Comprendre les différents organes de supervision sur Gaza créés par Trump
Un gouvernement de technocrates palestiniens gérera les affaires courantes à Gaza et, ce qui prête à confusion, sera encadré par le Conseil de Paix et deux comités exécutifs distincts aux noms presque identiques
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L’administration du président américain Donald Trump a annoncé le 14 janvier dernier le lancement de la deuxième phase de son plan en vingt points visant à mettre fin à la guerre à Gaza. Cette phase prévoit la création de plusieurs organes chargés de gouverner la bande de Gaza à la place du groupe terroriste palestinien du Hamas.
Beaucoup de ces nouveaux organes ont des noms similaires et certains joueront un rôle essentiellement symbolique. Voici ce que l’on sait.
« Conseil de Paix »
Mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies, le Conseil de Paix est l’organe faîtier qui supervisera la gestion de l’après-guerre à Gaza jusqu’à la fin de l’année 2027.
Le Conseil de Paix est présidé par Trump et sera principalement composé de chefs d’État du monde entier.
Les invitations officielles à devenir membre du Conseil de Paix ont été envoyées vendredi, et samedi, les dirigeants de la Turquie, de l’Égypte, du Canada et de l’Argentine ont confirmé avoir reçu l’offre, ce qui laisse penser qu’ils l’accepteront probablement.
Bien qu’il s’agisse du plus important de tous les organes créés, le Conseil de Paix jouera un rôle essentiellement symbolique et sera surtout pertinent lors de la phase de collecte de fonds, a déclaré au Times of Israel un haut diplomate arabe.
La Charte de cet organe, consultée par le Times of Israel, ne fait aucune mention de Gaza, ce qui corrobore les informations publiées au début du mois selon lesquelles Washington envisage que le Conseil de Paix supplante les Nations unies en s’impliquant dans la résolution d’autres conflits à travers le monde.
Cependant, le mandat du Conseil de Paix approuvé en novembre par le Conseil de sécurité de l’ONU se limite à Gaza.
Les États-Unis ont prévu de tenir la première réunion du Conseil de Paix en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, mercredi, ont indiqué au Times of Israel des sources proches du dossier.
« Comité exécutif de Gaza »
Le Comité exécutif de Gaza est le bras opérationnel du Conseil de Paix et l’organe qui supervisera concrètement la gestion de l’enclave post-guerre.
Le Comité exécutif est composé du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, du diplomate qatari Ali Thawadi, du chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad, de la ministre de la Coopération internationale des Émirats arabes unis, Reem Al-Hashimy, de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, du principal conseiller de Trump, Jared Kushner, du PDG d’Apollo Global Management, Marc Rowan, de l’homme d’affaires israélo-chypriote Yakir Gabay, de l’ancienne coordinatrice humanitaire des Nations unies, Sigrid Kaag, et de l’ancien envoyé des Nations unies au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov.
Mladenov, qui dirigera officiellement le Comité exécutif, a été nommé haut représentant pour Gaza et servira de lien entre le Conseil de Paix et le panel de technocrates palestiniens chargé de contrôler la gestion quotidienne des affaires dans la bande de Gaza.
Israël a exprimé son opposition à la composition du Comité exécutif, manifestant son désaccord quant à la présence de représentants de la Turquie et du Qatar, deux pays qui ont vivement critiqué Israël pour sa conduite de la guerre contre le Hamas à Gaza.
Cependant, la présence de ces deux pays démontre leur importance aux yeux de Trump, qui a vanté ses relations personnelles avec les dirigeants de ces deux pays. Ce dernier a en effet maintes fois fait l’éloge d’Erdogan, y compris devant Netanyahu, et a salué le succès de la Turquie et du Qatar qui ont persuadé le groupe terroriste palestinien d’accepter l’accord de cessez-le-feu en octobre.
« Comité exécutif fondateur »
Outre le fait qu’il partage presque le même nom de manière inexplicable avec le Comité exécutif de Gaza, le Comité exécutif fondateur est également composé pratiquement des mêmes membres.
Witkoff, Kushner, Blair et Rowan sont rejoints dans ce comité par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, ainsi que par Robert Gabriel, ancien conseiller à la Sécurité nationale de Trump.
La Maison Blanche a déclaré que chaque membre du Comité exécutif fondateur « supervisera un portefeuille défini essentiel à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, y compris, mais sans s’y limiter, le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capitaux ».
Une source proche du dossier a déclaré que ce comité additionnel ne jouera pas un rôle crucial dans la prise de décision concernant Gaza, et le Times of Israel s’est davantage concentré sur le Comité exécutif de Gaza dans ses reportages.
Le Comité exécutif fondateur aura une mission plus large, puisqu’il fixera le programme général du Conseil de Paix et déterminera les autres conflits mondiaux auxquels le nouvel organe dirigé par Trump devra s’attaquer.
La Maison Blanche a déclaré vendredi que les nouveaux membres des deux comités exécutifs seraient annoncés dans les semaines à venir.
Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG)
Le Comité national pour l’administration de Gaza est le comité technocratique palestinien qui sera chargé de gérer les affaires courantes sur le terrain et de fournir des services aux Gazaouis à la place du Hamas.
