciaire si cela est jugé d’intérêt public.
La demande doit être faite par la personne qui sollicite la grâce ou par un membre de sa famille proche. Netanyahu et ses proches ne l’ont pas encore fait. Cependant, le mois dernier, la Treizième chaîne a rapporté, citant des sources au sein du bureau du Premier ministre, qu’il était question que son épouse, Sara, soumette une demande.
Cette dernière demande de Trump visant à obtenir la grâce de Netanyahu a été saluée par les membres de la coalition du Premier ministre, tandis que les députés de l’opposition ont critiqué ce dernier pour avoir semblé solliciter l’aide du président américain afin de résoudre ses problèmes judiciaires.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a souligné que cela exigerait du Premier ministre qu’il admette avoir enfreint la loi.
« Pour rappel, la loi israélienne stipule que la première condition pour bénéficier d’une grâce est d’admettre sa culpabilité et d’exprimer des remords pour ses actes », a déclaré Lapid dans un communiqué.
Parallèlement, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a appelé Herzog à accéder à la demande de Trump.
« Les accusations forgées de toutes pièces et honteuses portées contre le Premier ministre Netanyahu se sont depuis longtemps transformées en accusations contre le ministère public, dont la honte et les crimes sont exposés quotidiennement au grand jour lors du procès. Une grâce dans cette affaire est la chose juste et urgente à faire. Président Herzog, écoutez le président Trump », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a déclaré que le Premier ministre devrait démissionner s’il n’était pas en mesure de diriger le pays et de faire face à la justice en même temps.
« Netanyahu affirme que rien n’a été et que rien ne résultera [des accusations], mais en même temps, il supplie Trump de l’aider à obtenir une grâce », a affirmé Golan.
« S’il a du mal à diriger un pays et à mener un procès en même temps, il devrait démissionner. La loi est claire : tous sont égaux devant elle. »
Jeremy Sharon a contribué à cet article.
la Communauté du Times of Israël !







