Le chef du Hezbollah admet avoir sous-estimé les capacités de Tsahal avant « les bipeurs »

Selon Naïm Qassem, le groupe terroriste 'ne savait pas que la chaîne d'approvisionnement avait été découverte', suggérant que les soupçons croissants ont poussé Israël à les faire exploser

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, s'exprimant dans une interview accordée à la chaîne d'information al-Mayadeen et diffusée le 8 juillet 2025. (Crédit : Capture d'écran/X)

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a reconnu que le groupe terroriste chiite libanais avait considérablement sous-estimé l’étendue des capacités de surveillance d’Israël avant l’opération des bipeurs de septembre dernier, au cours de laquelle des milliers de bipeurs utilisés par le Hezbollah ont explosé à travers le Liban, blessant des milliers de terroristes et en tuant des dizaines.

Dans une interview publiée mardi par la chaîne pro-Hezbollah Al-Mayadeen, Qassem a déclaré qu’une enquête menée à la suite de l’opération des bipeurs avait révélé de graves lacunes dans le processus d’approvisionnement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui remontaient à plus d’un an.

« Nous ne savions pas que la chaîne d’approvisionnement avait été compromise », a-t-il déclaré.

Il a déclaré que, bien que les contrôles de sécurité du Hezbollah n’aient pas permis de détecter les explosifs qui avaient été placés dans chaque bipeur, les terroristes ont commencé à soupçonner une anomalie dans les jours précédant les attaques.

« Des efforts ont été faits pour examiner le bipeur différemment, notamment en tentant de l’ouvrir, en raison d’anomalies qui soulevaient des questions », a-t-il expliqué, suggérant que ces efforts auraient pu inciter Israël à faire exploser les appareils électroniques plus tôt que prévu.

Qassem, qui a pris la tête du groupe terroriste soutenu par la République islamique après l’élimination de son prédécesseur Hassan Nasrallah, a également admis que le Hezbollah n’avait aucune idée de l’étendue et de l’avancée des capacités de surveillance d’Israël.

Les restes de bipeurs explosés utilisés par le Hezbollah et dont l’attaque a été imputée à Israël dans un lieu non divulgué, sur une photo prise dans la banlieue sud de Beyrouth le 18 septembre 2024. (Crédit : AFP)

Il a déclaré que le groupe terroriste était conscient qu’il y avait eu des écoutes téléphoniques, mais qu’il ne se rendait pas compte de leur ampleur, qui était « quasi totale et très étendue ».

Le chef du Hezbollah a estimé qu’Israël collectait des données par surveillance aérienne depuis la fin de la Deuxième Guerre du Liban, soit depuis dix-sept ans, et que le groupe terroriste « ne pouvait pas saisir l’ampleur » de cette surveillance.

Il a toutefois nié l’existence de cas graves d’infiltration d’espions israéliens dans les hautes sphères du Hezbollah, affirmant qu’aucune preuve d’une « vaste infiltration humaine » n’avait été découverte à ce jour.

L’attaque des bipeurs a marqué le coup d’envoi d’une campagne militaire israélienne contre le groupe terroriste chiite libanais, après près d’un an d’attaques transfrontalières.

Des personnes rassemblées devant l’hôpital de l’Université américaine après l’arrivée de plusieurs blessés par l’explosion de bipeurs, lors d’une attaque dirigée vers les terroristes du Hezbollah imputée à Israël, à Beyrouth, au Liban, le 17 septembre 2024. (Crédit : Bassam Masri/AP)

Le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes, des missiles et des drones sur Israël, attirant ainsi des frappes de représailles, le lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, et qui a déclenché la guerre dans cette région. La guerre totale avec le Hezbollah a éclaté en septembre, lorsque l’État hébreu a mené une série de frappes aériennes intenses et a éliminé Nasrallah, ainsi que la plupart de ses principaux commandants. Les combats ont pris fin en novembre grâce à un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis.

Dans l’interview accordée à Al-Mayadeen, Qassem a expliqué pourquoi le Hezbollah avait décidé de lancer des attaques quasi quotidiennes contre Israël plutôt que de déclencher une guerre totale.

« L’issue d’une guerre totale est prévisible. Elle nécessite une préparation qui n’était tout simplement pas à notre portée », a-t-il ajouté.

« Nous avons dû nous lancer dans la bataille avec un soutien limité et observer attentivement l’évolution de la situation. En fonction de la tournure des événements, nous avons pu faire un choix plus clair. »

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Selon Qassem, le Hamas n’a pas coordonné ses actions avec le Hezbollah avant le 7 octobre, et les deux groupes terroristes ont ensuite discuté de la possibilité pour ce dernier d’intensifier ses attaques contre Israël.

« Faire plus que soutenir n’aurait pas changé le résultat », a-t-il insisté.

« Nous avons constaté que l’agression israélienne était extrême, soutenue par de nouvelles règles d’engagement et par les États-Unis. »

Évoquant les récentes frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban, Qassem a menacé que « la résistance n’attendra pas éternellement. Il y a des limites ». Israël affirme qu’il se réserve le droit, en vertu de l’accord de cessez-le-feu, d’agir contre les menaces imminentes du Hezbollah et accuse ce dernier de violations du cessez-le-feu, ce que le groupe terroriste nie.

Les secours libanais inspectant les débris sur le site d’une frappe aérienne qui a touché un véhicule à Khalde, au sud de la capitale Beyrouth, le 3 juillet 2025. (Crédit : Ibrahim Amro/AFP)

« Il n’y a pas de troisième option entre la victoire et le martyre. Nous n’envisageons pas la capitulation », a déclaré Qassem.

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