La Cour autorise le retour de Jonatan Urich auprès de Netanyahu malgré sa mise en examen
Le juge estime que le risque d’entrave à la justice s’est estompé et ne voit aucune raison d’interdire au collaborateur de Netanyahu d’être en contact avec lui
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Le tribunal de district de Tel Aviv a rejeté jeudi une demande du parquet visant à interdire à Jonatan Urich, proche collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu, tout contact avec ce dernier à la suite de son inculpation dans l’affaire des documents qui avaient été divulgués au journal Bild, une mise en examen qui était survenue au début du mois.
La juge Ala Masarwa a relevé qu’Urich avait été en contact avec Netanyahu pendant les phases les plus sensibles de l’enquête et il a estimé qu’il serait dès lors difficilement justifiable, à ce stade de la procédure, de lui interdire l’accès au cabinet du Premier ministre ainsi que tout contact avec ce dernier.
« Avec le temps, le risque [d’entrave à la justice] diminue, d’autant plus que près de deux ans se sont écoulés depuis les faits », a écrit Masarwa.
Cette décision ouvre la voie au retour d’Urich au sein de l’entourage immédiat de Netanyahu.
Urich a été mis en examen le 11 juin pour transmission d’informations classifiées dans l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’État, en raison de son implication présumée dans la fuite de documents classifiés vers la presse.
Cette accusation est liée au rôle qu’il avait joué, semble-t-il, dans la transmission à Bild, en septembre 2024, d’un document classifié issu des services de renseignement militaire de Tsahal – il avait apparemment cherché à étayer ainsi une affirmation faite par Netanyahu qui avait dit, à ce moment-là, que c’était le groupe terroriste palestinien du Hamas, et non le Premier ministre, qui faisait obstacle à un accord visant à obtenir la libération des otages détenus à Gaza.
Ce document, une note interne du Hamas obtenue par les services de renseignement militaire de Tsahal qui semblait indiquer que le groupe terroriste n’était pas intéressé par un accord sur les otages, avait été transmis au journal allemand Bild afin de contourner la censure militaire israélienne.
La note datait d’environ neuf mois au moment de sa divulgation, et plusieurs informations publiées ultérieurement dans la presse avaient affirmé que Bild en avait déformé le contenu afin de servir les intérêts du gouvernement Netanyahu.
L’acte d’accusation établit qu’Urich, en collaboration avec l’ancien porte-parole de Netanyahu chargé des affaires militaires, Eli Feldstein, a divulgué le document qui avait été obtenu par ses soins auprès d’un sous-officier des services de renseignement militaire de Tsahal, Ari Rosenfeld, en sachant qu’il était classifié et que la censure militaire en avait interdit la publication en Israël, « tout en prenant le risque réel que des intérêts essentiels en matière de sécurité soient compromis » par cette fuite.
Le jour de sa mise en examen, le parquet avait demandé au tribunal d’interdire immédiatement à Urich l’accès au cabinet du Premier ministre ainsi qu’à toutes les installations sécurisées et à tous les lieux susceptibles d’abriter des documents classifiés. Il avait également demandé qu’il lui soit interdit de contacter toute personne impliquée dans l’affaire jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire engagée contre lui.
Masarwa avait alors rejeté cette demande provisoirement, indiquant qu’elle se prononcerait ultérieurement sur cette question.
Un article publié le mois dernier dans Haaretz indiquait que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet avait discrètement revu sa position et qu’elle avait autorisé Urich à accéder au cabinet du Premier ministre.
Ce revirement, qualifié de « spectaculaire » par une source proche du dossier citée par Haaretz, était intervenu après plusieurs mois de discussions internes entre le chef de la sécurité du cabinet du Premier ministre, Alon Haliva, et de hauts responsables du Shin Bet.
Les restrictions imposées par le Shin Bet étaient alors distinctes de celles ordonnées par le tribunal à l’encontre d’Urich.
Urich et Feldstein sont également mis en cause dans l’affaire dite du « Qatargate », dans laquelle ils sont soupçonnés d’avoir perçu des fonds en échange d’une campagne de relations publiques visant à présenter le Qatar sous un jour favorable pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, alors même que cet État du Golfe hébergeait le groupe terroriste.
Les affaires « Bild » et « Qatargate » sont devenues des fardeaux politiques pour Netanyahu, alimentant les accusations de ses détracteurs concernant de possibles conflits d’intérêts et des faits présumés de corruption au sein de son entourage le plus proche.
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