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Israël salue le vote du Conseil de sécurité sur le plan de Trump pour Gaza et l’arrivée de forces étrangères

Les États-Unis ont obtenu le soutien international pour leur proposition en 20 points, qui fait aussi référence à la création d'un État palestinien

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU levant la main pour voter en faveur d'un projet de résolution visant à autoriser la mise en place d'une Force internationale de stabilisation à Gaza, au siège de l'ONU à New York, le 17 novembre 2025. (Crédit : Adam Gray/Getty Images/AFP)
Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU levant la main pour voter en faveur d'un projet de résolution visant à autoriser la mise en place d'une Force internationale de stabilisation à Gaza, au siège de l'ONU à New York, le 17 novembre 2025. (Crédit : Adam Gray/Getty Images/AFP)

Israël a salué mardi le plan de paix pour Gaza de Donald Trump après le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution endossant cette feuille de route et prévoyant notamment le déploiement d’une force internationale de stabilisation (ISF), rejetée par le Hamas.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté lundi pour la résolution américaine endossant le plan du président américain, qui a permis la mise en place le 10 octobre d’un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza ravagée par deux ans d’une guerre déclenchée par le pogrom du 7-Octobre.

Le plan prévoit en particulier le déploiement d’une force internationale dans le territoire palestinien, chargée notamment de sécuriser les frontières avec Israël et l’Egypte, démilitariser Gaza et désarmer « les groupes armés non étatiques ».

« Le plan du président Trump mènera à la paix et à la prospérité car il insiste sur la démilitarisation complète, le désarmement et la déradicalisation de Gaza », s’est réjoui mardi matin dans un communiqué le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, publié uniquement en anglais.

« Israël tend la main à tous ses voisins, porteurs de paix et de prospérité, et les appelle à normaliser leurs relations avec Israël et à se joindre à lui pour expulser le Hamas et ses partisans de la région », ajoute-t-il.

Ce plan, « fidèle à la vision du président Trump », « conduira à une plus grande intégration d’Israël et de ses voisins ainsi qu’à l’expansion des accords d’Abraham ».

Netanyahu a ajouté que, dans le cadre du plan de Trump, Israël s’attend à recevoir « sans délai » les trois otages décédés restants à Gaza et à « entamer le processus de désarmement et de démilitarisation de la bande de Gaza et à mettre fin au règne du Hamas sur Gaza ».

« Le leadership novateur du président Trump contribuera à mener la région vers la paix et la prospérité et à établir une alliance durable avec les États-Unis », a-t-il écrit.

Au grand dam de la droite israélienne, la résolution de l’ONU approuve également ce plan comme « une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien ». Il est à noter que Netanyahu n’a pas publié de déclaration directe saluant l’adoption de la résolution sur ses comptes personnels, en raison des tensions politiques au sein de sa coalition concernant les implications de la résolution pour la création future d’un État palestinien.

Le président Isaac Herzog a également salué l’approbation par le Conseil de sécurité des Nations unies de cette résolution qui est, selon lui « accomplissement diplomatique historique » de nature à faire progresser les choses vers « l’après » à Gaza et dans l’ensemble de la région.

« Je salue la décision prise hier soir par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui soutient et appuie le plan [de Trump] », a déclaré Herzog lors d’une cérémonie commémorative officielle au cimetière militaire de Har Herzl en hommage aux soldats tombés lors de la campagne du Sinaï menée par Israël en 1956.

« Il s’agit d’une avancée diplomatique historique du président Trump, une avancée qui peut et doit nous mener vers ‘l’après’ à Gaza et dans toute la région », a-t-il poursuivi.

« Cette mesure, désormais soutenue par une résolution du Conseil de sécurité, a déjà considérablement fait progresser le retour des otages, et elle doit se poursuivre avec le démantèlement des armes du Hamas et le retrait de l’organisation de toute position de pouvoir gouvernemental », a déclaré Herzog.

« Une période historique et sensible comme celle-ci exige responsabilité et retenue », a ajouté le président, avant de condamner un groupe d’extrémistes juifs qui se sont affrontés avec la police et ont attaqué un village palestinien de Cisjordanie lundi soir.

« Les violentes émeutes en Judée-Samarie nuisent à l’État de droit et sapent nos valeurs en tant que peuple et en tant qu’État », déclare-t-il, utilisant le terme biblique pour désigner la Cisjordanie.

« La loi doit être appliquée avec toute la sévérité et toute la détermination nécessaires à l’encontre des contrevenants. »

Dans des remarques distinctes adressées à une délégation allemande en visite en Israël, Herzog a affirmé que l’adoption de la résolution « n’aurait pu être obtenue que par le président Trump », ajoutant qu’il espère « que l’Europe s’éloignera de ses anciens préjugés et de son jeu de reproches à l’encontre d’Israël, et dira clairement aux dirigeants et à la nation palestiniens de se réformer, de cesser de payer les terroristes et de cesser d’encourager la rhétorique qui encourage les terroristes.

