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Cisjordanie : 19 nouvelles implantations créées, dont des avant-postes légalisés

11 nouvelles implantations vont être construites, 8 avant-postes et quartiers, dont 2 évacués en 2005, seront légalisés ; pour Smotrich, il s'agit d'empêcher la création d'un État palestinien

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Vue de l'avant-poste israélien d'Esh Kodesh, en Cisjordanie, le 14 décembre 2025. (Crédit : Zain JAAFAR / AFP)
Vue de l'avant-poste israélien d'Esh Kodesh, en Cisjordanie, le 14 décembre 2025. (Crédit : Zain JAAFAR / AFP)

Dimanche, le gouvernement a officiellement annoncé la création de 11 nouvelles implantations en Cisjordanie, ainsi que la légalisation ou la reconnaissance officielle de huit avant-postes illégaux et de « quartiers » d’implantations.

Les nouvelles implantations, qui s’étendent sur toute la longueur et la largeur de la Cisjordanie, ont été décrites en détail dans une résolution qui a été proposée par le ministre de la Défense Israel Katz et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, puis approuvée par le cabinet de sécurité le 12 décembre.

Smotrich a indiqué que ces mesures visaient à contrecarrer la création d’un État palestinien.

Les implantations nouvellement reconnues sont Kida, Esh Kodesh, Givat Harel, Mishol, Kochav Hashachar-Nord, Nof Gilad, Ganim, Kadim, Shalem, Har Bezek, Reihanit, Rosh Haayin-Est, Tammun, Pnei Kedem, Yatziv, Yaar El Keren, Allenby, Yitav-Ouest et Nahal Doron.

Environ la moitié des avant-postes sont situés au cœur de la Cisjordanie. Les autres sont répartis de manière plus ou moins uniforme le long de la Ligne verte qui sépare le territoire palestinien d’Israël.

Certains avant-postes existent depuis des décennies. Givat Harel, par exemple, a été créé en 1998 et Esh Kodesh, situé à proximité, en 2000, a fait savoir l’organisation La Paix Maintenant, chargée de surveiller les implantations.

Une photo aérienne prise le 3 février 2023 montre l’avant-poste israélien de Givat Harel, près de l’implantation de Shiloh, en Cisjordanie, au nord de Ramallah. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Ganim et Kadim ont été évacués conformément aux termes de l’accord de désengagement de 2005, dans le cadre duquel Israël s’est retiré unilatéralement de Gaza et de quatre implantations situées dans le nord du district de Samarie, en Cisjordanie. Les deux autres, Homesh et Sa Nur, ont été officiellement rétablies en mai de cette année.

En mars 2023, le gouvernement a adopté une loi annulant les dispositions législatives qui avaient conduit à l’évacuation de ces quatre implantations, ouvrant ainsi la voie à leur rétablissement.

Par ailleurs, en février 2023, le cabinet de sécurité a approuvé une décision visant à séparer le quartier de Givat Harel de celui de Givat Haroeh.

« Après 20 ans, nous réparons enfin une douloureuse injustice, et réintégrons Ganim et Kadim à la carte des implantations, aux côtés d’autres importantes communautés de Judée-Samarie », a déclaré Smotrich en annonçant les nouvelles implantations.

« Nous mettons ainsi un terme à la création d’un État terroriste palestinien sur le territoire. Nous continuerons à développer, à construire et nous implanter sur la terre de nos ancêtres. Nous sommes sur la bonne voie, nous en sommes convaincus », a-t-il ajouté.

La communauté internationale, à l’exception notable des États-Unis sous la présidence de Donald Trump, considère que les implantations israéliennes en Cisjordanie sont illégales au regard du droit international. Israël, qui a conquis cette région lors de la guerre des Six Jours en 1967, conteste cette position, invoquant ses liens historiques avec elle ainsi que la nécessité impérative de la conserver, pour des raisons de sécurité.

Ces dernières autorisations en date interviennent quelques jours après que les Nations unies ont déclaré que l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie avait atteint son plus haut niveau depuis – au moins – 2017.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, chef du parti HaTzionout HaDatit, lors d’une réunion de faction de la Knesset, à Jérusalem, le 8 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Smotrich a inclus dans le budget de l’État, approuvé par le cabinet la semaine dernière, un plan quinquennal d’un montant de quelque 2,7 milliards de shekels destiné à l’expansion des implantations et à la légalisation des avant-postes construits sans autorisation du gouvernement. Un plan rejeté par la majorité des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage réalisé au début du mois par Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Les autorisations accordées dimanche porte à 69 le nombre d’implantations dont le gouvernement a approuvé la construction ou qu’il a légalisées rétroactivement depuis son entrée en fonction, à la fin de 2022, a indiqué Smotrich.

Avant cela, pratiquement aucune nouvelle implantation n’avait été approuvée et aucun avant-poste n’avait été légalisé depuis la fin des années 1990.

Selon l’organisation La Paix Maintenant, cette approbation augmente le nombre d’implantations en Cisjordanie de près de 50 %, passant de 141 en 2022 à 210 après la série d’autorisations actuelle.

L’expansion des implantations en Cisjordanie a atteint son rythme le plus élevé depuis au moins 2017, date à laquelle les Nations unies ont commencé à effectuer un suivi de ces données, selon un rapport publié au début du mois par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

En 2025, « près de 47 390 logements ont été planifiés, approuvés ou mis en adjudication, contre environ 26 170 en 2024 », indique ce rapport, consulté par l’AFP.

Guterres a condamné cette expansion « incessante », affirmant qu’elle « continue d’alimenter les tensions, d’empêcher les Palestiniens d’accéder à leurs terres, et de menacer la viabilité d’un État palestinien pleinement indépendant, démocratique, contigu et souverain ».

« Ces chiffres représentent une forte hausse par rapport aux années précédentes », a-t-il souligné, précisant que, en moyenne, ce sont 12 815 logements qui ont été ajoutés chaque année entre 2017 et 2022.

Depuis la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, les appels à la création d’un État palestinien se sont multipliés. Plusieurs pays européens, le Canada et l’Australie ont récemment décidé de reconnaître officiellement un tel État, suscitant les reproches d’Israël, qui a qualifié ces déclarations de récompenses accordées au terrorisme.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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