Haredim et policiers s’affrontent devant un café de Jérusalem ouvert à Shabbat, pour la 6e semaine

La police a érigé des barricades pour empêcher que les manifestants ne pénètrent à nouveau de force dans le Café Basimta ; des centaines de laïcs sont venus manifester leur soutien

Des manifestants ultra-orthodoxes protestant contre un café ouvert pendant Shabbat, en confrontation avec la police israélienne, dans le centre-ville de Jérusalem, le 8 août 2026. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Samedi, pour la sixième semaine consécutive, des dizaines d’ultra-orthodoxes se sont affrontés avec la police devant le Café Basimta, dans le centre-ville de Jérusalem, alors que les manifestations des Haredim contre l’ouverture de l’établissement le Shabbat se poursuivaient.

La police avait déployé des effectifs en amont et avait établi un périmètre de sécurité plus large autour du café que les samedis précédents, afin d’éviter la répétition des scènes chaotiques de la semaine dernière, lorsque des manifestants avaient tenté de pénétrer de force à l’intérieur. Aucun blessé ni aucune arrestation n’ont été signalés.

Des images diffusées sur la chaîne N12 montrent des manifestants haredim criant « Shabbat » et jetant des œufs sur le café, avant d’être repoussés par la police, tandis que les contre-manifestants laïcs scandaient « Shabbat appartient à nous tous ».

Des militants laïcs, dont Yaïr Golan et des membres de son parti de gauche, Les Démocrates, s’étaient rassemblés samedi à Basimta pour former une chaîne humaine et empêcher les manifestants haredim de s’approcher du café, comme le montrent des images diffusées sur le réseau social X.

Selon les médias israéliens, des personnes se tenant sur les perrons près de Basimta auraient lancé des sacs en plastique remplis d’eau sur les laïcs qui se rendaient au café.

Ces affrontements ont débuté le 4 juillet, lorsque des dizaines de manifestants ultra-orthodoxes, dont beaucoup seraient mineurs, se sont rassemblés devant le café en plusieurs vagues, frappant aux vitres et, selon le personnel, renversant des tables.


Les tensions ont atteint leur paroxysme samedi dernier lorsque des dizaines d’hommes haredim ont enfoncé les barricades et tenté de pénétrer de force à l’intérieur.

Basimta, récemment ouvert, est devenu un point de friction à Jérusalem, où peu d’établissements sont ouverts pendant Shabbat. Jeudi, la police a annoncé l’arrestation d’un adolescent de 15 ans soupçonné d’avoir lancé un sac contenant des excréments en direction du café.

La situation s’est également compliquée à la suite des révélations selon lesquelles le Café Basimta est un projet officiel de « Jews for Jesus », une organisation missionnaire chrétienne qui cherche à convertir les Juifs à la foi en Jésus. Yoel Ben David, le gérant du café, est le responsable en chef de ce groupe à Jérusalem.

Ce lien a suscité un certain malaise chez certains partisans laïcs, qui se sont mobilisés pour soutenir le café. L’équipe de football israélienne Hapoel Jérusalem a retiré son offre de publicité gratuite pour l’établissement après avoir pris connaissance de son affiliation, tout en réaffirmant son soutien à la liberté d’exploitation du café.

Des hommes haredim manifestant devant le Café Basimta pour dénoncer son ouverture pendant Shabbat, tandis que des contre-manifestants laïcs leur font face, à Jérusalem, le 8 août 2026. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Ces affrontements surviennent dans un contexte de tensions plus générales entre la communauté ultra-orthodoxe d’Israël et le public laïc, autour de la question du service militaire des Haredim. Ces derniers mois ont été marqués par des manifestations répétées contre l’enrôlement et l’arrestation de réfractaires à la conscription, y compris de violentes manifestations à Jérusalem.

read more: