La « Maison de l’évêque », bâtiment historique de Jérusalem, vendue pour 59 millions de shekels

La vente de cette ancienne mission chrétienne construite voici 150 ans s'inscrit dans un contexte marqué par une forte demande de biens immobiliers de luxe en Israël

La "Maison de l'évêque", rue Haneviim, à Jérusalem. (Prosperity Real Estate)

Un bâtiment historique construit voici 150 ans dans le centre de Jérusalem, autrefois occupé par des missionnaires chrétiens, a été vendu pour une somme de 59 millions de shekels, dans un contexte très favorable pour l’immobilier de luxe en Israël.

Situé au 25, rue HaNeviim, ce bien immobilier, connu localement sous le nom de « Maison de l’Évêque », comprend un terrain de 1 000 mètres carrés, avec une surface bâtie de 630 mètres carrés, une cour et des toits-terrasses.

La propriété a été rachetée par une société privée pour ce montant, qui inclut 9 millions de shekels de TVA. Son acquéreur prévoit d’entreprendre d’importants travaux de préservation et de restauration. La vente a été négociée par Ronit et Tomer Dowek, de l’agence Prosperity Real Estate.

Entourée d’un haut mur de pierre, la propriété dispose d’une vaste cour, d’écuries, d’imposants escaliers et de grandes salles de réception. Ses murs épais de pierre et ses plafonds voûtés témoignent des techniques de construction de l’époque. Située sur le toit, la pièce dite « chambre du Prophète » offre une vue panoramique sur la Vieille Ville, le Mont du Temple et le désert de Judée.

La Maison de l’Évêque a été construite en 1876 par la London Society for Promoting Christianity Amongst the Jews afin d’héberger les représentants de la mission anglicane à Jérusalem. Entre 1878 et 1902, elle a servi de résidence au pasteur chargé de superviser les activités missionnaires de l’Église anglicane, le révérend Arthur Hastings Kelk.

Au fil des ans, elle a endossé d’autres fonctions. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Palestine mandataire était confrontée à une grave pénurie de verre de laboratoire médical, la société Phoenicia s’est installée dans ses murs pour y établir une verrerie.

La « Maison de l’évêque », rue Haneviim, à Jérusalem. (Prosperity Real Estate)

Après la division de Jérusalem à la suite de la guerre d’indépendance d’Israël en 1948, le bâtiment a abrité une école maternelle gérée par des sœurs missionnaires finlandaises, avant d’être vendu à des propriétaires juifs. Dans les années 1970, il a été habité par la famille de Robert Maxwell, homme d’affaires et éditeur déchu.

Tomer Dowek (à gauche), vice-président responsable du développement commercial de Prosperity Real Estate, en compagnie de sa mère Ronit, fondatrice de l’agence. (Autorisation)

Cette vente intervient alors que la demande de logements de luxe à Jérusalem et dans les grandes villes ne cesse de croître, en partie en raison des craintes relatives à une montée de l’antisémitisme à l’étranger. La semaine dernière, un entrepreneur juif français du secteur des hautes technologies a acheté pour 119 millions de shekels deux étages d’une luxueuse tour résidentielle située sur le front de mer de Tel Aviv.

L’année dernière, Dowek a négocié la vente, pour 21 millions de dollars, d’une maison centenaire située à Talbieh, ayant appartenu au philosophe Martin Buber.

« Il y a des biens immobiliers que l’on vend, et d’autres qui sont riches d’une histoire à laquelle nous avons le privilège de prendre part », a commenté Dowek à l’issue de la vente. « Lorsque l’on se trouve dans une maison construite voici 150 ans, que l’on songe à tout ce qui s’est passé entre ses murs et que l’on pense aux personnes qui y ont vécu et travaillé, on réalise que cette transaction dépasse largement ses seules dimensions commerciales. »

Vous avez apprécié cette lecture ? Rejoignez notre communauté et contribuez à faire vivre une information indépendante et de qualité. Merci de votre soutien !

read more: