Lapid, Liberman, Golan et Eisenkot travaillent au renversement de Netanyahu

Les chefs de l'opposition se réuniront à nouveau en octobre pour discuter des moyens de battre le Premier ministre ; ils espèrent être rejoints par Naftali Bennett et Benny Gantz

Les chefs du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, de HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, de Yesh Atid, Yaïr Lapid, et d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tenant une conférence de presse conjointe, à la Knesset, à Jérusalem, le 6 novembre 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs dirigeants des partis d’opposition se sont réunis samedi soir – une rencontre à l’issue de laquelle ils ont annoncé la création d’un « forum permanent » visant à rassembler les différentes factions en un seul bloc qui s’opposera au Premier ministre Benjamin Netanyahu avant les prochaines élections législatives.

Le « bloc du changement » rassemble des partis de droite, du centre et de gauche qui souhaitent proposer une alternative à l’actuelle coalition de droite dure de Netanyahu.

Dans un communiqué conjoint, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, qui dirige le parti Yesh Atid, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, le président de « Yashar ! Avec Eisenkot », Gadi Eisenkot, et le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, ont déclaré que la prochaine réunion du groupe se tiendrait « immédiatement » après Yom Kippour, qui tombe cette année le 2 octobre.

Dans le cadre de leurs efforts de coordination en vue des prochaines élections législatives, les chefs de l’opposition ont également annoncé la création d’un « organisme professionnel » chargé de définir « les grandes lignes du prochain gouvernement », telles que l’élaboration d’une constitution nationale, l’instauration du service militaire universel et la « préservation du caractère de l’État d’Israël en tant qu’État juif, démocratique et sioniste ».

Ni l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui a formé un nouveau parti provisoirement appelé « Bennett 2026 », ni le chef du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, n’ont assisté à la réunion de samedi soir. Bennett commémorait les dix ans de la mort de son père, connu dans le judaïsme sous le nom de « yahrzeit ».

Dans leur communiqué, les chefs des partis d’opposition ont déclaré s’attendre à ce que Bennett et Gantz assistent à ces réunions à l’avenir.

Montage photos (de gauche à droite) : L’ancien Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) et le député Benny Gantz, chef du parti HaMahane HaMamlahti. (Crédits : Flash90)

Un porte-parole de Bennett a refusé de commenter ce communiqué, indiquant qu’il fournirait ultérieurement des informations actualisées concernant la participation de l’ancien Premier ministre à la prochaine réunion du forum.

Interrogée à ce sujet, une porte-parole de Gantz a déclaré que le chef du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti avait informé le groupe à l’avance qu’il ne serait pas présent en raison de contraintes d’emploi du temps. Bien qu’elle n’ait pas confirmé sa participation à la prochaine réunion, la porte-parole a toutefois déclaré que « dans l’absolu, il s’était montré disposé à y participer ».

L’ancien ministre des Communications, Yoaz Hendel, était également absent de la réunion. Il a annoncé cette semaine l’enregistrement d’un nouveau parti politique qu’il a baptisé HaMilouimnikim (« Les Réservistes »), qu’il présentera aux prochaines élections à la Knesset « entre les blocs », refusant de s’aligner sur le bloc de Netanyahu ou sur le bloc rival du changement.

Alors que le bloc du changement travaille actuellement à la coordination entre les partis plutôt qu’à la formation d’une liste commune, Lapid et Bennett envisagent toujours une alliance avec Eisenkot, ancien numéro deux du parti HaMahane HaMamlahti dirigé par Gantz, afin de maximiser le nombre de sièges qu’ils obtiendraient lors des prochaines élections, avait rapporté la semaine dernière la chaîne publique Kan.

Gantz vs. Liberman

Plus tôt dans la soirée, le parti de Gantz a critiqué Liberman pour avoir exclu toute participation à un gouvernement avec Netanyahu ou le parti islamiste Raam. Ce dernier avait pourtant soutenu le gouvernement dont ils faisaient tous deux partie en 2021-2022.

Dans un communiqué, le parti de Gantz a déclaré « qu’en votant pour Liberman, vous obtenez [Itamar] Ben Gvir », laissant entendre qu’en refusant de s’asseoir avec Netanyahu, Liberman conduirait le Premier ministre à former une autre coalition avec le chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit.

Gantz, qui avait bâti sa carrière politique en se présentant comme une alternative viable à Netanyahu, n’a pas exclu de siéger à nouveau au gouvernement avec le Premier ministre si nécessaire. Au début du mois, il avait appelé les chefs de l’opposition à former un « gouvernement temporaire pour la libération des otages », insistant sur le fait qu’Israël devait négocier un accord global pour libérer les otages toujours retenus à Gaza.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, présidant une réunion de sa faction, à la Knesset, le 14 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En prévision de la réunion de samedi, le parti Yisrael Beytenu de Liberman a préparé un projet de « document de principes et de lignes directrices » contenant une série de mesures sociales, sécuritaires et économiques destinées à guider le prochain gouvernement.

Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien allié belliciste de Netanyahu a résumé le document, exposant ses principes fondamentaux et mettant l’accent sur la défense de la démocratie et l’indépendance du système judiciaire grâce à l’adoption d’une constitution nationale.

Le forum prévoit également la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 – ce à quoi s’oppose Netanyahu tant que se poursuit la guerre multifronts – l’enseignement obligatoire des matières laïques dans toutes les écoles israéliennes, la mise en place d’un « groupe de travail national » pour lutter contre le crime organisé et l’encouragement à l’immigration depuis l’étranger.

Parallèlement, le gouvernement s’efforcerait de réduire les réglementations, d’encourager la concurrence et de lutter contre les monopoles dans le domaine économique, tout en diminuant le pouvoir du Grand Rabbinat dans le domaine religieux en limitant Israël à un seul Grand Rabbin, en instituant le mariage civil et en autorisant les transports publics pendant Shabbat.

L’ancien député Gadi Eisenkot tenant une conférence de presse après avoir annoncé sa démission de la Knesset et son départ du parti HaMahane HaMamlahti, à Tel Aviv, le 1ᵉʳ juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Le document n’a pas été approuvé par l’ensemble du bloc du changement, même si plusieurs de ses principales revendications, comme la conscription des ultra-orthodoxes, font l’objet d’un consensus au sein de l’opposition.

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