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Smotrich s’attribue le mérite du retour des otages ; certains lui répondent

"Je pense que c’est grâce à moi", a affirmé le ministre des Finances qui s'est opposé, tout au long de la guerre de Gaza à des accords qui auraient permis leur libération plus tôt

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, tenant une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 19 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, tenant une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 19 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a suscité l’indignation dimanche en s’attribuant le mérite du retour de tous les otages détenus par des groupes terroristes à Gaza, alors qu’il avait voté à maintes reprises, tout au long des deux années de guerre dans la bande de Gaza, contre des accords qui auraient permis leur libération plus tôt qu’elle ne l’a finalement été.

« Je pense que j’ai joué un grand rôle, un rôle peut-être même décisif, dans la guerre », a déclaré Smotrich dans le podcast « All In » de Nadav Perry.

« Je pense que sans moi, la guerre à Gaza aurait été interrompue avant même [l’opération à] Rafah », a-t-il ajouté, faisant référence à l’offensive lancée par l’armée israélienne dans la ville la plus au sud de la bande de Gaza en mai 2024.

« Contrairement à ce que disent ceux qui tentent de me faire passer pour un sans cœur insensible au sort des otages, je crois que c’est grâce à moi que tous les otages sont ici. »

Pour expliquer son raisonnement, Smotrich a indiqué qu’après la libération de tous les otages vivants, à l’exception de 21 d’entre eux, dans le cadre d’un accord conclu en janvier 2025 avec le Hamas, un autre accord partiel avait été proposé, qui aurait permis de ramener huit autres otages vivants, en laissant douze derrière.

« Si à ce moment-là je n’avais pas fixé de ligne rouge et dit à [Premier ministre Benjamin] Netanyahu que cela ne se ferait pas… nous serions encore en train de négocier avec le Hamas aujourd’hui pour un autre, et encore un autre, et encore un autre accord », a-t-il assuré.

Des manifestants brandissant des affiches représentant certains des otages tués qui n’ont pas été rapatriés en Israël, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 14 octobre 2025. (Crédit : Yael Gadot/Mouvement de protestation pour la démocratie)

Cependant, si l’accord auquel il fait référence n’avait pas échoué moins de deux mois après son lancement, début mars 2025, il aurait fini par passer à une deuxième phase incluant la libération de tous les otages restants, vivants ou morts.

Ce n’est qu’en octobre 2025 que les 20 derniers otages encore en vie ont été relâchés, l’un d’entre eux, un citoyen américano-israélien, ayant été libéré séparément en mai en guise de geste envers les États-Unis, avant que les dépouilles des otages morts ne soient rapatriées. Le corps du dernier otage mort, le sergent Ran Gvili, a été remis à Israël le 26 janvier 2026.

Au total, sur les 251 otages enlevés par le Hamas et d’autres groupes terroristes lors de l’invasion et du pogrom perpétrés le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, 166 ont été relâchés vivants et 85 ont été rapatriés sans vie.

Parmi les corps restitués à Israël au cours des deux années qui ont suivi le 7-Octobre, 44 étaient déjà morts au moment de leur enlèvement et 41 avaient été enlevés vivants puis tués en captivité.

Une femme tenant une pancarte sur laquelle est écrit « pardon » tandis que les gens rendent hommage aux otages assassinés Shiri Bibas et ses enfants Ariel et Kfir, à Rishon LeZion, le 26 février 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Dans de nombreux cas, ils ont été exécutés par leurs geôliers ; dans d’autres, Tsahal a confirmé que ses propres actions, notamment des frappes aériennes, avaient entraîné la mort d’otages.

Tout au long de ces deux années de guerre à Gaza, Smotrich s’est systématiquement opposé aux différentes propositions d’accords sur les otages ou n’y a apporté qu’un soutien conditionnel, estimant que la poursuite de l’opération militaire et la chute du Hamas étaient plus importantes.

Il a menacé à plusieurs reprises de retirer son parti, HaTzionout HaDatit, du gouvernement si un accord qu’il désapprouvait était signé.

Parmi les conditions qu’il a posées pour soutenir l’accord qui a finalement permis la libération des derniers otages en octobre 2025, figuraient le maintien des troupes israéliennes à la périphérie de la bande de Gaza, notamment le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte, ainsi que la garantie d’une liberté d’action totale sur l’ensemble de l’enclave.

Ses propos de dimanche ont donc suscité l’indignation des otages libérés et de leurs familles.

L’ancien otage Or Levy a réagi en qualifiant la déclaration de Smotrich de « propagande et de gaslighting ».

« Si vous voulez dire que c’est grâce à vous que des otages ont été assassinés [en captivité] pendant que vous torpilliez les accords – alors oui », a écrit Or Levy, dont l’épouse, Eynav Levy, a été assassinée lors du festival de musique Nova le 7-Octobre.

« Si cela n’avait tenu qu’à vous, nous ne serions pas encore revenus, à ce jour… Bezalel Smotrich, vous êtes la honte des ministres, la honte des citoyens et la honte des êtres humains. »

Or Levy, ancien otage du Hamas, retrouvant son fils de trois ans, Almog, après 491 jours de captivité à Gaza, à l’hôpital Sheba, près de Tel Aviv, le 8 février 2025. (Crédit : Autorisation)

Gil Dickmann, dont la cousine Carmel Gat a été assassinée par ses geôliers en août 2024, a vivement critiqué Smotrich, le qualifiant de « menteur ignoble et sans cœur ».

« Carmel a été assassinée parce que vous avez refusé de la ramener à temps », a écrit Dickmann sur le réseau social X.

« Si, à vos yeux, ramener une femme vivante ou la ramener morte revient au même, alors vous méritez véritablement le titre de ‘ministre chargé du sacrifice des otages’. »

Le site d’information Walla a également rapporté que Smotrich avait été contraint d’annuler une visite prévue lundi au kibboutz Beeri, en raison de la colère suscitée par ses propos chez les habitants.

Il devait se rendre à la fois à Beeri et au kibboutz Nir Oz pour évaluer les efforts de reconstruction dans ces communautés, durement touchées le 7-Octobre.

Selon Walla, il se rendra tout de même au kibboutz Ein HaShlosha, comme prévu.

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