Israël en guerre - Jour 199

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François Ouzan et Aharon Appelfeld.(Autorisation)
François Ouzan et Aharon Appelfeld.(Autorisation)
InterviewUne formidable leçon de vie

La reconstruction juive après la Shoah : nouveau regard sur les survivants

Françoise Ouzan livre une étude foisonnante et inédite sur la vie des rescapés après la deuxième guerre mondiale en Israël, en France et aux Etats-Unis

Il était temps que, surgissant d’un passé encore palpable, l’étonnant exemple de reconstruction donné par les survivants de la Shoah fît l’objet d’un ouvrage aussi sensible et incarné. Il est signé de l’universitaire et chercheuse Françoise Ouzan, directrice de recherches au Goldstein-Goren Diaspora Research Center de l’Université de Tel Aviv.

En dévoilant un sens jusqu’alors figé dans un angle mort des données historiques, en rompant avec la perspective exclusivement victimaire, l’historienne livre une étude foisonnante et inédite sur la vie des rescapés après la deuxième guerre mondiale en Israël, en France et aux Etats-Unis. Son travail met en lumière leur rôle sociétal et leur implication dans l’élaboration et la transmission de la mémoire de la Shoah. Enfin, il donne en partage une vision stimulante, inspirante et universelle de la reconstruction personnelle et de la « vigueur indomptable » dont l’esprit humain est étonnamment capable de se doter pour se reconstruire.

Si, dans La Trêve, Primo Levi décrit au plus près le chaos de l’après-guerre, ce que les rescapés ont vécu à leur retour n’a guère trouvé d’écho dans l’historiographie de la Shoah. Pour Françoise Ouzan, cette zone d’ombre s’explique par la focalisation qui s’est opérée sur la Shoah et les tentatives de la comprendre. Reste que l’auteure se félicite de constater le regain d’intérêt pour l’immédiat après-guerre perçu notamment à travers les demandes de financements de projets universitaires. « Beaucoup de mythes ont fait florès » explique Ouzan. « Celui du silence, notamment. Pourtant, en Israël, les rescapés ont parlé. Ils ont parlé dès qu’ils sont arrivés dans les kibboutzim, même s’ils ont parfois été confrontés à des remarques désagréables. La plupart du temps, le kibboutz les a entourés, faisant office de famille de substitution ».

La libération des camps de concentration a pu laisser planer le sentiment, commode et acquis à peu de frais, que le calvaire des survivants était terminé. Il n’en fut rien et les épreuves, tant physiques que psychologiques, ont continué. En 1945, le nombre de rescapés juifs s’élevait à environ 200 000 personnes. Il restait à peu près un million de personnes déplacées (DP) qui, nous explique l’étude, croupissaient derrière les barbelés de camps en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Comment vivre dans la solitude, lesté de la culpabilité de la survivance ? Était-il envisageable de revenir sur la terre natale, gorgée du sang des Juifs ? Où aller, quand la plupart des pays fermaient leurs portes ou se contentaient de les entrouvrir ? Ouzan rappelle les propos d’Hannah Arendt qui, pour l’avoir vécue, décrit la situation de réfugié comme la perte « de notre langue maternelle, c’est-à-dire nos réactions naturelles, la simplicité des gestes et l’expression spontanée de nos sentiments. Nous avons laissé nos parents dans les ghettos de Pologne et nos meilleurs amis ont été assassinés dans des camps de concentration, ce qui signifie que nos vies privées ont été brisées ».

C’est, dans un premier temps, ce néant dont le livre nous fait prendre la mesure.

Partagée entre admiration et étonnement, l’auteure s’interroge sur la nature de la force qui leur a permis de se reconstruire. « Je voulais sentir, ressentir, découvrir le secret de leur survie, de leur réhabilitation, de leur réussite, et tenter de comprendre comment on remonte du fond de l’abîme ».

Pour cette étude, elle a mené une trentaine d’entretiens en France, aux Etats-Unis et en Israël où les rescapés sont les plus nombreux (70 % des immigrants au cours des premières années de l’Etat juif). Quand on l’interroge sur la raison pour laquelle son livre souligne l’importance qu’elle a accordée aux voix des anciennes victimes, elle explique avoir voulu écouter et retranscrire la dignité dont elles étaient empreintes. « J’ai ressenti cela au plus haut point avec Samuel Pisar et Aharon Appelfeld : le respect de l’autre ». Pour comprendre les survivants, il faut aussi capter leurs émotions. Ces émotions dont son approche révèle l’essentialité à chacune des étapes de leur processus de reconstruction et d’intégration.

