Epinglé par le président du Crif, Mélenchon dénonce une « extrême droite » sans limite

Yonathan Arfi a sévèrement critiqué LFI dans un discours à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, hommage aux Justes

Le leader français d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris, le 19 octobre 2018. (Crédit : AP Photo/Michel Euler)

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi a accusé lors d’une cérémonie dimanche, Jean-Luc Mélenchon de se « compromettre loin du pacte républicain », s’attirant en retour les foudres du responsable de la France insoumise (LFI) pour qui « l’extrême droite n’a plus de limites ».

M. Arfi a sévèrement épinglé LFI et son principal dirigeant M. Mélenchon, dans un discours prononcé à Paris à l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, hommage aux Justes.

Face à la menace d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir en 2027, « les porte-voix de la France insoumise font davantage partie du problème que de la solution », a asséné le président du CRIF.

« En se nommant insoumis, ils prétendent incarner une forme de résistance mais de quelle résistance parle-t-on lorsque les insoumis sont incapables de s’affranchir des ordres de leur chef lorsqu’il se compromet loin du pacte républicain ? », a fustigé M. Arfi en estimant que LFI était « prêt à sacrifier la République sur l’autel du communautarisme ».

M. Arfi a également condamné l’utilisation du mot « déportation » par la députée LFI Ersilia Soudais pour qualifier l’expulsion d’Israël vers la France de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri.

« Le président du #CRIF utilise la cérémonie à la mémoire des victimes de la rafle des juifs par la police française pour me prendre à partie. Abject. L’extrême droite n’a plus de limite », a répondu en retour Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

Les propos de M. Arfi relèvent d’une « polémique politicienne et fausse », a répondu de son côté le député (LFI) Alexis Corbière, également sur Twitter. Une telle « faute » est « irresponsable quand l’extrême droite raciste et antisémite progresse », a-t-il ajouté.

La passe d’armes n’en est pas restée là, M. Arfi ayant choisi d’enfoncer le clou sur Twitter, en affirmant à propos de M. Mélenchon : « En sortant du cadre républicain, qu’il le veuille ou non, il est l’allié objectif du RN. »

Accuser le CRIF d’être d’extrême droite, alors qu’il a été « fondé dans la Résistance » et qu’il a inscrit la lutte contre l’extrême droite dans son « ADN profond », est « particulièrement pervers » et « grotesque », a commenté M. Arfi auprès de l’AFP.

« Un jour viendra, je l’espère, où les membres de LFI, au lieu de suivre Jean-Luc Mélenchon dans ses égarements en dehors du cadre républicain, sauront s’en émanciper et s’en affranchir », mais « aujourd’hui manifestement ce n’est pas le cas », a poursuivi M. Arfi.

Plusieurs responsables de la majorité et du gouvernement ont affirmé leur soutien à M. Arfi dans cette polémique. Les attaques de M. Mélenchon sont « indignes », a ainsi estimé la ministre chargée de la diversité, Isabelle Rome, appelant à « un peu de tenue », en mémoire des victimes juives de la déportation.

« Honte à vous @JLMelenchon », a également tweeté la patronne des députés Renaissance, Aurore Bergé.

Quant au premier président de la Cour des comptes et ancien ministre (PS) Pierre Moscovici, il a estimé « aussi absurde que choquant » d’accuser le président du CRIF « d’être d’extrême-droite ».

Le parti La France insoumise, fondateur de la Nupes, a à plusieurs reprises été accusé de laxisme face à l’antisémitisme, notamment après l’accueil à Paris de Jeremy Corbyn, ex-patron du Parti travailliste britannique exclu de son groupe parlementaire pour laxisme face à l’antisémitisme, par Danièle Obono et Danielle Simonnet, devenues députées.

Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi déjà été accusé d’accointances avec l’antisémitisme.






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