L’armée libanaise se déploie dans une « zone pilote » du sud après le retrait israélien

Le déploiement à Zawtar al-Gharbiyeh constitue un test pour le plan de retrait de Tsahal négocié par Washington ; les FAL exhortent les habitants déplacés à ne pas regagner leurs foyers pour l'instant

Des soldats libanais se tenant à côté d'un véhicule blindé de transport de troupes près de bâtiments endommagés lors de la guerre entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dans le village de Ghandouriyeh, au sud du Liban, le 21 juillet 2026. (Crédit : Hassan Ammar/AP)

Les soldats libanais ont commencé mardi matin leur déploiement dans la ville de Zawtar al-Gharbiyeh, dans le sud du Liban, à la suite du retrait des soldats israéliens de la zone, ont indiqué les Forces armées libanaises (FAL) dans un communiqué. Cette opération s’est inscrite dans le cadre d’un plan négocié sous l’égide des États-Unis, qui prévoit la création de « zones pilotes » dans le sud du pays.

Le communiqué des FAL a fait référence au retrait initial des unités de l’armée israélienne prévu dans le cadre du plan – qui stipule que les troupes libanaises devront confisquer les armes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, aligné sur le régime iranien, dans certaines zones du sud du Liban, établissant également le principe du retrait progressif des soldats israéliens, qui devront quitter définitivement le Liban à terme.

Tsahal avait déclaré la veille que ce plan, baptisé « programme de zone pilote », avait débuté, mais n’avait pas encore confirmé mardi avoir retiré ses troupes de quelque zone que ce soit du sud du Liban.

Ce transfert de territoire constitue le premier test de ce programme pilote, dont le Liban espère qu’il lui permettra de reprendre le contrôle d’une bande de terre s’enfonçant d’environ dix kilomètres à l’intérieur du pays – une bande de terre qui reste occupée par les troupes israéliennes au sein d’une « zone de sécurité » déclarée unilatéralement.

Des dizaines de villages ont été rasés dans cette région, et des infrastructures publiques ont été détruites, notamment des hôpitaux, des centrales électriques et des pompes à eau, au cours des combats contre le Hezbollah. Des dizaines de milliers de Libanais qui y ont leur foyer n’ont pas pu y retourner.

L’armée libanaise a déclaré que ses unités avaient commencé à se déployer à Zawtar al-Gharbiyeh, dans la région de Nabatieh.

Des soldats libanais inspectant des véhicules à un poste de contrôle situé à l’entrée du village de Srifa, dans le sud du Liban, le 21 juillet 2026. (Crédit : Hassan Ammar/AP)

Les FAL « renouvellent leur appel aux citoyens à ne pas se rendre dans cette ville tant que la situation sécuritaire ne sera pas stabilisée, et à se conformer aux instructions des unités militaires déployées afin d’assurer leur sécurité ».

« Ce projet pilote vise à tester la souveraineté des Forces armées libanaises dans les trois villages concernés, en tant que seule autorité officielle habilitée à porter les armes dans cette zone », avait déclaré lundi un responsable militaire israélien après l’annonce par les États-Unis du déploiement des FAL dans certaines zones.

Outre Zawtar al-Gharbiyeh, les localités de Froun et de Srifa font également partie du projet pilote. Ces zones visent à tester cette approche dans quelques villages situés de part et d’autre du fleuve Litani, avant de l’étendre à d’autres régions.

Le président libanais Joseph Aoun devait rencontrer mardi en fin de journée son homologue américain Donald Trump à Washington afin de lui présenter un plan visant à désarmer le Hezbollah et à garantir la sécurité d’Israël au Liban.

Selon un responsable libanais, Aoun estime que seul Trump dispose de l’influence nécessaire pour faire pression sur Israël en faveur du retrait des soldats et il compte aussi sur le président américain pour aider le Liban à rétablir sa souveraineté. Ce responsable a précisé qu’en plus de demander au président américain de faire pression sur Israël pour qu’il se retire, Aoun remettrait également à Trump une proposition écrite sur la manière de démanteler l’arsenal colossal du groupe terroriste chiite libanais.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre lorsqu’il a attaqué Israël début mars, en soutien à son protecteur Téhéran, deux jours après que les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran. Les attaques incessantes du groupe terroriste chiite libanais à la roquette et au drone ont bouleversé la vie de dizaines de milliers d’Israéliens dans le nord du pays, faisant des morts, des blessés et de nombreux dégâts.

L’accord-cadre, signé le 26 juin par le Liban, Israël et les États-Unis après plusieurs cycles de négociations directes, prévoit un retrait progressif d’Israël de ses positions dans le sud du Liban.

En échange, les FAL doivent assumer le contrôle exclusif de la sécurité des zones libérées et certifier qu’elles ont été débarrassées des armes et des infrastructures du Hezbollah.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio (à droite) et le président libanais Joseph Aoun, au département d’État à Washington, le 19 juillet 2026. (Crédit : Marco Rubio/X)

Si les responsables israéliens expriment leur scepticisme quant à la capacité du Liban à désarmer le Hezbollah, Israël considère néanmoins cet accord comme une étape cruciale vers l’instauration d’une paix durable avec le Liban.