« Il doit y avoir un dialogue beaucoup plus intense entre Israéliens et Palestiniens », a-t-il poursuivi, ajoutant : « Nous devons permettre un avenir d’espoir, et j’espère que cette résolution du Conseil de sécurité, ainsi que les activités interpersonnelles et les nouvelles initiatives, mèneront, espérons-le, à une sorte de résultat positif. »

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a déclaré dans un communiqué publié après le vote que « la démilitarisation du Hamas est une condition fondamentale de l’accord de paix. Il n’y aura pas d’avenir à Gaza tant que le Hamas possédera des armes ».

Le Hamas, exclu par la résolution de tout rôle dans la future gouvernance de Gaza, a rapidement réagi lundi après son vote à l’ONU, pour fustiger un texte qui « ne répond pas aux exigences et aux droits politiques et humains » du peuple palestinien.

La résolution « impose un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, ce que notre peuple, ses forces et ses composantes rejettent », et vise « à atteindre les objectifs » d’Israël, écrit dans un communiqué le groupe terroriste islamiste palestinien.

Il déplore notamment que la mission de force internationale prévoit « le désarmement » des groupes palestiniens à Gaza.

L’Autorité palestinienne a elle salué l’approbation par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution américaine soutenant le plan de paix de Trump pour Gaza, et a appelé à sa mise en œuvre immédiate.

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle Wafa, l’Autorité palestinienne se dit prête à collaborer avec l’administration Trump, l’Union européenne, les États musulmans et d’autres acteurs pour mettre en œuvre cette mesure « de manière à mettre fin aux souffrances de notre peuple palestinien dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et à faire progresser la voie politique menant à la paix, à la sécurité et à la stabilité entre Palestiniens et Israéliens, sur la base de la solution à deux États fondée sur le droit international et la légitimité internationale ».

Le président américain Donald Trump (à gauche) salue le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’un sommet sur Gaza dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/AFP)

Ramallah a également remercié ceux qui soutiennent « les efforts palestiniens visant à mettre fin à l’occupation et à obtenir la liberté et l’indépendance, sur la base de leur engagement à promouvoir une solution juste et globale à la question palestinienne, une solution qui apporte la paix, la stabilité et la sécurité à la région et au monde entier ».

Peu après l’adoption de la résolution, Trump a publié un message sur Truth Social « félicitant le monde » et affirmant que le Conseil de paix qu’il présidera comprendra « les dirigeants les plus puissants et les plus respectés du monde entier ».

Il a déclaré que l’adoption de la résolution « conduira à davantage de paix dans le monde entier », dans une déclaration qui ne mentionnait notamment ni Israël, ni le Hamas, ni l’Autorité palestinienne, ni même la bande de Gaza.

Pour le bloc européen, cette résolution « est une étape importante », a indiqué mardi un porte-parole du service diplomatique de l’UE.

Le vote de cette résolution « consolide le cessez-le-feu, permet un accès humanitaire à grande échelle », et « fournit la base pour passer à la phase suivante », a salué ce porte-parole Anouar El Anouni.

La résolution apporte un soutien indispensable aux efforts déployés par Washington pour maintenir le cessez-le-feu à Gaza signé le 9 octobre.

La trêve est mise à rude épreuve, Israël ayant promis de reprendre les combats si des mesures ne sont pas prises pour désarmer le Hamas, qui contrôle toujours de facto près de la moitié de la bande de Gaza depuis le retrait partiel des forces israéliennes lors de la mise en place du cessez-le-feu.

Alors que les États-Unis affirment que les dirigeants du Hamas se sont engagés à désarmer avant la signature de l’accord et ont travaillé ces dernières semaines à négocier la mise hors service de ses armes avec un succès limité, le plan en 20 points de Trump indique également que les ISF participeront à la démilitarisation de Gaza.

Cependant, Washington a reconnu que les pays intéressés à fournir des troupes à la force étrangère avaient besoin d’un mandat international soutenu par l’ONU pour aller de l’avant.

En conséquence, il a passé les dernières semaines à élaborer une résolution à cet effet et à mener des discussions avec les membres du Conseil de sécurité ainsi qu’avec les principaux alliés arabes et musulmans qui avaient également été consultés lors de l’élaboration du plan initial en 20 points.