Quelles stratégies de survie ont développées celles et ceux qui ont vécu à proximité de la mort et de la déshumanisation, qui se sont enfuis ou qui se sont cachés ? « La première stratégie a été de pouvoir pleurer », explique l’auteure. « Dans le camp, pleurer revenait à se condamner à mort. Et pour l’enfant caché, cela signifiait attirer l’attention ».

Les larmes, quand elles ont pu couler, ont vidé les têtes avant l’étape de la reconstruction à partir de laquelle il leur a fallu s’adapter, avoir le courage et l’énergie de continuer, reconstituer un réseau affectif, recréer une appartenance (une cellule familiale, une Amicale…) et surtout, ajoute Ouzan, « trouver la force de ne pas s’apitoyer sur soi-même, en refusant la condition de victime ».

Boris Cyrulnik, psychiatre français spécialiste de la résilience, à Bogota, en Colombie, le 30 janvier 2017. (Crédit : Luis Acosta/AFP)

Là se trouve la dimension novatrice de cette étude qui rompt avec la vision victimaire des survivants, qu’ils fussent rescapés des camps, partisans, personnes déplacées ou enfants cachés. « Dans ce livre, je souligne que chaque personne a eu une façon unique d’affronter le traumatisme et de recommencer une nouvelle vie. Je m’intéresse également à la notion de réussite sociale, en montrant qu’elle ressortit à une tentative de restaurer sa dignité » commente l’historienne qui explique, dans le chapitre consacré à Boris Cyrulnick, (« Du silence à la résilience »), que le neuropsychiatre inscrit le processus de reconstruction dans une dynamique de lutte contre la honte et d’oubli de l’humiliation. « De la même façon qu’ils avaient pompé l’adrénaline pour survivre, ils ont dû puiser dans leurs forces pour survivre à la survie, pour construire et pour s’engager » renchérit Ouzan en rappelant que selon Cyrulnick, la réussite a d’abord été un combat.

Ce qu’en littérature, on appelle « l’arc transformationnel » prend chair à travers les portraits et les parcours étonnants brossés par l’historienne, également auteure d’un roman largement inspiré par ses recherches et qu’elle vient de traduire en anglais (Demain, nous partons, Bibliophane Edition, 2007) : l’histoire de Rebecca, rescapée de la Shoah, qui rejoint un camp de réfugiés en Allemagne avec l’espoir d’immigrer aux Etats-Unis. Le terme qui vient spontanément à l’esprit de l’auteure, également agrégée d’anglais, est empowerment : « La personne se reconstruit tout en parvenant à recouvrer sa dignité et en s’investissant dans des engagements sociétaux ».

Une équipe de football dans un camp juif de personnes deplacees après la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Domaine public)

Ses mots renvoient à celles et ceux dont elles parlent dans le livre : Israel Meir Lau, le plus jeune des enfants de Buchenwald, alors âgé de huit ans, devenu grand rabbin d’Israël, auquel est consacré un très beau chapitre intitulé « Retrouver sa place dans la chaîne ininterrompue de rabbins » ; Izio Rosenman, devenu physicien au CNRS et psychanalyste ; Samuel Pisar (dont le beau-fils, Antony Blinken, secrétaire d’Etat de l’administration Biden a reconnu l’influence qu’il avait exercée sur lui) qui affirmait continuer de s’investir dans ses engagements sociétaux comme si sa survie en dépendait ; Elie Wiesel dont elle souligne combien « il s’émerveillait de la résilience du peuple juif ».

Et bien sûr Simone Veil. « Aurait-elle réalisé autant de choses dans le domaine de la justice sociale si elle n’avait pas été témoin et victime d’un traitement aussi arbitraire et d’une répression aussi gratuite ? » s’interroge-t-elle.

Elle ajoute : « Pisar a fait ce que sa mère aurait aimé qu’il fasse, mais il est allé encore plus loin. Lui-même m’a suggéré que, de façon paradoxale, comme beaucoup d’orphelins, il n’aurait peut-être pas tenté autant de choses si ses parents avaient été là pour le mettre en garde et lui conseiller de ne pas s’engager dans un projet jugé trop dangereux. Mais lui n’avait rien à perdre… ».

Recommencer une nouvelle vie tout en réussissant : dans le cas des rescapés, la réussite professionnelle fut un moyen de canaliser les énergies positives, voire de transformer une rage d’enfant en actes réparateurs. Analyser la façon dont beaucoup ont transformé leur souffrance est, là encore, une approche novatrice, en ce qu’elle désigne les rescapés au titre d’acteurs de la société. A cet égard, Ouzan tend à interpréter la récurrence du choix de la psychiatrie non seulement comme la volonté de comprendre le fonctionnement du cerveau humain mais aussi celle d’aider les personnes traumatisées.

Elie Buzyn, déporté à Auschwitz à quinze ans, confiait avoir choisi la chirurgie orthopédique pour « réparer » le corps humain, plutôt qu’une autre spécialité chirurgicale amenée à retirer des organes. Et l’on ne saurait passer sous silence l’itinéraire de Menahem Perlmutter, également déporté à Auschwitz, devenu un expert de renommée internationale dans le domaine de l’agriculture, fréquemment invité à faire part de son expérience…

Elie Buzyn, à Paris, le 21 janvier 2015. (Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP)

Il y en a tant d’autres, célèbres et inconnus, dont le livre rapporte la diversité des destins…

On doit à la vérité de préciser – et la chercheuse n’y déroge pas – que la réussite professionnelle et sociale ne signifie pas réussite personnelle et que tous, en dépit des apparences, ne sont pas parvenus à surmonter leur traumatisme. Elle fait état du suicide de rescapés français rattrapés par leur douloureux passé. Le livre cite l’exemple de la philosophe Sarah Kofman, ancienne enfant cachée qui s’est suicidée à l’âge de soixante ans, après la publication de son autobiographie en 1994. Sans oublier Primo Levi, mort à soixante-sept ans à la suite d’une chute dans l’escalier vraisemblablement suicidaire, non plus que le psychiatre-psychanalyste Bruno Bettelheim qui mit fin à ses jours à l’âge de quatre-vingt-six ans…

Croiser les récits a permis à l’auteure de faire émerger une autre constante (et pas la moindre) : l’immense impact que l’émergence de l’Etat d’Israël a eu sur la reconstruction des survivants. « Israël a permis de retrouver à la fois l’espoir et la dignité », explique la chercheuse. « Pour les Juifs restés, devenus ou redevenus religieux, c’est la « Emouna » [foi en Dieu) : Israël, la terre du sionisme mais aussi la terre que le Créateur avait promise à son peuple. C’est un miracle qui n’est pas né de la Shoah mais dont la Shoah a été un levier ».

Du côté des laïcs, Ouzan évoque le politologue Zeev Sternhell, immigré seul avant l’âge de seize ans et qui, s’il fut par la suite l’un des critiques les plus virulents de la politique israélienne, considérait Israël comme « le terminus de l’errance ». « Sans Israël, il se sentait nu », ajoute l’historienne.

On estime, nous apprend le livre, que les deux tiers des rescapés se rendirent en Eretz, le tiers restant ayant immigré, pour la plupart, aux Etats-Unis.

Ouzan rapporte que le journaliste et écrivain Noah Klieger avait à plusieurs reprises déclaré que « son sionisme était né à Auschwitz ». Beaucoup ont préféré parler de « sionisme instinctif ». Elle précise : « Quand les personnes déplacées ont compris qu’elles allaient rester encore longtemps derrière les barbelés, elles se sont organisées, en créant par exemple un théâtre yiddish. Les uns jouaient les kapos, d’autres les victimes, ce qui leur permettait de prendre du recul par rapport à l’expérience traumatisante qu’ils avaient traversée. Le sentiment sioniste fut stimulé par des émissaires envoyés dans les camps de DP pour apporter soutien moral, éducation mais aussi pour préparer les rescapés à s’installer dans la Patrie Juive. Ben Gurion y est venu en personne ».

Lors de la conférence qu’il a donnée à New York en 1946, Camus déclara : « II est trop facile, sur ce point, d’accuser seulement Hitler et de dire que la bête étant morte, le venin a disparu. Car nous savons bien que le venin n’a pas disparu… ». Françoise Ouzan commente : « L’antisémitisme pouvait revenir aux Etats-Unis, où, dans les années 1940, il a été très virulent. Il a atteint son sommet à la fin de la deuxième guerre mondiale, avant de régresser quand la population a réalisé qu’un demi-million de soldats juifs américains s’étaient battus ».

Quant à la situation en France, elle explique que des historiens ont révélé que des manifestations ouvertement anti-juives avaient eu lieu au lendemain de la découverte des camps.

Le sentiment que « cela » pouvait recommencer fut conforté par les nouvelles venues de Pologne. « Dans les trains, on jetait les Juifs par-dessus bord » indique l’historienne. « Imaginez des rescapés rentrant pour savoir si des membres de leur famille avaient survécu. Les Polonais ne voulaient pas leur rendre leur biens, aussi s’arrangeaient-ils pour leur montrer qu’ils étaient indésirables. Beaucoup ont entendu : « On vous croyait morts » ou encore « les Juifs sont sortis de leurs tombes ? »

Elle nous rappelle, comme elle le fait dans le livre, les pogroms d’après-guerre, dont celui de Kielce, en Pologne, le 4 juillet 1946, au cours duquel soixante-quinze rescapés des camps de concentration furent battus et quarante-et-un massacrés. Ce sont alors plus de 10 000 Juifs qui fuirent les pogroms pour rejoindre les camps surpeuplés de DP, dans les zones occidentales d’Allemagne.

