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ONU : Les envoyés imputent les violences au Liban au Hezbollah et critiquent la réaction israélienne

Selon la sous-secrétaire générale, l'incursion d'Israël chez son voisin du nord et le refus du Hezbollah de désarmer violent la résolution 1701 ; la France tient le groupe terroriste et l'Iran pour responsables des combats

Martha Pobee, sous-secrétaire générale des Nations unies, en 2025. (Crédit : Capture d’écran/Nations unies)
Martha Pobee, sous-secrétaire générale des Nations unies, en 2025. (Crédit : Capture d’écran/Nations unies)

Lundi, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, la sous-secrétaire générale des Nations unies, Martha Pobee, a déclaré que l’incursion d’Israël au Liban violait l’intégrité territoriale du pays ainsi que la résolution du Conseil de 2006 exigeant qu’Israël se retire au sud de la frontière avec le Liban, telle que tracée par l’ONU.

Pobee a également accusé le Hezbollah de violer cette résolution, qui appelle au désarmement du groupe terroriste chiite libanais, et elle a déclaré que l’objectif ultime était « un cessez-le-feu durable et permanent respecté par toutes les parties ».

« La situation au Liban est profondément alarmante », a-t-elle expliqué dans un communiqué publié sur le site web de l’ONU à propos de cette réunion.

La France avait demandé la tenue de cette réunion, invoquant l’escalade de la violence au Liban, a indiqué son ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« C’est le Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui est responsable du déclenchement des hostilités », a affirmé la France lors de la réunion.

Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, le représentant français a déclaré que l’ampleur des opérations israéliennes au Liban ne pouvait se justifier et constituait une « grave erreur stratégique ».

L’ambassadeur américain Mike Waltz a déclaré que la désescalade et la paix interviendraient rapidement « si le Hezbollah cessait immédiatement ses attaques, comme il semble l’avoir promis, et si le gouvernement libanais affirmait sa pleine souveraineté, reconstruisait le pays et ramenait son peuple chez lui », faisant référence au cessez-le-feu qui a été annoncé lundi par le président américain Donald Trump. Ses circonstances et l’engagement des deux parties restent toutefois flous.

L’ambassadeur du Liban auprès de l’ONU, Ahmad Arafa, a accusé Israël de « tirer parti, comme à son habitude, d’un climat régional tendu » et de se livrer à une « campagne systématique de destruction » qui, dans de nombreux cas, « s’apparente à des crimes de guerre ».

Arafa a déclaré que si Israël s’engageait à respecter un cessez-le-feu, « l’État s’engage à ce que, une fois celui-ci mis en place, il soit le seul à être tenu pour responsable et à devoir rendre des comptes pour toute violation ultérieure ».

L’envoyé israélien Danny Danon a souligné qu’Israël « ne s’était pas réveillé un matin en décidant d’entrer au Liban », affirmant qu’il « n’avait pas eu le choix » après que le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour soutenir son commanditaire, le régime iranien, qui était la cible d’une campagne conjointe américano-israélienne.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, s’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité, au siège de l’ONU, le 11 mars 2026. (Crédit : Seth Wenig/AP)

S’adressant à l’ambassadeur français, il a demandé si la France attendrait « que des drones bourdonnent au-dessus de Paris » avant d’éliminer la menace.

Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté toutes les parties « à respecter la cessation des hostilités ».

Le chef de l’ONU insiste pour que la FINUL reste en place

Lundi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que des Casques bleus seraient nécessaires au Liban après l’expiration du mandat de la mission actuelle, à la fin de l’année. Cette perspective risque toutefois de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.

En août dernier, sous la pression des États-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de mettre fin au mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) le 31 décembre 2026.

Il a toutefois demandé à Guterres de proposer des options d’ici le 1ᵉʳ juin afin de permettre aux Casques bleus de l’ONU de rester au Liban, notamment pour surveiller la Ligne bleue, qui s’étend sur 120 kilomètres et qui marque la frontière de facto entre le Liban et Israël – elle est aujourd’hui au cœur de la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Israël estime depuis longtemps que la force d’observation a échoué dans sa mission, n’ayant guère empêché le groupe terroriste chiite libanais de renforcer ses effectifs près de la frontière israélienne au cours des dernières décennies.

Dans un rapport consulté lundi par l’AFP et présenté au Conseil de sécurité, Guterres propose trois options, allant de près de 2 000 à plus de 5 500 membres du personnel de l’ONU, pour surveiller le cessez-le-feu et soutenir les forces armées libanaises (FAL).

L’ambassadeur du Liban auprès des Nations unies, Ahmad Arafa, s’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité, au siège de l’ONU, le 11 mars 2026. (Crédit : Seth Wenig/AP)

« Dans toutes les options proposées, une présence en uniforme des Nations unies, chargée de faciliter la désescalade, le dialogue, la liaison et la coordination, ainsi que le soutien aux forces armées libanaises, serait nécessaire… en vue de l’objectif global d’une solution à long terme au conflit », indique le rapport.

La FINUL compte actuellement quelque 7 500 soldats de maintien de la paix provenant d’une cinquantaine de pays. Ils sont déployés dans le sud du Liban, à proximité de la Ligne bleue.

Cette force sert de zone tampon entre le Liban et Israël depuis 1978, mais sa présence n’a pas empêché la résurgence répétée de conflits.

Selon plusieurs sources libanaises, Beyrouth, qui s’est engagée à désarmer le Hezbollah mais qui n’a pas encore tenu sa promesse, serait favorable au maintien d’une présence de l’ONU après le départ de la FINUL.

Un véhicule de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) circulant dans une rue de Tyr, ville côtière du sud du Liban, le 18 mars 2026. (Crédit : Kawnat Haju/AFP)

« Les développements récents n’ont fait que renforcer le besoin urgent du Liban de bénéficier d’une aide continue de l’ONU et de la communauté internationale, notamment pour faciliter le retrait israélien, d’une part, et pour permettre à l’État d’étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire, d’autre part », a déclaré l’ambassadeur du Liban auprès de l’ONU, Arafa, en remerciant Guterres pour son rapport.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité soutiennent également le remplacement de la FINUL, en particulier la Chine et la Russie.

« Alors que le mandat de la FINUL arrive à expiration, le Conseil de sécurité doit prendre une décision responsable pour garantir la présence continue de l’ONU au Liban et éviter tout vide sécuritaire », a déclaré Fu Cong, représentant de la Chine auprès de l’ONU.

Mais les États-Unis et leur proche allié, Israël, ont salué le vote de l’été dernier qui a mis fin au mandat de la FINUL.

L’administration Trump a remis en cause l’efficacité des missions de maintien de la paix de l’ONU et a retenu une partie de la contribution financière des États-Unis destinée à les soutenir, contraignant ainsi l’ONU à réduire ses effectifs à l’échelle mondiale.

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