La foule, marquant les 1 000 jours écoulés depuis le 7-Octobre, promet de continuer à réclamer une enquête d’État
Au moins 7 personnes arrêtées pour avoir bloqué l'autoroute Ayalon avant un rassemblement sur la place des Otages, où les orateurs ont critiqué le gouvernement
C’est le Conseil d’octobre, un groupe antigouvernemental composé de centaines de familles endeuillées, de survivants et d’anciens otages capturés lors de l’attaque, qui était à l’initiative de la manifestation de jeudi. Le groupe a par ailleurs organisé des manifestations dans tout le pays tout au long de la journée de jeudi, à partir de 6 h 29, précisément l’heure à laquelle l’attaque du Hamas avait débuté, il y a 1 000 jours.
Le Conseil a principalement axé son action publique sur la revendication d’une enquête sur les défaillances liées à l’attaque du 7-Octobre par une commission d’enquête nationale, la plus haute autorité du pays en matière d’investigations. Si une majorité d’Israéliens soutient la mise en place d’une telle commission, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’y oppose fermement, arguant que les membres de cette instance seraient désignés par le pouvoir judiciaire, qu’il juge partial à son égard. Il a préféré proposer un projet de loi visant à créer une commission d’enquête sur l’attaque, dont les membres seraient nommés par les responsables politiques.
Einav Zangauker, dont le fils Matan figurait parmi les 20 derniers otages vivants à avoir été libérés, et qui a été l’une des militantes les plus virulentes en faveur d’un accord sur les otages, a lancé à la foule rassemblée sur la place des Otages : « L’héritage de Netanyahu, c’est l’échec. »
« Ce sont les tombes de nos soldats qui constituent son héritage. Les cauchemars qui hanteront les otages sauvés toute leur vie, alors que nombre d’entre eux auraient pu être ramenés plus tôt, constituent son héritage », a ajouté Zangauker.
« Ensemble, nous exigerons la mise en place d’une commission d’enquête nationale », a-t-elle poursuivi. « Nous n’abandonnerons pas tant que tous les responsables de cette débâcle, de cet abandon et de cet échec n’auront pas répondu de leurs actes, et tant que nous n’aurons pas chassé ce gouvernement totalement défaillant. »
Lors des précédents rassemblements organisés sur la place des Otages avant l’accord de cessez-le-feu qui a été conclu en octobre 2025 et qui a mis fin à la guerre, les orateurs accusaient souvent Netanyahu de faire obstruction à tout accord sur les otages afin de préserver sa coalition, qui compte des factions d’extrême droite opposées à un cessez-le-feu.
Ces manifestations étaient organisées par le Forum des familles des otages et des disparus. Celui-ci s’est dissous à la suite du cessez-le-feu, lorsque les derniers otages assassinés ont été rapatriés.
La manifestation de jeudi s’est déroulée dans un climat similaire. Eyal Eshel, père de Roni Eshel, soldate de surveillance de l’armée israélienne tuée au combat, a repris les propos tenus par des membres de la coalition qui semblaient banaliser l’ampleur de l’attaque du 7-Octobre et son impact sur les familles des victimes.
Il a notamment évoqué la récente tentative de plaisanterie de Benjamin Netanyahu, qui a déclaré avoir perdu du poids depuis le 7-Octobre, ainsi que les propos du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui s’est attribué cette semaine le mérite de la libération des otages – alors même qu’il s’était constamment opposé aux accords visant à les libérer. Il a également mentionné le député Simcha Rothman, qui a salué le bilan « formidable » de la coalition, et la ministre chargée des Implantations, Orit Strouk, qui a qualifié d’ « époque miraculeuse » la période d’expansion des implantations il y a deux ans.
« Il y a Benjamin Netanyahu, pour qui le seul changement, c’est qu’il a perdu du poids. Il y a Bezalel Smotrich, qui prétend que les otages sont revenus grâce à lui, même ceux qui sont revenus dans des sacs mortuaires », a déclaré Eshel lors de l’événement organisé sur la place des Otages pour commémorer les 1 000 jours écoulés depuis le pogrom. « Il y a Simcha Rothman, qui affirme qu’ils [la coalition] ont accompli un mandat formidable. Il y a Orit Strouk, qui pense que nous vivons une époque de miracles. »
« Et puis il y a moi, Eyal Eshel. Il y a exactement 1 000 jours, ma vie s’est arrêtée. »
S’adressant à sa défunte fille, Eshel a ajouté : « Je te le promets : nous ne nous tairons pas. Nous ne permettrons pas que la vérité soit déformée. »
« Jusqu’à mon dernier souffle, j’exigerai la vérité, j’exigerai que des comptes soient rendus, et j’exigerai que ceux qui dirigeaient le pays ce jour-là soient tenus publiquement et moralement responsables de ce désastre qui a détruit tant de vies », a-t-il affirmé.