Washington : L’armée libanaise se déploie dans des « zones pilotes », dont une d’où Tsahal se retirera
Les États-Unis ont cité 3 zones où les FAL se déploieront ; les soldats israéliens devraient procéder à un premier retrait de l'une de ces zones mardi, mais le calendrier du retrait complet reste flou
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Lundi, l’armée libanaise a entamé les préparatifs en vue de prendre en charge les opérations de sécurité dans trois villages du sud du pays. L’accord visant à garantir à terme le retrait israélien du sud du Liban et le désarmement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a ainsi été soumis à son premier test sur le terrain.
Le département d’État américain a annoncé le lancement « d’opérations dans des zones pilotes », au cours desquelles les Forces armées libanaises (FAL) sont appelées à se déployer en remplacement des troupes israéliennes en cours de retrait. Il convient de noter que deux des trois villages mentionnés ne comptent aucune présence de l’armée israélienne.
Un haut responsable israélien, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré au site Axios que Tsahal procéderait à son premier retrait mardi. L’armée israélienne doit se retirer et redéployer ses troupes dans l’une des deux zones pilotes, à Zawtar al-Gharbiya, afin de permettre aux FAL d’y entrer.
« Aujourd’hui, les opérations dans les zones pilotes ont débuté dans les villages de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya, conformément à l’accord-cadre trilatéral et sous l’égide du groupe de coordination militaire pour le Liban », a déclaré le département d’État américain dans un communiqué.
Froun et Srifa se trouvent dans la première des deux zones pilotes prévues pour le déploiement des FAL, dans le cadre de l’accord-cadre conclu le mois dernier entre Israël et le Liban. Cette zone pilote se trouve en dehors de la zone tampon de Tsahal, au sud du Liban, ce qui signifie qu’aucune troupe israélienne n’aura à se retirer.
La deuxième zone pilote s’étend de part et d’autre de la zone tampon de Tsahal. Zawtar al-Gharbiya se trouve à l’intérieur de la zone tampon israélienne. Les troupes israéliennes actuellement stationnées dans cette zone devront se retirer conformément à l’accord.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré mener des « activités de coordination et de planification » avec l’armée américaine et les FAL dans le cadre de ce programme pilote.
« Conformément aux directives de la hiérarchie politique, le programme pilote ‘Zone de sécurité’ a débuté aujourd’hui [lundi] au sud du Liban, en coopération avec l’armée américaine [CENTCOM] et les Forces armées libanaises », a indiqué Tsahal.
Elle a ajouté que, dans le cadre de ce programme pilote, « des équipes de Tsahal, de l’armée américaine et des Forces armées libanaises mènent des activités de coordination et de planification en vue de poursuivre la mise en œuvre de l’accord ».
Dans son communiqué, l’armée libanaise a indiqué que « la coordination est en cours » avec le groupe de coordination militaire trilatéral pour le Liban, dirigé par les États-Unis, en vue du déploiement de ses forces à Zawtar al-Gharbiya, « à la suite du retrait des forces d’occupation israéliennes de cette localité ».
Elle a également averti les civils libanais de ne pas se rendre dans cette ville « et de se conformer aux instructions des unités militaires déployées afin d’assurer leur sécurité ».
L’armée libanaise a également indiqué qu’elle continuait à mener des missions de patrouille à Froun et à Srifa.
Le département d’État n’a pas précisé ce qu’il entendait par « début des opérations dans la zone pilote », mais il faisait vraisemblablement référence au déploiement des forces de l’armée libanaise dans ces trois villages.
« Cette étape importante est le résultat direct des discussions qui ont eu lieu la semaine dernière à Rome entre Israël et le Liban. Les États-Unis continueront à travailler en étroite collaboration avec les deux parties pour mettre en œuvre cet accord-cadre », indique le communiqué.
Cet accord-cadre, signé le 26 juin par le Liban, Israël et les États-Unis après plusieurs cycles de négociations directes, prévoit un retrait progressif d’Israël de ses positions dans le sud du Liban.
En échange, les FAL doivent assumer le contrôle exclusif de la sécurité des zones libérées et certifier qu’elles ont été débarrassées des armes et des infrastructures du Hezbollah.
Ces zones pilotes visent à tester cette approche dans une poignée de villages situés de part et d’autre du Litani, avant que le dispositif ne soit étendu à d’autres zones.
Tsahal considère ce programme pilote comme un test de souveraineté pour l’armée libanaise.
Le Hezbollah a longtemps exercé son emprise sur le sud du Liban, avant que la région ne soit reprise par Tsahal. Le groupe terroriste chiite libanais a rejeté cet accord-cadre, insistant pour que tout arrangement au Liban soit lié à des négociations plus larges entre Washington et Téhéran. Il n’a pas précisé s’il s’opposerait à la mise en place de zones pilotes dans les zones désignées.
En cas de violation du cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne a déclaré qu’elle collaborerait avec une cellule de coordination dirigée par les États-Unis pour y remédier.
Selon un responsable militaire, l’accord ne fixe pas de calendrier pour le retrait d’Israël et le processus de retrait n’a pas encore été défini.
Si Israël a accepté de retirer ses troupes de la deuxième zone pilote dans le cadre de l’accord-cadre, il ne l’a pas encore fait ; les responsables militaires ont précédemment déclaré n’avoir reçu aucune directive des dirigeants élus pour se retirer de la zone.
Les tergiversations israéliennes concernant le retrait ont entaché les négociations avec le Liban, qui a brièvement menacé de boycotter les pourparlers de la semaine dernière à Rome, avant que les États-Unis ne parviennent à apaiser Beyrouth en lui assurant que des progrès seraient réalisés sur cette question.
Les responsables israéliens ont promis que leurs troupes resteraient dans une « zone de sécurité » de dix kilomètres de profondeur le long de la frontière tant que le groupe terroriste chiite libanais resterait armé.
Les pourparlers de Rome ont précédé la rencontre prévue mardi à Washington entre le président libanais Joseph Aoun et son homologue américain, Donald Trump.
Le Liban et Israël, qui n’entretiennent aucune relation officielle, ont entamé des négociations après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran, en attaquant Israël le 2 mars.
L’accord-cadre a été conclu dans le contexte d’un cessez-le-feu fragile dans la guerre opposant Israël au groupe terroriste chiite libanais.
Israël continue de frapper sporadiquement dans le sud du Liban. Le Hezbollah et Israël s’étaient déjà affrontés lors d’un précédent conflit en 2023-2024, après que le Hezbollah avait commencé à tirer sur Israël dès le lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
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