Alors que l’Égypte avait annoncé que ce comité serait composé de quinze membres, il n’est en réalité que de douze, sous la direction d’Ali Shaath, ancien vice-ministre de la Planification de l’Autorité palestinienne (AP).
Today, as my first official act, I adopted and signed the NCAG Mission Statement, affirming our governing mandate and operating principles:
Authorized by the UN Security Council Resolution 2803 and President Donald J. Trump’s 20-Point Peace Plan, the National Committee for the… pic.twitter.com/WJJZLtW356
— Dr. Ali Shaath (@AliShaathNCAG) January 17, 2026
Ingénieur de formation, Shaath a proposé de déverser les énormes quantités de gravats de Gaza dans la mer Méditerranée adjacente afin d’agrandir le territoire de la bande de Gaza, alors que la population, massivement déplacée par la guerre, est confrontée à une grave crise du logement.
Chacun des autres membres du NCGA s’est vu attribuer un portefeuille couvrant son domaine d’expertise.
Abdul Karim Ashour, qui dirige une organisation agricole à but non lucratif, occupera le poste de commissaire à l’Agriculture.
Aed Yaghi, qui dirige actuellement la Palestinian Medical Relief Society (PMRS), occupera le poste de commissaire à la Santé.
Osama Saadawi, qui dirigeait auparavant l’organisation à but non lucratif Palestinian Housing Council, occupera le poste de commissaire au Logement.
Adnan Abu Warda, ancien juge à la Cour suprême de l’AP, occupera le poste de commissaire à la Justice.
Le général de division Sami Nassman, qui a servi dans les services de renseignement généraux de l’AP et est considéré comme un farouche opposant au Hamas, occupera le poste de commissaire à la Sécurité intérieure et à la Police.
Ali Barhoum, qui était chargé de la gestion des déchets et a occupé le poste de directeur-général de la municipalité de Rafah, occupera le poste de commissaire à l’Eau et aux Affaires municipales.
Bashir al-Rais, homme d’affaires et consultant en affaires et en finances, occupera le poste de commissaire aux Finances.
Me Hanaa Tarzi, avocate chrétienne et directrice d’un groupe de défense des droits humains, occupera le poste de commissaire aux Affaires sociales.
Jabr al-Daour, président de l’université palestinienne de Gaza-City, où il enseigne également la comptabilité, occupera le poste de commissaire à l’Éducation.
Omar Shamali, ancien directeur de la Palestine Telecommunications Company (Paltel), occupera le poste de commissaire aux Communications.
Ayed Abu Ramadan, président de la Chambre de commerce de Gaza, occupera le poste de commissaire à l’Économie et au Commerce.
Force internationale de stabilisation (ISF)
La Force internationale de stabilisation est chargée d’assurer la sécurité dans la bande de Gaza, parallèlement au retrait progressif de l’armée israélienne, qui contrôle actuellement 53 % de l’enclave.
Si les États-Unis ont déclaré que l’ISF soutiendrait les efforts de désarmement du Hamas, des sources proches du dossier ont indiqué que la force multinationale ne mènerait pas d’actions militaires pour saisir les armes du groupe terroriste palestinien, qui s’est publiquement et à plusieurs reprises engagé à ne pas les déposer.
Au lieu de cela, l’ISF soutiendra le processus de désarmement une fois qu’un accord aura été conclu, les médiateurs étant optimistes quant à l’acceptation par le Hamas d’un processus progressif qui commencerait par la restitution des armes lourdes, ont déclaré des responsables arabes et américains.
On ignore toutefois si Israël acceptera un accord faisant la distinction entre les armes lourdes et les armes légères.
La Maison Blanche a annoncé vendredi que le commandant des opérations spéciales du Commandement du Centre, le général de division Jasper Jeffers, avait été nommé commandant de l’ISF, « où il dirigera les opérations de sécurité, soutiendra la démilitarisation complète et permettra la livraison en toute sécurité de l’aide humanitaire et des matériaux de reconstruction ».
Jeffers était auparavant coprésident du Cessation of Hostilities Implementation Mechanism (Mécanisme de mise en œuvre de la cessation des hostilités ou CHIM), qui surveille le cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, conclu en novembre 2024.
Les États-Unis ont eu du mal à convaincre les pays de fournir des troupes à l’ISF, en raison du scepticisme profond concernant le désarmement du Hamas et le retrait progressif de Tsahal de la bande de Gaza. L’un des deux pays que Washington avait publiquement cités, l’Azerbaïdjan, a annoncé au début du mois qu’il ne participerait pas.
Lors d’une conférence de presse la semaine dernière, des responsables américains ont insisté sur le fait qu’ils disposaient désormais d’un nombre suffisant de pays proposant des troupes et qu’une annonce pourrait être faite dans environ deux semaines.
L’un d’entre eux a également semblé confirmer l’information publiée par le Times of Israel selon laquelle le mandat de l’ISF serait réduit à des tâches plus limitées, telles que la sécurité des frontières et l’aide humanitaire, plutôt que des activités visant à désarmer le Hamas.
« Une grande partie du travail à l’intérieur de Gaza sera effectuée par les forces de police palestiniennes locales, ce qui, selon nous, est l’élément le plus important de ce plan. Nous y avons donc consacré beaucoup de temps », a déclaré le responsable américain.
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