Macron salue Edgar Morin qui, selon lui, ne céda jamais à « la vérité d’un seul camp »
De nombreuses personnalités du monde politique et intellectuel sont venues assister à l'hommage aux Invalides
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Emmanuel Macron a salué mercredi, lors d’un hommage national aux Invalides au philosophe et sociologue Edgar Morin, mort à 104 ans, « un destin exceptionnel dans le siècle » qui ne céda jamais, selon lui, à « la vérité d’un seul camp ».
« C’est un destin exceptionnel dans le siècle », « un humaniste planétaire certes, mais irréductiblement français toujours pour ses combats de liberté (..) d’égalité, d’émancipation, de fraternité aussi avec tous les peuples privés de leurs droits », a lancé le chef de l’Etat devant un grand portrait du philosophe, arborant son éternel chapeau, qui avait été posé sur son cercueil.
« Pour lui, la vérité ne résultait jamais d’un seul camp, d’un seul dogme. L’engagement ne pouvait être l’embrigadement et l’avenir était promis au chaos si l’on cédait à l’accablement ou à l’inaction », a-t-il ajouté. « Cette énergie française, généreuse, ambitieuse, universelle, va continuer de renaître », a-t-il assuré.
La cérémonie s’est déroulée dans la cour Sud du Dôme des Invalides et non la cour d’honneur, comme le veut la tradition, en raison de travaux, en présence de son épouse, la philosophe marocaine Sabah Abouessalam, et de nombre de personnalités du monde politique et intellectuel.
L’ancien président François Hollande, le Premier ministre Sébastien Lecornu et ses prédécesseurs Laurent Fabius, Dominique de Villepin, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Elisabeth Borne ainsi que le sociologue Jean Viard et l’historien Pascal Ory ont notamment été aperçus. Le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch était aussi présent.
Le chef de l’Etat a salué « l’enfant de Ménilmontant », quartier populaire de Paris, d’un « enseignement laïque », « vibrant de son identité de Français juif, traqué, opprimé », résistant face à l’Occupant nazi et adepte de la « pensée complexe ».
Né Edgar Nahoum le 8 juillet 1921 à Paris, de parents juifs originaires de Grèce, Morin a toujours refusé d’être défini par sa judéité, se définissant comme « Français, méditerranéen et citoyen du monde ».
Il critiquait également avec virulence le traitement réservé aux Palestiniens par Israël, affirmant dans un article de 2002 : « Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens » et « Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens ».
Condamné pour antisémitisme à la suite de cet article, il a été innocenté par la Cour de cassation française au terme d’une affaire qui l’avait vu accusé par certains Juifs d’être un « Juif qui se déteste lui-même », mais qui lui avait valu sans surprise une large sympathie parmi ses collègues universitaires.
« Pour comprendre comment la barbarie fut enfantée par la civilisation (…) après la guerre, Edgar Morin, encore soldat, s’établit un temps en Allemagne » et en « tira un livre à rebours de l’époque pour défendre l’idée de l’Allemagne qu’il aimait, l’idée de l’Europe qu’il aimait et ses idées dont il espérait la renaissance », a-t-il rappelé.
Dans « Autocritique » (1959), le philosophe relata son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme. « Il avait appris à penser contre les apparences, contre les écoles, parfois contre lui-même », a dit le chef de l’Etat.
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