Obsèques des dizaines de Juifs tués dans un pogrom post-Shoah en 1946 à Kielce, en Pologne (Capture d’écran: YouTube)

En Israël, les jeunes survivants ont tenu à être soldats et à combattre. Le livre rappelle que plus d’un millier d’entre eux périrent au cours de la guerre d’Indépendance de 1948. Ouzan évoque la mémoire de Jo Wajsblat qui « en dépit des risques mortels encourus en permanence devant l’émergence de l’Etat juif, […] avait retrouvé son identité juive, sa confiance en lui ».

Quant à savoir si, comme elle le mentionne dans son ouvrage, « les rescapés furent considérés comme de la « chair à canon », l’auteure précise : « Aucun des rescapés que j’ai interrogés ne l’a ressenti ainsi, alors même qu’ils entreprirent de combattre pour la survie d’une patrie qu’ils avaient seulement imaginée. […] Ils n’étaient plus des victimes, ils étaient des soldats juifs d’un Etat d’Israël en émergence ». Sur la Terre d’Israël, ils étaient devenus ceux que Sternhell, cité plus haut, décrivait comme « des être humains comme les autres, capables de se battre pour leur liberté ».

Là encore, on reportera au livre pour découvrir les nombreux chemins de vie qui sont décrits et les constantes que l’historienne s’est attachée à en extraire. Il convient néanmoins d’évoquer le point, important, qu’elle porte à notre attention : l’élévation du statut de survivant à la suite du procès Eichmann (1961). « Ce procès a montré à la société israélienne, qui considérait les survivants comme un bétail s’étant laissé mener à l’abattoir, ce qu’avait vraiment été la Shoah. L’impact du procès a été énorme. Il a engendré des suicides. Après le procès, les victimes qui avaient été humiliées et persécutées devinrent graduellement des témoins précieux, d’abord en Israël, un peu plus tard en France puis aux Etats-Unis ».

Quand il célébrait la résilience du peuple juif, Elie Wiesel en soulignait également « l’obsession de la mémoire ». Françoise Ouzan évoque le ‘zakhor’ [souviens-toi] : « Bien souvent, les Juifs, fussent-ils laïcs, avaient laissé derrière eux des générations de rabbins. La transmission est une autre définition du judaïsme. Ce que l’on apprend, il faut le transmettre. Il s’agit non seulement de transmettre des valeurs de justice mais aussi d’enseigner les dangers de l’humiliation, que les rescapés avaient connue dans les camps et parfois en tant qu’enfants cachés. Le judaïsme nous met en garde contre l’humiliation et le ‘lachon hara’ » [médisance].

Elie Wiesel dans son bureau à New York, le 12 septembre 2012. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

Alors qu’elle explique que ce livre est voué à être « l’une des dernières tentatives d’analyser le passé et le présent des rescapés », Françoise Ouzan espère que son travail pourra être une source d’inspiration pour quiconque est confronté à un traumatisme. « Nous sommes dans un siècle de personnes déplacées », déclare-t-elle, en insistant sur la nécessité de comprendre ce que sont le déplacement et la détresse de ceux qui ont perdu tous leurs repères. Elle suggère des mesures afin de permettre aux personnes déplacées d’acquérir un sentiment d’appartenance leur permettant d’ouvrir un champ de perspectives et de projets.

Affiche de HIAS. (Autorisation)

Ce moment de la conversation la conduit à nous parler de l’HIAS [Hebrew Immigrant Aid Society), l’association juive d’aide aux migrants. « L’association, fondée à New York, avait aidé les Juifs fuyant les pogroms de Russie et d’Europe de l’est. Aujourd’hui, elle aide les réfugiés d’autres pays, notamment de nombreux musulmans », ajoute-t-elle en rappelant que l’association avait été mentionnée dans un post du tueur de Pittsburg quelques heures avant qu’il ne pénètre dans la synagogue Tree of Life, en octobre 2018.

Plutôt qu’un « miroir embarrassant » reflétant « l’extermination des Juifs perpétrée dans une indifférence quasi générale », l’approche proposée par Ouzan tend à donner au monde un « message rédempteur » inspiré par celles et ceux dont son livre raconte l’extraordinaire transformation, nous invitant à faire honneur au legs spirituel qu’il nous ont laissé.

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Françoise Ouzan, Réussir pour revivre, Jeunes rescapés de la Shoah, Atlande éditions, 348 p, 19 €

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