Liberman dévoile un « document de principes » pour unir l’opposition avec une constitution
Le texte propose une plateforme commune pour le prochain gouvernement, centrée sur une constitution, la conscription universelle et la réduction du pouvoir religieux

En prévision d’une rencontre la semaine prochaine entre les dirigeants du « bloc du changement » anti-Netanyahu, le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman a présenté un projet de « document de principes et de lignes directrices » contenant des mesures sociales, sécuritaires et économiques destinées à orienter le prochain gouvernement.
Le bloc rassemble des partis de droite, du centre et de gauche, qui cherchent à offrir une alternative à l’actuelle coalition dirigée par Benjamin Netanyahu.
Selon Maariv, le texte a été rédigé par le député Oded Forer. Il vise à établir une plateforme politique commune à l’ensemble des partis d’opposition juifs afin de former ce que Liberman décrit comme « un gouvernement national, sioniste et libéral ».
Dans une publication jeudi sur X résumant le document, l’ancien allié belliciste de Netanyahu a insisté sur la défense de la démocratie et l’indépendance du système judiciaire grâce à l’adoption d’une constitution.
« La constitution consacrera les principes de gouvernance démocratique, de droits de l’homme et de séparation des pouvoirs, limitera le mandat du Premier ministre à deux mandats, réduira le nombre de ministres et imposera le partage du fardeau du service militaire », a-t-il écrit.
Le partage serait garanti par la conscription universelle « sans distinction de religion ni d’origine ». Le refus de servir entraînerait « la révocation des droits, y compris le droit de vote à la Knesset ».
Le programme prévoit aussi une commission d’enquête nationale sur le massacre du 7 octobre – à laquelle Netanyahu s’est opposé –, l’enseignement obligatoire des matières laïques dans toutes les écoles, un groupe de travail national contre le crime organisé et des mesures pour encourager l’immigration.
Sur le plan économique, il propose de réduire les réglementations, de stimuler la concurrence et de lutter contre les monopoles, tout en diminuant le pouvoir du rabbinat dans le domaine religieux en limitant Israël à un seul grand rabbin, en instituant le mariage civil et en autorisant les transports publics le jour du Shabbat.
Le texte prévoit aussi la suppression des conseils religieux locaux financés par l’État, qui fournissent des offices de prière publics et assurent la supervision de la casheroute ainsi que la gestion des mikvés, au niveau municipal et régional.
En matière sécuritaire, Liberman appelle à stabiliser la Cisjordanie « en étroite coordination avec la Jordanie », tout en se désengageant de la bande de Gaza « pour la deuxième fois en vingt ans, en fermant les points de passage et en cessant d’y fournir des approvisionnements au territoire côtier.
« La responsabilité de Gaza sera transférée à une entité internationale, en coordination avec les États-Unis », a-t-il préconisé.
Dans une autre publication, Liberman a souligné que « le bloc sioniste doit présenter une équipe unifiée de personnes expérimentées qui travailleront ensemble pour les citoyens d’Israël ». Selon lui, l’essentiel n’est pas « quel parti sera le plus grand, mais comment les partis sionistes atteindront ensemble 63 mandats ».
Auparavant, il avait déjà plaidé pour que « le plus grand parti » forme le gouvernement afin de « mettre fin au chantage politique ».
S’adressant à Maariv, il a exhorté les électeurs à soutenir uniquement les « partis sionistes établis et stables » pour éviter toute dispersion des voix, appelant l’ancien numéro 2 du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, Gadi Eisenkot, à « rejoindre l’un des partis du bloc sioniste » plutôt que de lancer sa propre liste.
« J’ai dit à Eisenkot : si tu veux me suivre, il y a une place pour toi sur la liste Yisrael Beytenu », a-t-il déclaré.
Eisenkot, ancien numéro 2 de Kakhol Lavan, a quitté la faction et la Knesset cet été, expliquant que malgré des années de collaboration et de respect mutuel avec son président Benny Gantz, leurs divergences les avaient finalement éloignés sur le plan politique.
Les rivaux de Netanyahu renforcent leur coordination
Eisenkot a rencontré dimanche le chef de l’opposition Yaïr Lapid et le président du parti Bennett 2026, Naftali Bennett, dans le cadre d’efforts pour coordonner l’opposition avant les élections prévues en octobre 2026, mais qui pourraient être anticipées.
Une source au sein de l’opposition a déclaré au Times of Israel que, si « rien de concret » n’avait encore été décidé, le « bloc du changement » était « bien plus coordonné qu’on ne le pense, surtout entre les acteurs centraux. Ce que vous avez vu la semaine dernière, c’est une partie de ce qui est désormais rendu public ».
Aucun effort sérieux n’a encore été fait pour fusionner les partis d’opposition – qui comprennent des listes de droite, du centre et de gauche – avant les prochaines élections, « mais tout le monde s’efforce de s’assurer que le bloc soit bien construit cette fois-ci », a ajouté la source.
Liberman avait déjà rencontré Bennett en août pour rallier les « chefs des partis d’opposition sionistes » autour d’un « plan directeur » pour le prochain gouvernement.
La réunion d’août a eu lieu peu après que Liberman a écrit à Lapid pour lui demander de convoquer les « chefs des partis d’opposition sionistes » – avec Bennett et Eisenkot – afin de discuter de la formulation des grandes lignes du prochain gouvernement. Il a affirmé aux dirigeants de l’opposition qu’ils devaient constituer une alternative unie au gouvernement actuel avant les prochaines élections générales.
Mercredi soir, le bureau de Lapid a annoncé que les chefs des partis du camp anti-Netanyahu se réuniraient le 20 septembre pour la « première d’une série de réunions visant à définir les grandes lignes du prochain gouvernement ».
La réunion rassemblera Eisenkot, Liberman, Gantz et le chef du parti, les Démocrates, Yair Golan. Selon la chaîne N12, Bennett sera absent, retenu par la commémoration du dixième anniversaire de la mort de son père.
Dans des propos issus d’un discours prononcé la semaine dernière à Kfar Saba et publiés dimanche par le site d’information Walla, Bennett a déclaré : « Nous devons former un gouvernement d’union sioniste nationale fondé sur “l’alliance du service”, c’est-à-dire ceux qui servent et qui acceptent les principes directeurs du gouvernement ».
« J’ai un rôle à jouer : unir les différents partis centristes. Nous allons discuter avec Liberman, avec Eisenkot, et rassembler tout le monde dans un grand parti », a-t-il expliqué, exhortant le public à « convaincre tout le monde de voter pour ce parti afin d’obtenir une majorité claire et décisive ».
Lors d’une réunion à Herzliya avec des représentants de la communauté russophone, Bennett a également évoqué l’idée d’un « parti uni avec Yisrael Beytenu et Eisenkot », selon un participant qui s’est entretenu lundi avec le Times of Israel.







