Jonatan Urich et le Qatar, « le cas de trahison le plus grave de l’histoire d’Israël » – Eisenkot

Le chef de Yashar, qui fustige le 'silence assourdissant' du Premier ministre, affirme qu'il doit des réponses à Israël

Jonatan Urich se présentant à l'audience devant le tribunal de Tel Aviv, le 14 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les dernières informations accablantes concernant les liens entre Jonatan Urich, un proche collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et des responsables qataris ont suscité mercredi la colère des rivaux politiques de Netanyahu, qui ont exigé des éclaircissements.

En réaction à l’article publié mercredi, selon lequel Urich aurait rencontré au moins deux fois un haut responsable qatari en Europe au cours de l’été 2024, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et favori pour les élections, a dénoncé le silence assourdissant du Premier ministre sur cette affaire. Il a affirmé que ce silence indiquait sa « complicité totale dans les agissements d’Urich ».

« Netanyahu doit des réponses au peuple israélien », a-t-il déclaré.

Urich aurait rencontré Ali al-Thawadi, un ministre qatari considéré comme un proche allié de l’émir au pouvoir pour promouvoir l’image du Qatar. Ces rencontres n’auraient pas relevé d’une mission officielle du gouvernement israélien.

« Les révélations de ces derniers jours mettent en lumière l’ampleur et le caractère profondément enraciné de cet échec », a accusé Eisenkot, soulignant que « l’homme le plus proche du Premier ministre » est déjà soupçonné d’avoir mis en danger une source de renseignement hautement sensible dans l’affaire des fuites de documents classifiés vers le journal allemand Bild en 2024.

Urich, a-t-il poursuivi, a également « travaillé au service du Qatar, en temps de guerre, depuis le bureau du Premier ministre d’Israël. Tout cela, pendant la guerre la plus dure de notre histoire, qui a commencé par l’échec le plus grave que nous ayons jamais connu, à un moment où nos meilleurs fils et filles donnaient leur vie » pour défendre Israël.

Ali al-Thawadi, ministre et diplomate qatari, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, le 11 septembre 2025. (Crédit : Lev Radin/Sipa USA)

« Les excuses pathétiques de Netanyahu, du genre ‘je ne savais pas’, et ses contes de fées selon lesquels ‘on ne m’a pas réveillé’ [le 7-Octobre] ne trompent personne », a poursuivi Eisenkot.

« Netanyahu a abandonné la sécurité d’Israël et a profané le Saint des Saints », a accusé le dirigeant du parti Yashar, faisant référence au sanctuaire intérieur du bureau du Premier ministre, où Urich est revenu depuis plusieurs mois déjà, après que les tribunaux l’y ont autorisé.

« Le peuple d’Israël mettra fin à tout cela dans treize jours aux urnes et élira des dirigeants honnêtes, responsables et dignes de confiance », a déclaré Eisenkot.

« J’agirai toujours et uniquement dans l’intérêt national d’Israël. Je m’y engage. »

Le chef du parti Beyahad et ancien Premier ministre Naftali Bennett a qualifié l’affaire du « Qatargate » de « plus grave cas de trahison de l’Histoire d’Israël ».

« À l’heure même où nous parlons, un agent qatari est toujours en poste au sein du cabinet du Premier ministre », a dénoncé Bennett. « Pourtant, Netanyahu reste incapable de l’expulser et d’ordonner l’ouverture d’une enquête pénale à son encontre. »

Le chef du parti HaDemocratim, Yaïr Golan, a également accusé Urich de trahison et a déclaré que toute cette affaire devrait amener les Israéliens à se demander : « Qu’est-ce que Netanyahu craint tant de voir révélé au grand jour ? Que cache-t-il lui-même ?

« Les soupçons qui pèsent dans cette affaire frappent au cœur même de la sécurité nationale. Nous sommes confrontés à une suspicion de trahison envers les citoyens d’Israël, les soldats de Tsahal et les otages abandonnés en captivité », s’est emporté Golan.

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