Si les États-Unis ont essuyé quelques résistances la semaine dernière lorsque la Russie a tenté de proposer une résolution alternative, ces efforts ont été rapidement étouffés et il est apparu clairement au cours du week-end que les efforts de l’administration Trump aboutiraient, a déclaré un diplomate occidental à l’ONU au Times of Israel.

Ce diplomate a toutefois salué les États-Unis pour avoir rallié les principaux acteurs arabes et musulmans à la résolution, tout en neutralisant les potentiels perturbateurs que sont la Russie et la Chine, qui ont toutes deux accepté de s’abstenir. Tous les autres pays ont voté pour.

Mais le diplomate occidental a fait valoir que les États-Unis pourraient bien avoir plus de mal à convaincre les pays de contribuer effectivement à la force internationale temporaire, étant donné qu’une grande partie du monde arabe s’est opposée en privé à l’idée d’envoyer des troupes dans une zone de guerre où elles seraient amenées à combattre pour désarmer le Hamas. Le groupe terroriste a insisté à plusieurs reprises et publiquement sur le fait qu’il ne renoncerait pas à ses armes.

Il convient de noter que l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré au Conseil de sécurité avant le vote de lundi que la résolution autorise « une forte coalition de forces de maintien de la paix — dont beaucoup proviennent de pays à majorité musulmane comme l’Indonésie, l’Azerbaïdjan et d’autres — à se déployer sous un commandement unifié ».

L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz (à gauche), s’entretient avec son homologue israélien Danny Danon avant le début d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU visant à voter une résolution américaine sur le plan de paix pour Gaza, au siège de l’ONU à New York, le 17 novembre 2025. (Crédit : ANGELA WEISS / AFP)

Sa décision de citer publiquement ces deux pays pourrait indiquer qu’ils sont toujours disposés à contribuer à l’initiative en envoyant des troupes, malgré les conditions difficiles auxquelles celles-ci seront probablement confrontées à Gaza.

La résolution stipule que la force internationale de sécurité contribuera à sécuriser les frontières de Gaza, à protéger les civils, à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, à former la police palestinienne et, ce qui est le plus important pour Israël, à « assurer le processus de démilitarisation » de la bande de Gaza.

La résolution « salue également la création du Conseil de paix », qui sera présidé par Trump et chargé de superviser le réaménagement de Gaza et la mise en place d’un gouvernement palestinien technocratique qui sera chargé d’administrer les services quotidiens dans la bande de Gaza.

Ni le Conseil de paix ni le gouvernement technocratique palestinien n’ont encore été constitués, mais le plan en 20 points stipule que le conseil comprendra l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, et les États-Unis ont envisagé plusieurs noms pour les deux instances au cours des derniers mois, selon des diplomates arabes.

La résolution autorise le Conseil de paix et l’ISF à opérer à Gaza jusqu’à la fin de 2027, et un responsable américain a déclaré au Times of Israel que Washington visait un déploiement de la force étrangère début 2026.

Afin de rallier des soutiens à cette initiative, les États-Unis ont organisé vendredi une déclaration commune affirmant que le plan de Trump offrait une voie vers un futur État palestinien. Cette formulation a suscité quelques interrogations, car elle va plus loin que le texte réel du plan en 20 points, qui indiquait seulement qu’il « pourrait » aboutir à un tel résultat.

Le changement de ton, probablement nécessaire pour rallier d’autres pays, a provoqué la colère des partenaires de la coalition de droite de Netanyahu, qui ont publié une avalanche de déclarations s’engageant à ne pas permettre la création d’un État palestinien, ce qui a conduit le Premier ministre à faire de même dimanche, même si la déclaration commune n’était pas contraignante.

Netanyahu a accepté verbalement le plan en 20 points lorsqu’il a été dévoilé par Trump lors de la visite du Premier ministre à la Maison Blanche en septembre. Mais l’accord de cessez-le-feu signé par Israël et le Hamas était un document distinct qui ne portait que sur la trêve, le retrait initial d’Israël, les conditions d’échange d’otages et de prisonniers et les dispositions relatives à l’aide humanitaire.

Le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se serrant la main à l’issue d’une conférence de presse au cours de laquelle le président a présenté un plan visant à mettre fin à la guerre à Gaza, dans la salle à manger officielle de la Maison Blanche, à Washington, le 29 septembre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

L’intégralité du plan en 20 points a été incluse en annexe de la résolution du Conseil de sécurité adoptée lundi.

Le point 19 stipule : « À mesure que le redéveloppement de Gaza progresse et que le programme de réforme de l’Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, que nous reconnaissons comme l’aspiration du peuple palestinien. »

Le dernier point stipule : « Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de convenir d’un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère. »

Ce sont apparemment ces deux points qui ont conduit Israël à ne pas saluer la résolution défendue sans relâche par son plus proche allié.

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