Le Hezbollah a longtemps exercé son emprise sur le sud du Liban, avant que la région ne soit reprise par Tsahal, malgré une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de 2006 qui exigeait son désarmement. Le groupe terroriste chiite libanais a rejeté cet accord-cadre, insistant pour que tout arrangement au Liban soit lié à des négociations plus larges entre Washington et Téhéran. Il n’a pas précisé s’il s’opposerait à la mise en place de zones pilotes dans les zones désignées.

En cas de violation du cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne a déclaré qu’elle collaborerait avec une cellule de coordination dirigée par les États-Unis pour y remédier.

Les responsables israéliens ont promis que leurs soldats resteraient dans la « zone de sécurité » de dix kilomètres de profondeur le long de la frontière tant que le Hezbollah resterait armé.

Grenades saisies par les autorités syriennes dans une voiture se dirigeant vers le Liban, sur une photo publiée le 21 juillet 2026. (Crédit : Autorité générale syrienne des frontières et des douanes)

L’Autorité générale syrienne des frontières et des douanes a déclaré avoir saisi 226 grenades dissimulées à l’intérieur d’une voiture qui se dirigeait vers le Liban à un poste-frontière près de Damas.

La semaine dernière, la Syrie avait annoncé avoir intercepté un important chargement d’armes sophistiquées et de missiles en provenance d’Irak et destinés au Hezbollah au Liban.

Israël continue de frapper sporadiquement dans le sud du Liban. Le Hezbollah et Israël s’étaient déjà affrontés lors d’un précédent conflit en 2023-2024, après que le Hezbollah avait commencé à tirer sur Israël dès le lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

« L’utilisation du patrimoine culturel à des fins militaires »

Israël a appelé le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO « à rejeter l’utilisation cynique du patrimoine culturel à des fins militaires », citant l’exemple du château de Beaufort, dans le sud du Liban, utilisé par le Hezbollah comme base opérationnelle.

La 48ᵉ session du comité s’ouvre mardi à Busan, en Corée du Sud.

« Depuis des années, le Hezbollah utilise systématiquement, à des fins militaires et profanes, cette forteresse historique des Croisés en la transformant en bastion militaire », a déclaré Israël à propos de ce château, actuellement tenu par les troupes de Tsahal, après avoir été capturé lors des récents combats.

« Le Hezbollah a construit un vaste réseau de tunnels terroristes directement sous ce site antique et a tiré environ 400 roquettes sur des civils israéliens depuis ce complexe », a poursuivi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant que l’État libanais « porte l’entière responsabilité d’avoir permis à une organisation terroriste d’exploiter son territoire souverain et ses sites du patrimoine culturel ».

À l’intérieur d’un tunnel du Hezbollah près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Selon Tsahal, le Hezbollah a tiré des centaines de roquettes depuis la crête de Beaufort vers le nord d’Israël au cours de la dernière vague de combats, principalement sur la localité frontalière de Metula.

« Le silence de l’UNESCO face à la profanation systématique de Beaufort par le Hezbollah, alors qu’elle condamne les opérations de défense d’Israël, constitue une abdication morale », a déclaré l’État hébreu.

Le ministère des Affaires étrangères a également vivement critiqué la délégation palestinienne auprès de l’UNESCO pour avoir tenté de faire inscrire le site de Sébaste, en Cisjordanie, au patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Sébaste est la capitale historique et biblique de l’ancien royaume d’Israël », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

« La tentative de présenter ce site comme étant en situation d’urgence n’est absolument pas étayée par une évaluation professionnelle et ne sert que d’outil politique visant à effacer l’histoire juive et chrétienne profonde et bien documentée de ce site. »

« La véritable menace qui pèse sur Sébaste réside dans le bilan de négligence et de complicité de l’Autorité palestinienne elle-même, qui a laissé les ruines antiques subir des actes de vandalisme, des vols et des profanations endémiques », a-t-il ajouté.

« L’UNESCO ne peut rester silencieuse alors que des terroristes s’emparent systématiquement de sites du patrimoine », poursuit le communiqué.

« Elle ne peut pas non plus permettre que sa plateforme soit utilisée pour effacer une histoire bien documentée. »

Des explosifs entreposés dans un tunnel du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Israël accuse l’organisation de faire preuve de partialité à l’égard de l’État juif et de minimiser son lien avec la Terre sainte. Israël s’est également opposé à l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO en tant qu’État membre.

En 2019, au cours du premier mandat de Donald Trump, les États-Unis et Israël avaient tous deux quitté l’UNESCO. Les États-Unis, qui avaient par la suite réintégré l’organisation sous la présidence de Joe Biden, devraient à nouveau se retirer à la fin de l’année.

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