Violentes émeutes de Haredim lors d’un événement destiné aux conscrits ultra-orthodoxes
La police est qualifiée de “nazis” alors qu’elle intervient pour protéger un conseiller médiatique haredi qui affirme que des manifestants lui ont arraché sa kippa et ont tenté de lui voler son ordinateur portable
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Mardi, des dizaines d’ultra-orthodoxes ont provoqué des émeutes devant un lieu de conférence du centre de Jérusalem où se tenait une réunion consacrée aux filières spéciales permettant aux Haredim de s’enrôler dans l’armée israélienne. Il s’agit de la dernière manifestation violente en date organisée par les opposants à la conscription militaire obligatoire.
Comme le montrent des images, certains manifestants ont bloqué un taxi transportant les organisateurs de l’événement, leur donnant des coups de pied, criant et crachant sur eux alors qu’ils quittaient les lieux.
À un moment donné, les manifestants se sont lancés à la poursuite de Rafi Perlstein, conseiller en communication qui soutient les efforts visant à enrôler les hommes ultra-orthodoxes, ont rapporté les médias israéliens. Les policiers, intervenus pour le protéger, ont été traités de « nazis » et « d’assassins » par les manifestants.
Perlstein a déclaré que les agresseurs lui avaient arraché sa kippa et tenté de lui voler son ordinateur portable avant que la police ne le fasse monter précipitamment dans un taxi. Selon lui, le fils du chauffeur, qui présente des besoins particuliers, se trouvait dans le taxi lorsque celui-ci a été encerclé par les manifestants. Ces derniers auraient proposé au chauffeur de payer pour qu’il fasse descendre Perlstein du véhicule, mais il aurait refusé.
« On peut débattre ou manifester, mais quiconque lève la main, crache, saccage des biens et terrorise un enfant sans défense n’accuse pas la Torah ni n’honore Dieu », a écrit Perlstein sur le réseau social X.
« Nous ne pouvons pas légitimer la violence. »
מארגני הכנס למלש"בים חרדים מותקפים ביציאתם על ידי מפגינים בחוץ pic.twitter.com/g3bXadVy7o
— שילה פריד???????? (@shilofreid) August 4, 2026
La police n’a signalé aucune arrestation, même si des images de la scène montrent des agents plaçant au moins l’un des manifestants, affilié à la Faction de Jérusalem – un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes -, en état d’arrestation.
Les manifestants s’en sont également pris au général de brigade Ofer Winter, qui avait fait une présentation lors de l’événement. Alors qu’il s’apprêtait à partir, il a été encerclé par des manifestants qui l’ont qualifié de « traître à la nation juive ».
« Ils [la Faction de Jérusalem] ne me dissuaderont pas », a déclaré Winter dans un communiqué cité par le site d’information Ynet.
« Nous devons traiter les extrémistes avec fermeté, sans nuire au monde de la Torah. »
דרמה ברחובות ירושלים: חרדים רודפים אחרי פעיל חרדי שמנסה לקדם גיוס לצה"ל תחת קריאות "רוצח", שוטרים הגיעו למקום לחלץ אותו pic.twitter.com/IakU56CK33
— יואלי ברים yoeli brim (@yoeli_brim) August 4, 2026
Winter a ajouté qu’il « recommanderait à la police militaire de recruter ceux qui m’ont pris en chasse ce soir ».
« Ils n’étudient certainement pas la Torah. »
Yoaz Hendel, chef du parti HaMilouimnikim (Les Réservistes), a condamné cette manifestation violente, la qualifiant de « honte qui n’a pas sa place dans l’État d’Israël ».
« Les réfractaires à la conscription bénéficient d’un soutien, tandis que ceux qui s’engagent sont ignorés », a-t-il écrit.
« Où est le ministre de la Sécurité nationale ? Où est le Premier ministre ? Où est [le ministre des Finances] Bezalel Smotrich ? », a-t-il demandé, ajoutant que ce dernier avait « peur » des militants politiques haredim.
On estime actuellement à environ 72 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui seraient éligibles au service militaire, mais qui ne se sont pas enrôlés, malgré les appels de plus en plus pressants en faveur de leur conscription. Israël mène en effet des guerres sur plusieurs fronts depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, tout en étant confronté à une pénurie urgente d’effectifs, selon Tsahal.
Les responsables haredim réclament le maintien d’une exemption générale de la conscription pour leurs communautés depuis que la Haute Cour de justice a statué, en 2024, que le gouvernement devait enrôler les Haredim étudiant en yeshiva dans l’armée, en l’absence d’un cadre juridique permettant de prolonger les exemptions en vigueur depuis des décennies.
Au terme d’une bataille législative acharnée qui a duré plusieurs mois et donné lieu à des manifestations récurrentes dans la rue, la Knesset a voté, mi-juillet, l’adoption d’une Loi fondamentale très controversée, déclarant l’étude de la Torah « valeur fondamentale » du peuple juif.
L’objectif des partisans de cette loi était de compliquer la tâche de la Haute Cour de justice, afin qu’elle ne puisse plus juger que les exemptions de service militaire accordées aux Haredim sont illégales et discriminatoires, car cette loi consacre l’étude de la Torah comme un aspect essentiel de l’État.
Une deuxième loi, adoptée par 58 voix contre 54, protège des dizaines de milliers de haredim réfractaires à la conscription de toute arrestation jusqu’à fin janvier 2027. Elle étend cette protection à ceux qui deviendront éligibles au service militaire après son entrée en vigueur, éliminant de fait la menace d’arrestation et facilitant le refus de s’enrôler pendant cette période. Elle suspend également les procédures pénales en cours à l’encontre de ceux qui font déjà l’objet de mesures coercitives.
La Haute Cour de justice a gelé l’application de cette loi le lendemain afin d’examiner les recours formés contre cette législation.
la Communauté du Times of Israël !







