Le terroriste juif qui a tué une famille palestinienne autorisé à recevoir des visites conjugales

Amiram Ben Uliel, auteur de l'incendie de Duma en 2015 qui a coûté la vie à Ali Dawabsha, 18 mois, et à ses parents, qui est incarcéré depuis 10 ans, a été condamné à la perpétuité

Amiram Ben-Uliel, condamné pour l'incendie criminel de Duma en juillet 2015, au cours duquel trois membres de la famille Dawabsha ont été tués, assistant à une audience sur son appel, à la Cour suprême de Jérusalem, le 7 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le terroriste juif, qui avait incendié une maison dans le village palestinien de Duma, en Cisjordanie, en 2015, tuant un bébé de 18 mois et ses parents, pourra recevoir la visite de son épouse pour la première fois depuis son incarcération, il y a dix ans, ont rapporté les médias israéliens mardi.

Amiram Ben Uliel, aujourd’hui âgé de 31 ans, avait été arrêté en décembre 2015 pour l’attaque perpétrée en juillet de la même année, qui avait coûté la vie à Ali Dawabsha, âgé de 18 mois, ainsi qu’à ses parents Saad et Riham, et blessé Ahmed, alors âgé de 5 ans.

Il avait été condamné en 2020 à trois peines de prison à perpétuité.

Cette attaque avait suscité un tollé général en Israël et dans le monde entier, attirant l’attention sur la montée de l’extrémisme juif en Cisjordanie. Un complice, qui était mineur au moment de l’incendie, avait également été condamné à trois ans et demi de prison.

Les précédentes demandes de visites conjugales, dont deux déposées par l’avocat de Ben Uliel l’an dernier, avaient été rejetées au motif qu’il représentait toujours un danger et qu’il était devenu un symbole pour l’extrême droite.

Cependant, selon la presse israélienne, les responsables de la sécurité auraient récemment rencontré Ben Uliel et estimé que le danger qu’il représentait avait diminué après dix ans de prison.

Oriane Ben Uliel, épouse d’Amiram Ben Uliel, arrivant pour entendre le verdict dans l’affaire de l’attaque terroriste perpétrée dans le village de Duma, en Cisjordanie, où trois membres de la famille Dawabsha ont été tués, le 14 septembre 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/POOL)

Selon la chaîne N12, Me Naomi Levinov, avocate au parquet du district central, aurait envoyé une lettre au tribunal indiquant que Ben Uliel représentait un risque moindre.

L’État a alors annulé l’audience prévue mercredi sur cette question et a renoncé à s’opposer aux visites entre Ben Uliel et sa femme, Oriane, qu’il avait épousée et avec qui il avait eu un enfant avant d’être incarcéré.

« Après avoir pesé tous les éléments pertinents, il a été décidé de ne pas s’opposer à la demande », a déclaré Me Guy Erenberg, l’avocat de Ben Uliel, à Ynet.

« L’administration pénitentiaire organisera le temps nécessaire pour qu’il puisse être avec son épouse. »

Ben Uliel a bénéficié d’un soutien continu depuis sa condamnation. L’avocat qui l’avait défendu en 2016, Itamar Ben Gvir, est aujourd’hui ministre de la Sécurité nationale et donc en charge de l’administration pénitentiaire.

En 2022, la Cour suprême avait rejeté l’appel du terroriste, estimant qu’il ne faisait « aucun doute » que Ben Uliel avait commis cette attaque « choquante et profondément troublante » contre le domicile de la famille palestinienne.

En septembre 2023, une campagne de collecte de fonds pour obtenir sa libération avait récolté plus de 1,2 million de shekels.

Elle avait recueilli le soutien de 6 000 donateurs, parmi lesquels figuraient, selon certaines sources, des rabbins de droite et le chanteur Ariel Zilber.

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali, tous les trois morts lorsque leur maison dans le village de Douma, en Cisjordanie, a été incendiée par des extrémistes juifs présumés, le 31 juillet 2015. (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne)

Le même mois, la députée Limor Son Har-Melech, du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir, avait qualifié Ben Uliel de « saint homme vertueux » et déclaré que son emprisonnement était un « crime », affirmant qu’il était innocent.

En octobre 2025, elle a écrit une lettre au président Isaac Herzog pour demander la grâce des prisonniers juifs détenus dans les prisons israéliennes, en échange de la libération de prisonniers palestiniens dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza.

La lettre a été signée par 55 élus, dont Ben Gvir, la ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strouk (HaTzionout HaDatit), la ministre des Transports, Miri Regev (Likud), le ministre de la Culture, Miki Zohar (Likud), et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit).

Sam Sokol a contribué à cet article.

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