Le Conseil de sécurité renouvelle la mission de la FINUL pour une dernière année
Israël salue la décision de mettre fin à la mission après 48 ans, affirmant qu'elle reflète les "développements positifs" récents alors que Beyrouth s'apprête à désarmer le Hezbollah
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Ce jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé à l’unanimité, et pour la dernière fois, la mission de maintien de la paix au Liban. Elle restera sur le sol libanais jusqu’à la fin de l’année 2026, date à laquelle elle entamera un retrait d’une durée d’un an, « ordonné et sûr ».
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), créée en 1978, patrouille le long de la frontière sud du Liban avec Israël.
Les quinze membres du Conseil ont adopté à l’unanimité une résolution rédigée par la France après qu’un compromis a été trouvé avec les États-Unis, membre du Conseil disposant d’un droit de veto.
Le Conseil de sécurité a décidé « de prolonger pour la dernière fois le mandat de la FINUL ».
La résolution « demande à la FINUL de mettre fin à ses opérations le 31 décembre 2026 et d’entamer, à partir de cette date, un retrait ordonné et sûr de son personnel, en étroite consultation avec le gouvernement libanais, dans le but de faire de ce dernier le seul garant de la sécurité dans le sud du Liban ».
Le mandat de la FINUL avait été élargi en 2006, à la suite d’une guerre d’un mois entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, afin de permettre aux Casques bleus d’aider les forces armées libanaises (LAF) à garantir l’absence d’armes et de terroristes dans certaines parties du sud, à l’exception des forces de l’État libanais.
Israël affirme depuis longtemps que la FINUL a échoué dans sa mission, n’ayant guère empêché le Hezbollah de se renforcer aux abords de la frontière israélienne au cours des dernières décennies.
Suite au conflit qui a opposé Israël au Hezbollah, l’année dernière – une guerre qui a dévasté le groupe terroriste – le nouveau gouvernement libanais a pris des mesures pour limiter le pouvoir du Hezbollah, pour désarmer le groupe terroriste et pour réaffirmer son contrôle. Les responsables de Beyrouth ont demandé à la FINUL de rester pour l’instant, affirmant que l’armée du pays, à court de moyens et débordée, n’était pas en mesure de patrouiller seule sur l’ensemble du territoire.
Israël s’était opposé à toute prolongation de la mission. Les États-Unis semblaient soutenir la position de Jérusalem, exigeant initialement que la FINUL mette fin à sa mission dans six mois, avant de demander une prolongation de douze mois. Jeudi, ils ont finalement voté en faveur d’un mandat final de seize mois.
Ce sera la dernière fois que les États-Unis soutiendront une prolongation de la mission de la FINUL, a déclaré l’ambassadrice américaine par intérim auprès des Nations unies, Dorothy Shea.
« La situation sécuritaire au Liban est radicalement différente de celle d’il y a un an, ce qui permet au Liban d’assumer une plus grande responsabilité », a-t-elle déclaré au Conseil.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a salué la décision de prolonger le mandat de la FINUL jusqu’en décembre 2026 et il a remercié « tous les pays amis au sein de ce Conseil qui ont exprimé leur compréhension des préoccupations du Liban ».
La résolution du Conseil de sécurité, parrainée par la France, donne à la FINUL un an, à compter du 31 décembre 2026, pour retirer ses 10 800 militaires et civils, ainsi que tout le matériel de l’ONU. Pendant cette période, la mission sera autorisée à mener quelques activités limitées.
Il s’agira notamment d’assurer la sécurité et l’assistance du personnel de l’ONU, de « maintenir une connaissance de la situation à proximité des sites de la FINUL » et de contribuer à la protection des civils ainsi qu’à la livraison en toute sécurité de l’aide humanitaire « dans les limites de ses capacités ».
La résolution exhorte la communauté internationale à « intensifier son soutien, notamment en matière d’équipement, de matériel et de financement » aux forces armées libanaises.
Jay Dharmadhikari, représentant permanent adjoint de la Mission française auprès de l’ONU, s’est félicité de ce vote unanime, affirmant que la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah en novembre avait mis le Liban sur la voie de la reconquête de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et de la stabilité régionale.
Il a déclaré que les opérations en cours de la FINUL restaient essentielles et que son mandat, qui court jusqu’à la fin de l’année 2026, donnerait à la force « un temps précieux […] pour travailler aux côtés des capacités croissantes de l’armée libanaise, afin que la souveraineté puisse être étendue à l’ensemble du territoire libanais ».
Dharmadhikari a toutefois averti qu’un retrait prématuré pourrait compromettre, voire affaiblir, cet effort.
Les États-Unis ont salué les progrès réalisés dans le déploiement des forces libanaises, a déclaré Shea, et ils continueront à travailler avec elles « au renforcement de leurs capacités alors que le Liban mène à bien sa tâche cruciale de désarmement du Hezbollah ».
Shea a exhorté la communauté internationale à profiter de l’année à venir pour renforcer les forces armées libanaises et « mettre le Liban sur la voie de la réussite ».
Israël a salué la décision de mettre fin au mandat de la FINUL.
Dans un communiqué publié par son bureau, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré que son pays « apprécie la position des États-Unis, et en particulier celle du secrétaire d’État Marco Rubio, qui a rendu ce résultat possible ».
« L’implication des États-Unis dans la création d’un environnement plus sûr pour les États de la région est la bienvenue. »
« Les récents développements de la situation au Liban sont positifs. Israël continuera à veiller à ce que ces acquis ne soient pas compromis et à ce que la sécurité des habitants du nord soit préservée », a-t-il ajouté.
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu’il avait « coordonné les préparatifs interinstitutionnels avec l’armée israélienne et le Conseil national de sécurité » et qu’il avait mené des pourparlers avec « des partenaires internationaux clés » dans le cadre d’efforts qui, selon lui, ont conduit à la décision de mettre fin au mandat de la FINUL.
Dans un message vidéo, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a salué cette « bonne nouvelle », affirmant que la FINUL avait « échoué dans sa mission et permis au Hezbollah de devenir la menace la plus grave de la région ».
« Le gouvernement libanais doit désormais prendre ses responsabilités et veiller à ce qu’aucune autre force ne soit présente à sa frontière avec Israël », a-t-il ajouté.
la Communauté du Times of Israël !







